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Brittophobie, brittophilie
Selon les définitions les plus courantes, la francophilie désigne, chez une personne étrangère à la nation française, son goût prononcé pour les aspects culturels et civilisationnels développés par ce pays, ainsi que leur rayonnement. Les personnes concernées sont qualifiées de francophiles. Son terme opposé est la francophobie.
Or, vous ne trouverez nulle part un seul mot à propos de la brittophobie.
Sur cette base pourtant, rien n’empêche de définir, Nous-Mêmes, et de manière symétrique, les termes «brittophilie» et «brittophobie».
La brittophilie désigne, chez une personne étrangère à la nation bretonne, son goût prononcé pour les aspects culturels et civilisationnels développés par ce pays, ainsi que leur rayonnement. Les personnes concernées sont qualifiées de brittophiles.
Son terme opposé est la brittophobie.
Bretonnes et Bretons : qui peut être brittophobe ?
Mais qu’en est-il des Bretonnes et des Bretons, qui ne sont évidemment pas étrangers à la nation bretonne ?
Faut-il réserver la notion de brittophobie aux seuls non-Bretons ? L’époque aime classifier les individus selon des critères multiples. Pourtant, quiconque n’entre pas dans ces catégories prédéfinies devient rapidement suspect.
On est francophile ou francophobe. On est homophobe ou non. Pourquoi ne parlerait-on pas aussi de germanophilie ou de germanophobie ?
Il est d’ailleurs frappant de constater que les mots en « phobie » sont beaucoup plus courants que ceux en « philie ». On emploie plus volontiers islamophobe ou xénophobe qu’islamophile ou xénophile.
En passant, connaissez-vous la thanatophobie, la peur de la mort ? Il existe sans doute très peu de thanatophiles.
La brittophobie : une forme de xénophobie
La brittophobie, comme les phobies citées plus haut, relève d’une forme de xénophobie.
La xénophobie se définit comme une hostilité à l’égard d’une ou de plusieurs personnes, motivée par leur nationalité, leur culture, leur genre, leur religion, leur idéologie ou leur origine géographique.
Dans cette logique, la brittophobie désigne l’hostilité envers des personnes ou un groupe en raison de leur identité bretonne.
Une discrimination au sens juridique
La brittophobie constitue également une forme de discrimination.
Une discrimination consiste à traiter différemment des situations identiques ou, inversement, à traiter de façon identique des situations objectivement différentes. Cette définition vaut pour les réalités géographiques, culturelles, sociales ou sociologiques.
À ce stade, il convient donc d’inscrire la brittophobie comme une discrimination, au même titre que la francophobie, l’islamophobie, l’homophobie ou les propos antisémites.
À propos de brittophobie, on pourrait même ironiser : une personne qui n’aime pas le Gwenn ha Du et ses couleurs serait à la fois « leucophobe » et « kénonauphobe », respectivement peurs du blanc et du noir.
Injure, diffamation et droit pénal
Dans l’Hexagone, comme dans la plupart des États modernes, l’injure à caractère racial se définit comme toute expression outrageante ou terme de mépris adressé à une personne ou à un groupe en raison de son origine ou de son appartenance à une nation, une ethnie, une race ou une religion.
Un exemple simple suffit : « sale Breton ».
Le Code pénal prévoit également des sanctions pour les faits de diffamation, de provocation à la haine, de violence ou de discrimination. Ces actes sont répréhensibles et peuvent donner lieu à des amendes ou à des peines d’emprisonnement.
Dans ce cadre, il n’existe aucune raison qu’un acte ou une parole visant un Breton en raison de son identité soit considéré comme moins grave qu’un propos injurieux visant toute autre minorité.
La brittophobie est-elle un délit ?
La réponse dépend du contexte.
Un débat politique sur la réunification ne constitue évidemment pas un délit. En revanche, une insulte fondée sur l’origine bretonne entre dans le champ des infractions prévues par la loi.
Il n’y a donc aucune raison qu’un acte ou une parole brittophobe ne soit pas jugé avec la même exigence juridique que d’autres formes d’injures discriminatoires.
Avertissement nécessaire
Il ne s’agit évidemment pas de comparer les gravités.
