Non au tourisme sanitaire, en Bretagne comme ailleurs.

Non au tourisme sanitaire, en Bretagne comme ailleurs.

Tourisme sanitaire en Bretagne.

De ce tourisme sanitaire, les médias bretons et internationaux s’en sont étonnés, voire scandalisés, de cet afflux récent de trains bondés de Parisiens et de Franciliens vers les « provinces ». En pleine pandémie de coronavirus Covid-19.
L’état central freine le trafic aérien, confine à tour de bras, mais laisse se produire cette immigration sanitaire de masse.

On a cherché à mieux comprendre …

Il suffit de regarder les chiffres de la contamination au coronavirus de l’Hexagone pour avoir un début d’explication.
Nombre de cas déclarés par région administrative le 23 Mars à 15:00
Sources : conflits.fr et France3 Régions

Île de France 5283
Grand Est 3395
Auvergne Rhône Alpes 1431
PACA 1372
Bourgogne Franche Comté 1178
Hauts de France 936
Occitanie 671
Nouvelle Aquitaine 612
Normandie 462
Bretagne 412
Centre Val de Loire 291
Pays de Loire hors Loire Atlantique 255
Outre-Mer 208
Corse 183

Pour le pouvoir central basé à Paris, l’urgence est de décongestionner, d’alléger Paris et l’île qui l’entoure. En effet, c’est là que sont les plus importantes densités de population. Également là que se trouve aujourd’hui le plus grand nombre de cas déclarés. Enfin c’est là que vit, très majoritairement, et travaille, le dit gotha de la République. Tout le monde sait que Paris et son île vont vite être saturés. Moins il y aura de monde dans la marmite, et moins elle risquera d’être en surchauffe.

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Stop connerievirus, restez chez vous – Mikael Bodlore Penlaez

Vidange de l’île de France.

En quelques jours, sous l’oeil complaisant de certains, près de 17% des Parisiens et habitants de la « couronne », ont fuit Paris pour faire du tourisme sanitaire. Essentiellement en train. Également en voitures.
Ainsi, des dizaines de milliers de personnes se sont agglutinés pendant des heures dans les gares, les wagons et les voitures, dans une totale promiscuité. Youpie, direction la « province » ! D’aucuns dans les résidences secondaires. D’autres dans la famille et chez des amis inconscients. Quoiqu’on en dise, il s’agit ni plus ni moins de tourisme sanitaire.
Dans chaque wagon de train, quelques personnes contaminées. Sans doute plus d’asymptomatiques que de déjà malades, mais tous en capacité de propager très rapidement le Covid-19.

Il faut sauver Paris.

Peu importe que la Vendée, la Bretagne ou la Normandie soient plus contaminées dans les prochains jours. Avant tout, il faut libérer Paris. Au lieu d’être totalement engorgé, disons, dans six jours, ils le seront dans dix ou douze. Par contre la Bretagne, n’ayant encore à ce jour, « que » 412 cas (pour 4,8 millions habitants), va être rapidement plus contaminée. Justement, si la Bretagne, de Nantes à Ouessant, n’affiche aujourd’hui que relativement peu de cas, c’est en grande partie grâce au civisme reconnu des Breton(ne)s. Si c’est le confinement le plus total qui est conseillé, nous nous confinons. Ce n’est en fait que du bon sens. Et nous n’allons pas faire du tourisme sanitaire dans d’autres zones de Bretagne ou d’ailleurs.

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Les réfugiés sanitaires apportant dans leurs bagages le Covid-19 vers la Bretagne

Tourisme sanitaire

Parmi ces milliers de migrants sanitaires venant de l’est, il y a, à n’en pas douter, de nombreux Breton(ne)s partis vivre et travailler en région parisienne. Mais il y a aussi des étrangers*. Sans doute grisés par l’air du grand large, ils se sont rués sur nos plages pour diverses activités estivales. Le printemps est là, le soleil brille : vive les vacances ! En particulier sur les îles. La police a dû intervenir et verbaliser pour des touristes sanitaires en promenade bateau, plongée ou barbecue à huit ou dix personnes. Même la Préfecture du Morbihan a dû prendre en urgence un arrêté pour limiter les accès des îles aux non-résidents.
(*Celui ou celle qui est d’une communauté géographique différente, qui ne fait pas partie d’une collectivité donnée)

Statut de résident.

