Face au coronavirus, la solidarité bretonne

Face au coronavirus, la solidarité bretonne

La solidarité bretonne est une réalité.

La solidarité bretonne n’a jamais été un vain mot. Depuis toujours, les Bretonnes et les Bretons furent, et sont, solidaires. Cela a dû se forger au fil du temps. En particulier face aux aléas et catastrophes de la vie dans la péninsule du début de l’Europe. Les tempêtes, les naufrages et déjà les épidémies, ont jadis appelé à une forte solidarité d’un peuple qui sait alors se souder comme nul autre. Dans d’autres régions européennes, ce furent d’autres catastrophes qui appelèrent la solidarité. Comme les catastrophes minières au Pays de Galles. Ou des inondations ailleurs.
Lors de la dernière guerre, la Bretagne accueilli des dizaines de milliers de réfugiés de zones plus occupées par l’armée du Reich. Il était beaucoup moins douloureux de supporter l’occupation nazie en campagne bretonne ou au bord de la mer, que dans les zones dévastées et Paris, plus proches de l’Allemagne.
Également durant la Guerre d’Espagne à la toute fin des années trente, la Bretagne fut un refuge pour de nombreuses familles espagnoles chassées de leur pays.

Solidarité est respect de l’autre.

Les formes de solidarité bretonne furent multiples dans l’Histoire de la Bretagne. Il y eu celle de la grève du Joint Français en 1968. Durant laquelle toute une région s’est solidarisée autour d’un long conflit syndical. Citons encore la révolte des Bonnets Rouges qui était une forme de solidarité. En effet, face à un impôt de trop, les Bretonnes et les Bretons, dépassant leurs divergences, se sont solidarisés pour refuser l’impôt injuste et en abattre les symboles. Puis il y a eu Plogoff bien sûr, quand il a fallu, tous ensemble, refuser de se voir imposer une centrale nucléaire dans un des plus beaux sites naturels d’Europe.
Mais la solidarité s’exerce aussi en dehors de ces périodes de révolte.
Par exemple, c’est en Bretagne qu’existe le plus grand nombre d’associations de tout l’Hexagone. Parmi elles, un grand nombre d’associations viennent en aide aux plus démunis. C’est aussi cela la solidarité bretonne au quotidien.

solidarité

Bretagne, Terre d’accueil, de partage et de solidarité – carte de Bretagne

Solidarité et coronavirus.

La période incertaine dans laquelle nous entrons à peine, appelle, elle aussi, comme en période de guerre, à une solidarité totale en Bretagne.
D’abord envers les personnels soignants responsables de la santé des 4,8 millions d’habitants de ce pays. Et bien au-dela, en Europe et dans le monde entier. Faute d’un minimum décent fourni par l’état central, nous devons toutes et tous leur apporter, par tous moyens possibles, notre aide. Nous devons aussi nous montrer plus solidaires encore, de toutes les personnes qui travaillent toujours pour servir celles et ceux qui sont confinés. Dont les Boulangers, les Livreurs à domicile et les Facteurs. Aussi les Chauffeurs routiers, les Agriculteurs … Par solidarité bretonne, il faut privilégier, quoiqu’il en coûte, le Produit en Bretagne et le circuit-court.
La solidarité bretonne est ici également économique. La Région Bretagne administrative vient sur ce point d’annoncer une enveloppe de 104 millions d’euros pour soutenir notre économie. J’aurai souhaité qu’ils investissent plus que ce à peine trop modeste million d’euros pour la protection de nos personnels de santé. Préféraient-ils leur bourse à notre vie ?

La Bretagne a toujours été une terre d’accueil, et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Comme durant la débâcle du début de la guerre 39/45, la Bretagne a reçu ces derniers jours des populations de l’est d’une autre débâcle : une débâcle sanitaire. Cette migration temporaire était une hérésie, tant il est irresponsable de sortir de chez soi en période d’épidémie. Le risque de contaminer d’autres personnes est tel qu’aller se réfugier ailleurs est d’abord un manque élémentaire de respect envers les autres.
Mais le mal est fait et la Bretagne vient de voir gonfler sa population de plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Comme certainement d’autres régions d’Europe pour le moment réputées moins exposées au coronavirus.
Qu’ils soient les bienvenus, en famille, entre amis, en locations saisonnières ou en AirBnB.
Merci à tous de rester confinés.
Profitez du soleil et du grand air marin bretons, mais nous vous en conjurons : sans bouger de votre havre de paix, en respectant l’Autre.

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Rémy PENNEG
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