L’Histoire a démontré que certaines discriminations ont conduit à des violences massives et inhumaines. Aujourd’hui encore, les discriminations subies par d’autres minorités demeurent bien plus graves que celles visant les Bretons.
Notre propos ne consiste donc pas à hiérarchiser les souffrances. Nous affirmons simplement que la brittophobie existe parmi les formes de discrimination, même si elle figure parmi les moins virulentes.
Brittophilie : une autre attitude
À l’inverse, on peut être brittophile.
À NHU Bretagne, nous assumons clairement cette posture. Défendre la Bretagne, sa culture et sa langue ne revient pas à exclure les autres. Il s’agit simplement de reconnaître une identité et de refuser qu’elle soit réduite à une caricature.
Nous devons rester vigilants contre toute forme de xénophobie. La brittophobie en fait partie.
Elle ne saurait être déguisée en humour ou en autodérision pour être excusée.

12 commentaires
La brittophobie est un délit ? Pas en fRance en tout cas, où la justice fRançaise ne reconnait pas le Peuple Breton… Les Bretons ça n’existent pas! ( Rendu de délibéré dans l’affaire de « l’humoriste ‘ Berroyer et sa chanson anti bretonne de 2006… )
M’enfin, tout le monde aime la Bretagne…. Qui n’a pas un cousin, une grand mère bretonne, un souvenir heureux, romantique, esthétique, gastronomique, lié à la Bretagne?
Franchement vaut mieux faire envie que pitié, être jalousé qu’ignoré. Ce qui serait le pire ce serait de faire croire que les bretons n’ont pas d’humour, ou de détachement!
Ce terme de brittophobie me fait horreur car il ne correspond en rien au sentiment que les français, les européens éprouvent pour la Bretagne, conscient ou à venir, par contre l’utiliser est le meilleur moyen de la susciter!
Le racisme anti-breton n’existe pas, ne le suscitons pas en défendant « notre race »!
Et pour la chanson de Berroyer, quand même… la Bretagne n’est elle pas la patrie de l’humour, des canulars énormes, des Gras de Douarnenez…si on peut pas rire de soi même même bêtement çà fait peur et ce n’est certainement pas…. breton!
Et franchement je n’aime pas beaucoup les drapeaux, quels qu’ils soient, trop de morts pour les défendre, comme les frontières, et les murs pour les franchir.
Fier d’être breton, français, européen et citoyen du Monde, naviguant entre Nantes et Clisson au coeur du vignoble… breton!
Merci pour ce beau commentaire enflammé. Vous avez parfaitement raison : il existe trop de raisons d’aimer la Bretagne pour la détester. Nous avons en effet ce sens de la fête et de la rigolade qu’on nous envie souvent. Mais la xénophobie existe dans ce monde cruel, et il faut que nous soyons attentifs à ne pas laisser poindre des actes ou des paroles à l’encontre des Bretons comme on en voit trop fleurir à l’encontre d’autres minorités, qu’elles soient sociales, religieuses ou ethniques.
On peut effectivement s’efforcer à sourire même face aux insultes, ça s’appelle la thérapie du sourire. On peut ignorer les dérapages, parfois humoristiques, parfois très sérieux et même tolérer que l’on fasse porter à notre caractère trop entier la responsabilité des tirades « anti-bretonnes ». Mais soyons aussi lucides. Le mépris existe et se dissimule sous les traits d’une pseudo-acceptabilité. Quand Jean Dutour, membre de l’académie française, compare le CAPES de Breton à un CAPES de mendicité, faut-il y voir de l’humour ou l’expression d’un élitisme maladroit ?
Le problème essentiel est qu’il y a une histoire de caricatures infamantes qui s’étale sur plus de deux siècles. Qui a parlé de race bretonne ? Ceux qui disait qu’elle était inférieure au peuple français, ceux qui préconisaient de l’améliorer comme on améliore les races de chevaux, ceux qui disaient qu’elle avait à peine une place au-dessus de l’homme sauvage. Des citations, il y en a des dizaines, comme celle de Jean Cau qui, en 1962, faisait passer la Bretagne pour le réservoir à prostituées de Paris (et je le dis poliment). Avant de le lire, je n’avais jamais compris cette histoire que ma mère m’avait raconté à propos de ses cousins, partis bosser à Paris, et qui lui avaient dit de ne surtout jamais dire qu’elle était bretonne quand elle les y aurait rejoint.
