front de libération de la Bretagne

FLB Front de Libération de la Bretagne

de NHU Bretagne

Sommaire

Que signifie l’acronyme FLB ?

FLB Front de Libération de la Bretagne.
L’acronyme FLB signifie Front de Libération de la Bretagne.
Ces trois lettres FLB sont très connues en Bretagne, depuis les débuts du Front de Libération de la Bretagne dans les années soixante.

C’est quoi le Front de Libération de la Bretagne ?

Le Front de Libération de la Bretagne, également connu sous l’acronyme FLB, est une organisation indépendantiste bretonne. Le FLB Front de Libération de la Bretagne est considéré par l’état central comme une organisation terroriste.
Ce mouvement veut retrouver l’indépendance de la Bretagne, et pour cela, pense que l’action clandestine est souhaitable.

Pourquoi existe t-il un FLB Front de Libération de la Bretagne ?

La Bretagne est une nation et un peuple à part dans l’Hexagone. Elle est devenue une simple entité administrative par le biais d’annexions et d’unions forcées au fil des siècles
Et le pouvoir central, encore de nos jours, trop éloigné de « ses provinces » conquises, a toujours considéré la Bretagne, au mieux comme une variable d’ajustement; et au pire avec mépris et condescendance.

La Bretagne a été un État indépendant jusqu’en 1532 et autonome jusqu’en 1789.
Cela ne fait qu’un peu plus de deux siècles que notre pays est totalement sous domination française. C’est finalement peu au regard de l’Histoire.
Des velléités indépendantistes ont toujours existé en Bretagne.
Dans les années soixante, la Bretagne est sous-développée par rapport aux autres parties de l’Hexagone. Des militants bretons, excédés par cette situation, regardant l’IRA à seulement quelques heures de bateau de notre côte nord, ou le FLN algérien, créent le FLB Front de Libération de la Bretagne.

Front de libération de la Bretagne
Conférence de presse clandestine de représentants de l’ARB Armée Révolutionnaire Bretonne

Quand est né le FLB Front de Libération de la Bretagne ?

Le Front de Libération de la Bretagne a été créé en 1966.
Un premier communiqué de l’organisation bretonne clandestine est publié dans L’Avenir de la Bretagne : « Nous reprenons le combat progressiste et révolutionnaire que chaque génération de Bretons a entrepris pour la liberté de la Bretagne et pour le droit des Bretons à rejeter le statut colonial afin de se gouverner lui-même« .
Tout est dit, le ton est donné.

Qui a créé le FLB Front de Libération de la Bretagne ?

Le FLB Front de Libération de la Bretagne étant par nature une organisation clandestine, il est difficile, voire impossible, de savoir précisément qui en est à l’origine, de ce mouvement indépendantiste breton.

Qu’est-ce que l’ARB Armée Républicaine Bretonne ?

L’ARB est l’acronyme de l’Armée Républicaine Bretonne, sur l’exemple de l’IRA Irish Republican Army des cousins irlandais, un peu plus au nord. Cette ARB deviendra ensuite l’Armée Révolutionnaire Bretonne.

Qui compose le Front de Libération de la Bretagne et l’ARB Armée Républicaine Bretonne / Armée Révolutionnaire Bretonne ?

Une des particularités notables du Front de Libération de la Bretagne et des ARB Armée Républicaine Bretonne / Armée Révolutionnaire Bretonne, c’est d’être constitués de militants indépendantistes bretons de toutes orientations politiques et de tous milieux sociaux. On y trouve des militants de droite comme de gauche, des agriculteurs, des prêtres, des artisans, des enseignants, des marins-pêcheurs, des commerçants … en fait une représentation du peuple breton.

front de libération de la Bretagne
Front de libération de la Bretagne

Le mouvement indépendantiste breton n’appartient à aucun parti politique.
Le slogan « Mon pays avant mon parti » correspond bien à l’état d’esprit de beaucoup de militants des FLB et ARB lors de leur engagement.
A la fin des années 70, les militants du FLB ont néanmoins mis noir sur blanc, dans une revue interne intitulée Emgann, pratiquement introuvable aujourd’hui, leur orientation à gauche.

Quelles sont les revendications du FLB Front de Libération de la Bretagne ?

Leurs revendication sont claires :
• Mettre fin à la « colonisation forcée » de la Bretagne par la France.
• Respecter le traité de 1532 entre les deux États, Bretagne et France.

Le Front de Libération de la Bretagne en quatre périodes.

