L’entrepreneur breton en recherche de personnel qualifié, et le syndrome de bécassine.

L’entrepreneur breton en recherche de personnel qualifié, et le syndrome de bécassine.

Incapacité de penser autrement que par Paris.

Pour recruter du personnel qualifié, quand tu n’as pas d’idée et que tu appartiens au vieux monde finissant, tu vas à … Paris.
C’est ce que vont faire quelques entrepreneurs des Côtes d’Armor. Ils recherchent quelques quatre cent personnes pour occuper des postes très variés. Dont des ouvriers en travaux publics, des commerciaux, des ingénieurs, des conducteurs routiers …
Sans doute que le « spécialiste » Pôle Emploi n’est pas, dans les Côtes d’Armor non plus, à la hauteur. Donc là aussi il faut se prendre en mains soi-même. Et en cela l’idée est bonne.

Il n’y a donc pas de personnel qualifié en Bretagne ?

Il est vrai que Richard FERRAND en mai 2017 disait : « Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet« .
Car bien sûr, et c’est bien connu :
– Il n’y a pas de chômeurs en Bretagne.
– La Bretagne est sous-peuplée.
– Les Breton(ne)s sont sous-qualifiés.
– Aucun(e) Breton(e) n’est dans le besoin.
– Les Breton(ne)s préfèrent l’oisiveté.
– Hag all …

Le syndrome de Bécassine.

L’idée première est intéressante. Ces entrepreneurs cherchent du personnel et n’en trouveraient pas sur place, en Bretagne (!sic!). Là où ces entrepreneurs sont simples, inconsistants et blâmables, c’est dans cette idée bien hexagonale que hors de Paris le nombril, point de salut. Ainsi ils semblent dans l’incapacité totale de penser que ce personnel qualifié puisse être vers Bordeaux, vers Toulouse, Lyon ou la Normandie proche, à London. Non, il est à Paris.
Ce manque d’imagination et ce formatage d’esprit les amènent donc dans une salle de Montparnasse à Paris pour un speed dating d’embauche.

A moins que …

En réalité le vrai organisateur pour « ramener en Bretagne de nouveaux talents » (vu qu’il n’en existe manifestement pas en Bretagne) n’est autre que le Club TGV. Dont le Président est Bruno Lorand de ENEDIS. Cette association Club TGV des Côtes d’Armor fut créée en 2012 pour profiter de la création de la LGV Ligne Grande Vitesse qui sort, enfin, la Bretagne de son isolement vis à vis de Paris. Hors de Paris, point de salut.
Et si cette opération avait aussi pour but d’augmenter à terme la fréquentation de cette ligne Rennes Gare à Paris Montparnasse. Qui dit quatre cent postes en nord Bretagne, dit des milliers d’allers et de retours par ce cordon ombilical. Ce cordon qui a coûté aux Breton(ne)s une fortune d’argent public. Parce que si cette recherche de nouveaux talents s’orientait plutôt vers les régions Aquitaine ou Normandie, cette ligne ferroviaire Rennes Paris ne serait pas utilisée. Cette ligne qui coûte un milliard d’euros d’argent public aux Contribuables de la Région Bretagne administrant quatre des cinq départements bretons. Quand le Club TGV organise des sorties, c’est aussi pour promouvoir ce cordon ombilical que d’aucuns nomment chaîne.

Notre raison d’être …

D’ailleurs le Club TGV Bretagne (administrative) ne s’en cache pas. Car ils l’écrivent même : « L’objectif est de promouvoir les entreprises et les territoires, et notamment l’accessibilité TGV (notre raison d’être, au Club TGV Bretagne), et d’attirer de nouveaux talents« .
A l’ère numérique et de la mondialisation, comme aux siècles passés, des responsables d’entreprises prennent le teuf-teuf pour aller à la ville (sans doute en habits du Dimanche) pour aller recruter du personnel … et faire une petite sortie tous frais payés.
Le syndrome de bécassine.

personnel qualifié

Promotion d’une Bretagne pittoresque, hier comme aujourd’hui

Nous souhaitons beaucoup de succès à cette recherche de personnel qualifié.

La Bretagne a besoin en effet de personnels qualifiés et actuellement, des milliers d’emplois restent non pourvus. Nous pourrions rêver d’un quasi plein-emploi comme dans la plupart des petits états européens modernes; petits par la superficie ou leur population. Mais nous sommes dans un Hexagone hyper centralisé. Où trop de monde encore, est incapable d’envisager leur vie sans Paris, le centre hypertrophié en asphyxie chronique. De fait, le taux de chômage en Bretagne, même s’il est sensiblement inférieur à celui de l’Hexagone, est encore plus du double de celui des petits états cités.
Entrepreneurs de Bretagne, dont ceux associés au Club TGV, pensez global et agissez local, comme le dit la célèbre formule.
Il existe en Bretagne, très certainement, ces personnels que vous recherchez. Il n’y a aucune raison objective, qu’eux et leurs familles ne soient pas ravis de venir s’installer en Côtes d’Armor. Sans que vous soyez contraints d’aller faire un petit voyage à la grande ville …

Proposez votre candidature.

Vous qui lisez ces lignes, où que vous soyez, proposez d’ores et déjà votre candidature à cette adresse : jobdating22@clubtgvbretagne.eu ou 22@clubtgvbretagne.eu
Leur ballade à la grande ville est prévue le 19 Novembre pour ceux des Côtes d’Armor. Ceux du Penn ar Bed iront eux aussi à la grande ville : le 11 Décembre (29@clubtgvbretagne.eu).
Oui, les adresses email sont celles du Club TGV, et non celles du club des entrepreneurs. Étonnant n’est-ce pas ?
Vous avez un peu de temps …

#CroirePlusEnNous
#FaireNousMemes

Le train en Bretagne,

Enfin votre train va désenclaver mon île … de France

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Rémy PENNEG
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"Essayer ou ne rien faire". Quand on aime la Bretagne corps et âme, à un moment, il faut essayer d'agir et de créer pour participer, même très modestement, à son rayonnement et à son avenir. Avec l'aide avisée d'une poignée de volontaires, nous créons NHU Bretagne.

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1 commentaire

  1. le Sec'h
    octobre 09, 07:29 Répondre
    Il s'agit aussi et surtout de NOYER la Bretagne avec d'autres moins "têtus" à propos de leur langue et de leurs libertés!!

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