En Bretagne on ne balance pas son porc, on les additionne !

En Bretagne on ne balance pas son porc, on les additionne !

Regroupement coopératif porcin nécessaire.

La Bretagne est un des plus importants producteurs de porcs en Europe. En se situant entre les Pays- Bas et l’Italie par exemple. Et bien devant la Grande Bretagne.
Pour peser plus et mieux sur la scène internationale très concurrentielle, la Bretagne a un problème. Il s’agit du morcellement de ses organisations professionnelles. Ainsi que la division de ses unités de production et de commercialisation. Pour faire face aux autres géants européens du porc, il faut devenir géant soi-même.

Les coopératives bretonnes évoluent.

La plus importante des coopératives porcines bretonnes est la COOPERL. Pour COOPérative des Éleveurs de la Région de Lamballe, en Côtes d’Armor. Des chiffres impressionnants : près de 7000 Salariés, plus de 2700 Adhérents, plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaire. Également une capacité d’abattage de cent mille porcs par semaine sur trois abattoirs. Une production de 5,8 millions de porcs annuels. COOPERL c’est aussi 160000 tonnes de salaisons produites par an, 1,4 millions de tonnes d’aliments, etc …

Union de Prestor et Aveltis.

Parmi les autres coopératives porcines bretonnes, deux d’entre elles ont décidé d’additionner leurs porcs. Il s’agit de Prestor et d’Aveltis. En regroupant leurs capacités respectives, la nouvelle structure affiche maintenant une production de 4,3 millions porcs annuels. Ainsi que 1100 Éleveurs en Bretagne. Cette nouvelle coopérative s’appelle Evel’Up et c’est Guillaume ROUE qui en prend la direction.
En anglais « level up » signifie « niveau supérieur ». Est-ce cette expression qui a prévalu dans le choix de ce nom ?
Le fait est que ce regroupement coopératif du porc en Bretagne va rabattre sérieusement les cartes dans le secteur.

Mais de quel porc parle t-on ?

La Bretagne a développé depuis l’après-guerre un modèle d’élevage industriel. Puis face à la concurrence farouche d’autres pays européens, et poussée par un système vicié, elle n’a eu de cesse de toujours produire plus. Produire plus et moins cher, sans cesse. Au détriment de la qualité trop souvent.
Doit-on produire des viandes de porc « idéales » ou doit-on produire celles que le marché réclame ? Et le marché, c’est vous, c’est nous, en Bretagne, en Europe mais aussi bien au-delà. Dans d’autres pays qui n’ont ni nos moyens ni notre conscience.
Mais les temps changent, et ils changent vite.
D’aucuns posent une question encore plus simple : doit-on seulement produire des porcs pour les manger ?

Ce secteur du porc industriel intensif est condamné.

D’abord condamné à se concentrer encore, et encore. De ce point de vue, le secteur est en retard en Bretagne, par rapport aux autres pays européens concurrents. Les Pays-Bas et le Danemark par exemple ont déjà des unités de production en moyenne bien plus importantes. Le gigantisme gagne chaque jour un peu plus et celui qui décrochera trop longtemps sera perdu.
Et n’est-il pas condamné tout simplement à disparaître, à plus ou moins long terme ?

Changer progressivement de système.

Les Consommateurs sont de plus en plus nombreux à se détourner des produits alimentaires issus de ce type de production industrielle intensive. Également d’un de ses corallaires, le système de distribution correspondant. Bien entendu, ces acteurs essentiels et aujourd’hui encore indispensables à l’économie bretonne, sentent tourner le vent et commencent à s’adapter. Ce système de production représente des dizaines de milliers d’emplois en Bretagne. Certes, on pourra toujours se plaindre des conditions de travail et de rémunération des Salariés. On pourra aussi, et trop souvent à juste titre là aussi, déplorer les mauvaises conditions d’élevage des animaux. Ainsi que celles de leur transport et de leur abattage.

Nous, Citoyens et Consommateurs, sommes les vrais responsables.

Il est utopique et parfaitement impossible de changer de système d’un jour à l’autre.
Les coopératives porcines bretonnes ne produisent, globalement, que ce que les Consommateurs achètent en rayon. Que les Consommateurs, moi, vous, arrêtons d’acheter ces produits, et les Producteurs changeront leurs modèles de production. Ces derniers le savent parfaitement et avec un décalage logique dans le temps, suivent plus ou moins rapidement la demande. Notre demande, notre exigence. Plus les Consommateurs iront vite dans cette demande, et plus les Producteurs accéléront aussi.
Mais tout le monde est dans le même bateau, et l’ensemble a besoin de cohésion pour rester à flot. Pour la bonne santé de l’économie de la Bretagne, pour l’emploi et pour l’avenir, nous devons à la fois soutenir ces filières mais en exiger de vrais changements de gouvernance. Les Consommateurs doivent être d’abord une force de proposition pour un meilleur avenir : santé, bien-être animal, image de la Bretagne … Mais si cela ne suffit pas ou tarde de trop, ils peuvent, et ils doivent, devenir une force de pression.

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