Les Bretons ont été dépeints comme des monarchistes fanatiques, des superstitieux, des indigents, des arriérés, des consanguins, des alcooliques, sans oublier des collabos, des ploucs et autre joyeusetés. Au lycée, dans les années 90 en Ile-de-France, une prof de Français a balancé à un ami (originaire de Guiscriff) « de toute façon, les Bretons sont tous des péquenauds. »
Alors moi je veux bien sourire et ne pas utiliser de mots trop gros, mais il y a hélas persistance d’un sentiment hostile à toute chose bretonne. Les stéréotypes sous couvert d’humour, c’est l’excuse facile, mais on peut toujours faire semblant. Quand ces stéréotypes sont prononcés sur un ton sérieux, et popularisent l’idée qu’en Bretagne on est profondément plus cons, moins propres et ouverts que les grands Français, ça devient plus difficile. Onfray, Mélenchon, Macron et Ferrand ne sont que les exemples les plus récents. Alors, on n’est pas obligé de tenir un discours victimaire caricatural, mais il est toujours bon d’éduquer et de rappeler quelques vérités.
Je rappelerai quand même des faits élémentaires, à savoir que les révolutionnaires français de 1789 ont tout simplement décidé de faire disparaître la Bretagne, qui était alors « officiellement » une nation – et qui le reste, car une nation ne cesse d’exister que quand plus personne ne s’en réclame, et je m’en réclame, et ne suis peut-être pas le seul.
Donc la « France », l’Etat français, les élites françaises sont non seulement brittophobes, mais brittocides.
Il est difficile de faire reconnaître le génocide culturel mené en Bretagne par l’Etat français (avec la complicité des élus bretons), mais il est bien réel. Il est temps que le mouvement breton prenne son courage à deux mains et ose dire la réalité des choses.
Ras le bol de ces néologismes composés du suffixe « phobie », qui dérive de phobos (φόβος), « peur », « effroi » en grec ancien et qui sur le plan intellectuel ne veulent rien dire. (La peur n’est pas une idéologie. La peur n’est pas un délit). Concernant le « mépris » racialiste à l’égard des Bretons qui subsiste, je revendique le mot d’ « anticeltisme ». Au moins c’est clair, c’est net et tout le monde comprend.
Définition officielle Brittophobie
La brittophobie est une attitude d’hostilité de principe, systématique et de rejet à l’égard des Bretons.
Cette attitude d’hostilité peut aller jusqu’à la violence et le mépris envers les Bretons généralement ressentis comme inférieurs par les Français.
La brittophobie est une doctrine politique fondée sur le droit des Français de dominer les Bretons et sur le devoir de soumettre les Bretons aux intérêts des Français. Exemple : la politique brittophobe de la France en Bretagne en matière de langue, de culture et de respect de l’intégrité du territoire breton.
Bonsoir et merci de votre commentaire. Vous écrivez « Définition officielle ». « Officielle » : qui, quand, où … s’il vous plaît. Merci/Trugarez
Oh que si, le britophobie ou plus exactement le racisme anti-breton existe.
Si ce n’était pas le cas, pourquoi vouloir faire disparaître le mot Bretagne des cartes?
Pourquoi séparer la Bretagne en 2?
Pourquoi avoir voulu effacer la langue, la culture?
Pourquoi nous interdire nos propres programmes scolaire dans nos écoles?
Pourquoi, nous interdire notre propre démocratie?
Tous les gens qui ont travaillé en France ont ressentie ce racisme, parfois sous diverse manière, forme, tout n’est pas nécessairement exprimé dans un extrême violent.
C’est parfois plus subtil, comme la phrase : Tu ne vies plus en Bretagne, donc tu n’es plus Breton…! Comme si un Français qui ne vie plus en France n’est plus Français lui…!
Le problème, c’est que le Breton se ment à lui même, donc il n’évoque jamais ce phénomène (car officiellement un Breton n’existe pas… tiens, encore un acte de racisme).
D’ailleurs, croire que tout le monde nous aime est absurde et démontre bien ce phénomène de mensonge.