• De 1966, date de la création du Front de Libération de la Bretagne, à nos jours, on considère que l’organisation indépendantiste bretonne a connu trois périodes.
Il y a d’abord eu le Front de Libération de la Bretagne originel. En Corse, on dirait le « canal historique« .
Cette période court de 1966 à 1972. La branche militaire de ce premier Front de Libération de la Bretagne est l’ARB pour Armée Républicaine Bretonne. Cette ARB FLB Front de Libération de la Bretagne suit l’exemple du « grand frère » irlandais de l’IRA Irih Republican Army.

• Puis à partir de 1972, le  évolue vers une période que d’aucuns définissent comme plus révolutionnaire.
L’ARB républicaine des débuts devient ARB Armée Révolutionnaire Bretonne. Globalement cette période d’étale de 1972 à 1985. Cette période est sans doute la plus intense en actions menées. On est dans une période de renouveau breton, culturel, économique, politique. De nombreux conflits opposent le pouvoir central au peuple breton, et le Front de Libération de la Bretagne fait alors totalement partie de ce renouveau.

• Ensuite, de 1985 aux débuts des années 2000, l’acronyme FLB et le nom Front de Libération de la Bretagne disparaissent presque. Les différentes actions menées sont signées ARB Armée Révolutionnaire Bretonne.

• Enfin, depuis les premières années 2000, et jusqu’à nos jours, le FLB – ARB est plus discret.

Front de libération de la Bretagne
En Bretagne, quatre des principaux attentats du Front de Libération de la Bretagne

Combien d’attentats revendiqués par le FLB Front de Libération de la Bretagne ?

Le tout premier attentat revendiqué par le FLB Front de Libération de la Bretagne est un jet de cocktails Molotov contre la sous-préfecture de Sant Nazer dans le sud du pays, le 06 Mars 1966.
Le plus récent serait la destruction partielle par incendie d’une résidence secondaire vers Trebeurden sur la côte nord le 16 Juin 2023.

Entre ces deux dates, le Front de Libération de la Bretagne et sa branche militaire ARB a commis plusieurs centaines d' »opérations » en Bretagne et à l’étranger.
Ici nous écrivons « opérations« , pour nous arrêter un instant sur le terme « attentat ».

Selon Le Larousse, voici la définition d’un « attentat » :  » Atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, acte de violence de nature à mettre en péril les institutions de la République ou l’intégrité du territoire national« .
Incendier une résidence secondaire ou détruire un morceau du Château de Versailles sont donc bien des attentats selon cette définition, d’après la vision des tenants de la nation française et de l’intégrité territoriale de la République « une et indivisible ». Pour autant, ces actes doivent ils être qualifiés « d’attentats » dès lors  que l’on considère la Bretagne comme sa nation ?

Comment est organisé le FLB Front de Libération de la Bretagne.

Il y aurait le bureau politique Kuzul Meur (« Grand Conseil » en langue française).
Et un CBL Comité National de la Bretagne Libre.
Le Front de Libération de la Bretagne était (est toujours) une organisation clandestine. Il est donc, là aussi, difficile, de bien connaître l’organisation interne du mouvement breton. Localement, le FLB Front de Libération de la Bretagne serait structuré en Kevrennoù de quelques militants (Le singulier Kevrenn se traduit par « section » en langue française). Le chef de chaque cellule serait au Kuzul Meur, mais les membres des différentes cellules ne se connaissent pas entre eux. En effet, il est capital, dans toute organisation clandestine, d’instaurer un tel cloisonnement pour éviter un démantèlement trop important en cas d’arrestations.

Manifestation de soutien populaire au FLB Front de Libération de la Bretagne
Manifestation de soutien populaire au FLB Front de Libération de la Bretagne

Quelle est l’attitude de l’opinion publique bretonne vis à vis du FLB Front de Libération de la Bretagne ?

Le Front de Libération de la Bretagne a toujours bénéficié d’un incontestable capital de sympathie au sein du peuple breton. Beaucoup de personnes, les jeunes en particulier, n’étaient pas spécialement favorables aux actions commises … mais n’y étaient pas non plus opposés.
Dans les années 70, la Bretagne bouillonne de toutes parts.
Les paysans manifestent, parfois violemment. Il y a aussi ce Joint Français en grève, dont les salariés sont en moyenne rémunérés 30% de moins que les salariés de l’usine parisienne. Puis Plogoff / Plougoñ et le projet de centrale nucléaire imposé par le pouvoir central, enflamme aussi les esprits.
Un des slogans d’alors est « Joint, lait, FLB : même combat« .
Le Front de Libération de la Bretagne est alors souvent perçu comme nécessaire au peuple breton, pour faire du reuz et alerter le pouvoir central, toujours trop loin du terrain, sourd aux justes revendications du peuple breton.