Cet arrêté de la Préfecture du Morbihan démontre bien toute l’acuité de ce qui est devenu un problème. La Bretagne possède des paysages parmi les plus beaux d’Europe. Et vous voulons vous les offrir, toute l’année. La Bretagne a toujours été accueillante et son tourisme est très actif. Mais en période de pandémie, nous préférons que vous restiez chez vous. Les migrants sanitaires temporaires sont surtout venus dans les régions de Bretagne actuellement les plus riches en résidences secondaires. Dans certaines des communes du littoral, on atteint des taux jusqu’à 86% de résidences secondaires. Ce sont de véritables parcs qui ne vivent réellement que quelques semaines par an.
Cette situation est devenue intenable, et il faudra rapidement évoquer un vrai statut de résident en Bretagne.

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An Ankou : Tu rentres chez toi … ou chez moi ?

Triple responsabilité.

D’abord la responsabilité de l’état central.

En effet, sciemment, ou bêtement, ces ir-responsables politiques qui nous administrent de loin, ont laisser filer, ou fermer les yeux sur cette migration sanitaire. Également la SNCF qui en pleine pandémie meurtrière alors que tous les pays confinent, organise de pleins trains bondés de Parisiens vers les « provinces ». La Bretagne a grassement financé à hauteur d’un milliard d’euros d’argent public breton ce fabuleux train qui met les gares bretonnes de Nantes et de Rennes à une heure et demie de la gare de Montparnasse à Paris. On nous l’a vendue comme idéale pour aller vers la ville-lumière. Aujourd’hui, ce train a contaminé plus encore la Bretagne et va tuer des centaines de personnes.

Puis il y a la région Bretagne administrant quatre des cinq départements bretons.

Dont son Président, Loïc CHESNAIS-GIRARD. Pour la préservation de la santé des 3,3 millions Bretons sur les 4,8 millions que compte l’ensemble de la Bretagne dont vous une certaine responsabilité, vous auriez dû exiger du Ministère français des transports et de la SNCF, d’empêcher le départ de ces trop nombreux trains. Il ne s’agit pas de ne pas être solidaire des autres. Il s’agit de protéger d’abord celles et ceux qui ont fait que vous occupez aujourd’hui votre poste de présidence.
Mais il est vrai que nous ne sommes pas en Allemagne et que l’Hexagone est un état hyper-centralisé et cadenassé de partout. Vous n’avez en fait aucun pouvoir. En bon commercial en après-vente, vous attendez les consignes de votre direction qui se trouve au siège à Paris.
Je ne suis même pas certain que pour avoir vos masques, ce ne soit pas Paris qui vous dote.

Enfin, il y a l’irresponsabilité totale de tous ces voyageurs qui sont venu se réfugier dans le réduit breton.

A quel point faut-il que vous soyez stupides pour ne pas penser un instant que vous pouvez être infecté. Sans même le savoir. Donc que vous allez diffuser la maladie là où vous allez. Nombre d’entre vous vont infecter des Bretonnes et des Bretons bien confinés. Dans quelques jours, les 412 cas de coronavirus signalés en Bretagne, vont se multiplier plus rapidement.
On ne vous demande pas de ne plus venir en Bretagne. Mais on vous demande de ne pas y venir en période de contagion potentiellement mortelle, pour notre bien comme pour le vôtre. Du bon sens.
Quotidien OF 19 Mars 2020
« … vers La Torche, les forces de l’ordre ont constaté que les parkings étaient pleins et que la pratique des sports nautiques et activités terrestres allait bon train … En effet, bon nombre de véhicules présentes sur le site ne provenaient pas de notre territoire mais de la région parisienne et du sud de la France … »

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Coronavirus covid-19 : restez chez vous, où que vous soyez

Coupable de meurtre.

Non, l’expression n’est pas trop forte. Pas en cette période grave et sombre où des dizaines de personnes meurent chaque jour autour de nous. Bientôt des centaines comme en Italie ou en Espagne.
Ces trains contaminés envoyés en Bretagne, et ailleurs dans les « provinces » sont de véritables bombes à retardement. Ils marqueront l’histoire de cette pandémie dans notre pays comme une honte et un scandale.

Plus d’autonomie de décision.

La Bretagne d’après commence aujourd’hui.
Un pouvoir régional breton plus fort, vrai, aurait sans doute permis d’éviter ces morts à venir. Il est temps que plus de décisions soient prises par Nous-Mêmes. Sans que nous soyons toujours obligés de demander à Paris l’heure qu’il est.
Quémander n’est pas une solution pérenne à notre époque.
Il va falloir arrêter de tout demander au siège social parisien. On peut créer une filiale … ou plus si nécessaire.

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Rémy PENNEG
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1 Comment

  1. Penn kalet
    mars 25, 10:48 Reply

    En effet la Bretagne risque de devenir une véritable poubelle sanitaire . Mais après tout c’est dans la logique de l’histoire ……

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