aménagement routier en Bretagne

Aménagement routier en Bretagne : de qui se moque t-on ?

de Rémy PENNEG
Publié le Dernière mise à jour le

Sous la pression du CELIB Comité d’Études et de Liaisons des Intérêts Bretons, le 09 Octobre 1968, l’État central concède un plan routier pour la Bretagne. Dont globalement trois grands axes de routes gratuites à quatre voies, nos voies-express, seront aménagés. D’abord, l’axe nord ira de Rennes à Brest par Morlaix et Saint Brieuc. Puis au sud la voie express reliera Nantes à Kemper via Vannes et Lorient. Enfin il y aura cette fameuse route centrale, la RN164 qui devra relier Rennes à Kastellin/Châteaulin en passant par Loudéac, Rostrenen et Karaez/Carhaix

Cinquante ans après, l’aménagement routier du centre Bretagne n’est toujours pas terminé : de qui se moque t-on ?

Ainsi, en ce mois de Juin 2017, un petit tronçon routier de 12,5 kilomètres va être commencé, un de plus. En fait les travaux doivent durer plus de trois années. Vers Châteauneuf du Faou et Landelo.
Donc un chantier de trois ans et demi pour 12,5 kilomètres de route gratuite à quatre voies. Soit quatre kilomètres par an. C’est à dire un kilomètre chaque trimestre. Cet ouvrage routier a été déclaré d’utilité publique le 07 Juillet 2014. Toujours cette même lenteur digne d’un autre siècle dans l’aménagement du territoire. En tous cas, dans l’aménagement de notre territoire. Il en coûtera 65 millions d’euros à répartir entre l’État central pour 47,5%, la région administrée dite Bretagne pour 49,9% et le département Penn ar Bed pour 2,6%.
La A65, autoroute de Gascogne de 165 kilomètres de long en Aquitaine (France) a été construite en seulement trente mois.
Pour gagner quelques minutes entre l’est de la Bretagne (Nantes et Rennes) et l’Ile de France en train, nos collectivités publiques bretonnes ont dépensé un milliard de nos euros.
Et on ne peut construire l’axe central routier breton que très lentement. Trop lentement. Fautes de moyens, faute d’ambition.

Pourquoi ce deux poids et deux mesures ?

Parce qu’il y a plusieurs raisons bien sûr. En outre, trop d’administrations différentes sur un même dossier. Et des administrations qui n’ont évidemment pas les mêmes motivations dans l’aménagement d’un territoire, comme celui de Bretagne.

Quand on veut, on peut.

Car manifestement, ici, tous les intervenants ne veulent pas, réellement. L’État central, basé à Paris, est évidemment plus soucieux de l’aménagement de son Île de France ou de grands projets plus valorisants en termes d’image, que d’une route pour connecter les Bretons de l’est avec ceux de l’ouest par le centre du pays. Route que ces décideurs lointains ne prendront jamais.

Ces dossiers sont complexifiés, avec trop d’intervenants, trop lointains pour certains. Ce millefeuille administratif n’est plus adapté du tout à l’époque très ouverte dans laquelle nous vivons. Mais nous continuons à le subir malgré tout, chaque jour.

conflit, décoloniser, routier

Laissez-nous décider par nous-mêmes …

Et si nous décidions du routier et d’autres sujets nous-mêmes ?

Parce que dans la plupart des pays européens modernes et adaptés à notre époque, les territoires décident de ce genre d’aménagement par eux-mêmes.
Pourquoi faut-il, toujours et encore, que nous attendions l’accord de Paris, sous forme d’argent, pour enfin lancer des travaux chez nous ?
Ou parfois de Bruxelles.

Des impôts sont collectés en Bretagne. Pourquoi faut-il que nous les cédions à l’État central, pour que celui-ci nous en rende un peu ensuite, selon son bon vouloir ?

La Bretagne possède des trésors dont celui de son épargne : 80 milliards d’euros. Pourquoi ne pas lui faire appel au travers d’un fond d’investissement spécifique breton ?
Ne sommes-nous donc pas capables de gérer nous-mêmes nos milliards d’euros ? Comme cela se pratique à peu près partout en Europe.

Le Canal breton de Nantes à Brest a été creusé à la pioche deux fois plus vite il y a deux siècles.

Car les quelques 364 kilomètres du Canal breton de Nantes à Brest ont été construit en une cinquantaine d’années. En outre par des bagnards et les paysans qui ont aménagé ce magnifique ouvrage, a coups de simples pioches et de tombereaux tirés par des chevaux, et qui allaient finalement travailler deux fois plus vite que nos modernes engins de chantier sur ce petit tronçon de 12,5 kilomètres.
Ironie des temps : ce tronçon longe en partie notre magnifique Canal breton de Nantes à Brest.
Cinquante ans que dure ce chantier de voie-express entre Montauban de Bretagne en Bretagne orientale et Kastellin en Bretagne occidentale.
Pour une distance de 161 kilomètres.

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