Les plus importants attentats attribués à l’ARB, bras militaire du FLB Front de Libération de la Bretagne

• Château de Versailles dans la nuit des 25 au 26 Juin 1978.

Le 25 Juin, deux activistes bretons « visitent » en journée le Château de Versailles. Discrètement, en partant, ils y laissent une charge explosive programmée. Durant la nuit, une grande partie de l’aile gauche du château est partiellement détruite. En 1977, l’état central et la région administrative avaient signé une Charte Culturelle Bretonne que les auteurs de l’attentat considèrent comme largement insuffisante.

Ces deux activistes bretons sont Padrig Montauzier et Lionel Chenevière. Surveillés depuis longtemps par les services de police, ils seront rapidement arrêtés, jugés et emprisonnés. Finalement, ils seront, avec d’autres prisonniers politiques, amnistiés par François Mitterrand en août 1981, lors de son élection à la présidentielle.

• Résidence secondaire de Francis Bouygues à Sant Maloù / Saint Malo, le 12 Avril 1972 (repère 3 sur la carte de Bretagne)

Cet attentat du Front de Libération de la Bretagne fit à l’époque grand bruit, non pas tant pour la maison détruite, que pour son propriétaire.
Cet homme d’affaire français (pour les Russes, on dit « oligarque »), très proche du pouvoir, est alors le roi du BTP. C’est également Francis Bouygues qui achètera TF1 en 1987.
En 1999, la DST Direction de Surveillance du Territoire (aujourd’hui la DGSI) avouera que c’est elle qui avait détruit la résidence secondaire bretonne de Francis Bouygues, dans le but de « discréditer le mouvement breton« .
C’est bien la preuve qu’il en avait, du crédit !

• Relais de télévision du Roc’h Tredudon le 14 Février 1974 (1)

Dans la nuit du 13 au 14 Février 1974, le très haut pylône de 220 mètres du relais de télévision du Roc’h Tredudon est totalement détruit par plusieurs charges explosives.
Au début du mois, les activistes de l’Armée Républicaine Bretonne s’étaient entraînés sur deux autres antennes beaucoup plus modestes. D’abord sur l’île Losquet près de Plomeur Bodou sur la côte nord du pays. Puis au Roc’h al Lin vers Saint Mayeux / Sant Vaeg vers Gwerledan, au centre du pays cette fois.

La conséquence voulue de cette destruction du relais de télévision de Roc’h Tredudon est immédiate : une grande partie de la Bretagne occidentale n’a plus du tout accès à la télévision française. Cette situation va durer des semaines et des chercheurs du monde entier viennent étudier le comportement d’une population n’ayant plus cette « information divertissante ».
Libérés d’une certaine manière, les soirées en famille et entre voisins s’organisent différemment.

Roc’h Tredudon 1974, le nouveau livre de Erwan Chartier qui revient sur l’attentat attribué au FLB Front de Libération de la Bretagne
Roc’h Tredudon 1974, le nouveau livre de Erwan Chartier qui revient sur l’attentat attribué au FLB Front de Libération de la Bretagne

Qui a réellement détruit le relais de télévision du Roc’h Tredudon ?

Étonnant, en effet, que les services de police si prompts à identifier et arrêter les activistes de la plupart des autres attentats significatifs du FLB Front de Libération de la Bretagne, n’aient jamais su, ou pu … ou voulu, identifier et arrêter les auteurs de cet attentat du FLB. L’armée française était en manoeuvre à ce moment là dans les Menez Are / Monts d’Arrée.
Selon les spécialistes en explosifs, la méthode employée au Roc’h Tredudon est sophistiquée, et n’aurait pas pu être celle d’un activiste breton de l’ARB. Le FLB démontrera par la suite que ses militants maîtrisaient bien la technique …

A l’époque, des enquêteurs de médias parisiens ont pensé que cet attentat du Roc’h Tredudon imputé à l’ARB du Front de Libération de la Bretagne, fut en fait commis par des spécialistes du renseignement français. Face à la sympathie de l’opinion publique bretonne envers le Front de Libération de la Bretagne, il devenait urgent de couper cet élan. Rendre responsable le Front de Libération de la Bretagne de couper la population de sa drogue quotidienne pouvait retourner cette opinion.
Il n’en fut rien …

• Destruction de la statue de Bertrand du Guesclin à Broons / Bronn en Ille et Vilaine le 12 Férier 1977 (4)

Bertrand du Guesclin, Connétable de France vers 1370, s’illustrera à quelques reprises contre les intérêts du Duché de Bretagne. De fait, ce personnage trouble est considéré par beaucoup de Bretons comme « traître à la patrie ».