Et d’ailleurs, qu’est-ce que les gens aiment chez nous? Notre manière de boire, nos plages, ou bien nos jeux vidéos (personne ne sait qu’Ubisoft est breton), nos réalisations industrielles (personne ne sait qu’en Bretagne il existe une industrie aéronautique). A si, nos costumes traditionnels… tout le monde est persuadé que les Bigoudènes vivent partout en Bretagne…
Quand on aime les gens, on les respects, on les connait, on les aime pour eux-même et non pour les stéréotypes… et surtout, on n’essaye pas de changer leur identité pour une autre…
Le problème, c’est que souvent les plus racistes anti-breton sont les Bretons eux-même… un peuple qui est nié officiellement à tendance à trouver par lui même des explications pour expliquer et justifier cette négation.
Mais s’il est vrai qu’il y a des étrangers et des Bretons qui n’aiment pas les Bretons, il y aussi des étrangers et des Bretons qui aiment les Bretons…
@ Gratitude…. A bon, les Bretons sont Français???? Mais alors, c’est quoi un Français?
Et si nous sommes Français, pourquoi y a t-il des Bretons?
Charlemagne était donc un Breton… à non, c’est l’inverse les Bretons était des Francs venu d’Aix la Chapelle enfin de Germanie…
Peut-être devrions nous demander à nos cousins d’outre Manche (d’outre Mer de Bretagne) de renommer leur pays la « Grande-France »… Ben oui, déjà que leur drapeau est bleu-blanc-rouge comme le drapeau breton… à non, là je confonds encore…
Ça y est je me souviens, c’est Nantes qui est la capitale de la France… à moins que ce soit Paris qui soit la capitale de la Bretagne…
Du coup, je ne sais plus… Vous m’avez mis le doute…
Votre adresse kormoran@live.fr semble incorrecte. S’il vous plaît, pouvez-vous nous en donner une autre à contact@nhu.bzh ? Merci/Trugarez
Le terme « anticeltisme » est trop vague, puisqu’il ne désigne pas spécifiquement la Bretagne et les Bretons, ceci pour répondre à un des intervenants. Il peut aussi bien s’appliquer à l’Irlande, au Pays de Galles, à l’Écosse, etc.
Pour le reste, étant né en 1940, et mes parents ayant été obligés un peu plus tard de venir travailler à Paris, j’ai été scolarisé d’abord à Aubervilliers, puis au Bourget, et enfin de nouveau à Aubervilliers – tout ceci de 1946 à 1954 – et je me souviens parfaitement de l’antagonisme envers les Bretons qui régnait à cette époque, y compris entre écoliers. Je ne me laissais pas faire, mais c’était fatiguant, et blessant, à la longue…
Et la Bretagne était « un pays de ploucs », tout juste bon à abriter les colonies de vacances du 93, à Plouër-sur-Rance par exemple.
Je pense que la Bretagne s’est magnifiquement relevée depuis, mais qu’il faut continuer à se battre, le plus urgent étant d’exiger le retour de la Loire-Atlantique au sein de notre Nation.
Pour le reste, on verra plus tard. Enfin, vous verrez plus tard, car j’aurai probablement rejoint mes ancêtres d’ici-là !
Il faut quand même distinguer deux choses : l’opposition politique à ce qu’il existe une Bretagne indépendante, voire même de « la couper en deux », et à la survie de la langue bretonne, qui est effectivement très ancrée, et l’hostilité ou le mépris pour les hommes et les femmes issues de Bretagne, qui seuls peut à mon avis être qualifiés de « brittophobie ». Et sur ce point, quelle est la situation ? Ce mépris et cette hostilité ont bien existé, mais je considère qu’ils ont quasiment disparu, dans les années 70, pour faire place à de l’admiration et de la sympathie. L’identité bretonne, les fest-noz, sont maintenant vus très positivement par les gens… Quand j’étais gosse dans les années 60, mes parents étant venus s’installer en Beauce, nous avions une voisine tenancière de café, par ailleurs royaliste, qui disait qu’elle détestait les Bretons « sauf ma famille ». Pour elle, les Bretons, c’était des journaliers qui venaient deux fois par an travailler dans les fermes, et passaient leurs soirée au café à boire, parler et chanter fort en breton. Mais déjà, nous n’avions ressenti rien de tel chez les autres habitants de la commune.