• Destruction du relais de télévision de Pré en Pail en Mayenne le 22 Octobre 1977.

Comme en 1974 au Roc’h Tredudon, le mouvement breton vise la télévision, accusée de propagande exercée par le pouvoir central. Cet attentat de Près en Pail hors de Bretagne, entrainera l’écran noir sur les téléviseurs de dix-sept départements, dont une grande partie de la Bretagne orientale.

• Centrale nucléaire de Brenniliz le 14 Janvier 1979 (très proche du repère 1)

L’ARB Armée Républicaine Bretonne, bras armé du FLB Front de Libération de la Bretagne, détruit à l’explosif deux pylônes de ligne à haute tension d’une quarantaine de mètres de hauteur qui achemine l’électricité de la centrale nucléaire de Brenniliz au coeur des Monts d’Arrée / Menez Are.
Cette centrale nucléaire fut déjà le théâtre d’un attentat de cette même organisation le 15 Août 1975.
Dans l’hexagone, le FLB Front de Libération de la Bretagne est la seule organisation a avoir mis à l’arrêt momentanément une centrale nucléaire.
Au même moment, la Bretagne mène une lutte acharnée contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff / Plougoñ.

• Résidence secondaire du Commissaire Roger Le Taillanter le 30 Mai 1979 (2)

En plein jour, un commando de quatre hommes armés et masqués arrivent à la résidence secondaire du commissaire au hameau de Breheg près de Plouezec / Plouerg ar Mor en Côtes d’Armor. Deux des hommes baillonnent Madame Le Taillanter et l’isolent en sécurité. Tandis que leurs deux collègues placent une charge d’explosif reliée à une bouteille de gaz. Roger Le Taillanter n’est autre que le directeur régional de la police judiciaire, ayant dirigé depuis sa nomination à Rennes / Roazhon en 1974, diverses opérations contre les mouvements indépendantistes bretons.
Il lui est reproché, en autres choses, d’avoir tenu devant la presse des propos méprisants à l’égard des militants du FLB.

Le Gwenn ha Du flottant sur la flèche de Notre Dame de Paris en soutien aux inculpés FLB de 1972 et logo officiel du Front de Libération de la Bretagne
Le Gwenn ha Du flottant sur la flèche de Notre Dame de Paris en soutien aux inculpés FLB de 1972 et logo officiel du Front de Libération de la Bretagne

Quelles sont les cibles privilégiées de l’ARB Armée Révolutionnaire Bretonne ?

Elles sont très diverses. En bientôt soixante ans d’actions et plusieurs centaines d’actions, l’ARB Armée Républicaine, puis Révolutionnaire Bretonne s’en est prise à des dizaines de cibles.
Parmi celles-ci, sont toujours privilégiées les représentations du pouvoir central.
Ont été ciblé, des gendarmeries et autres installations militaires, représentant pour les activistes bretons « l’armée d’occupation étrangère et coloniale ». Puis des perceptions, préfectures, bureaux EDF, hôtels des impôts, cités administratives, bâtiment des douanes, rectorats d’académie, palais de justice …
Également visés les entreprises, fussent elles bretonnes, ayant « collaborées » à la « destruction » de la Bretagne », comme celles qui participèrent au remembrement, aux marées noires, à la tentative d’installation d’une centrale nucléaire en Cap Sizun.

Le Front de Libération demain ?

Le Front de Libération de la Bretagne se fait plus discret depuis plusieurs années.
L’avenir sera sans doute à sa disparition si le pouvoir central accorde à la Bretagne l’autonomie souhaitée par un nombre croissant de Bretonnes et de Bretons. Également s’il considère mieux notre langue originelle, et le peuple breton dans son ensemble.
Si ce n’est pas le cas, il est fort à parier que des actions radicales reprendront de la part d’activistes bretons, sous la « marque » Front de Libération de la Bretagne, ou sous d’autres identités.

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