le Breton son pire ennemi, diviser pour régner

Le Breton son pire ennemi ?

de Thierry GUERIN

Le Breton son pire ennemi ? J’en ai parfois l’impression !

Le Breton son pire ennemi.
Nous le devenons certainement parfois même à notre insu, par nos positions, nos commentaires dans la rue ou sur les réseaux sociaux où certains céderaient au plaisir d’exposer sa vérité au détriment de l’écoute qu’il pourrait en amont adresser à l’autre. Cela ne serait toutefois pas un mal spécifiquement breton.
Le sociologue Gérard PREMEL, Parisien mais d’origine bretonne put cependant déclarer une chose qui put m’interpeller: « Si les Bretons ne sont pas racistes, c’est parce qu’ils épuisent leur racisme entre eux ! ».

Le Breton son pire ennemi
Le Breton est-il son pire ennemi ? Gérard Premel

Il est vrai que si la Bretagne est régulièrement perçu comme une terre de tolérance, nous avons pu tous entendre à bien des occasions, des paroles qui nous divisent.

Certains vont ainsi se plaire systématiquement à opposer la Haute-Bretagne à la Basse-Bretagne, la langue bretonne au gallo, ou encore à renvoyer les Léonards ou Bigoudens à quelques qualificatifs peu flatteurs.
D’autres Morbihannais par exemple, aimeront s’opposer aux Finistériens ou inversement reprenant presque l’idée que toujours plus à l’ouest, la civilisation est moindre. Certains iront même jusqu’à dire que Nantes / Naoned et Rennes / Roazhon seraient évidemment moins bretonnes que Brest ou Kemper. Et que d’ailleurs ne seraient Bretons, que ceux qui vivent là où eux-mêmes vivent finalement. Et par cela ils réduiraient avec plaisir la Bretagne par ces quelques mots, soudainement à peu, à une ville, voire même pourquoi pas à un quartier.

Bretagne Occidentale et Bretagne Orientale
Bretagne Occidentale et Bretagne Orientale doivent sans délai remplacer les désuets Basse et Haute Bretagne imposées par le pouvoir central

Évidemment certaines de ces choses ne sont souvent dites que sous la forme de boutades, mais n’engendrent-elles pas quelques conséquences quand même?

Ces inepties viennent fragiliser la Bretagne en réalité.
Chacun par de tels mots poserait une réduction de ce que serait être breton et par conséquence une exclusion de tous les autres. Toutes ces boutades sont alors repris et à force de répétitions, au point de devenir de véritables croyances, comme autant de balles que l’on se tirerait volontiers dans le pied.

Cet aspect de nos comportements me paraît en réalité inquiétant, surtout à notre époque qui pourrait se singulariser par un véritable marché des identités. Tout le monde pouvant se revendiquer être ce qu’il veut et tout le monde dans un esprit de mondialisation pouvant s’approprier un vecteur d’une autre culture. Ma crainte serait , de plus finalement, que nous devenions à nos dépens de véritables perroquets de choses qu’on nous aurait appris à dire alors que cela viendrait en réponse non pas aux intérêts bretons mais finalement à des intérêts extérieurs.

La Bretagne a toujours été un ensemble composée de la Haute et de la Basse Bretagne.

Ses frontières historiques ont plutôt toujours été stables depuis des siècles jusqu’à la pierre de Bretagne à Ingrandes. Son visage avec cette gueule ouverte s’enfonçant vers la mer a donc toujours été le même. La Bretagne par conséquent et du fait de son Histoire en opposition avec l’hégémonie française, a toujours été à la fois bretonnante, gallésante et francophone.
Sans que cela n’ait jamais engendré dans l’Histoire, comme le rappelle Ronan LE COADIC, de conflit linguistique à l’instar par exemple de la Belgique. Et je trouverais ridicule que l’on puisse imaginer que la survie des langues minoritaires devraient se faire les unes contre les autres. L’union de tous dans une lutte commune serait une option bien plus judicieuse.

Ronan Le Coadic
Ronan Le Coadic

Pourquoi alors nous réserver à nous-mêmes l’expression d’une intolérance?

Nos anciens mais comme aussi ceux de Corse et de toutes autres contrées de peuples rabaissés et soumis à la dévalorisation culturelle ont connu la honte de soi. Après avoir su nous soigner de cette tare qui nous avait été elle-aussi si bien enseignée, intégrée dans nos esprits, aurions-nous encore à guérir maintenant de cette intolérance, et à travers elle, de ce report de la dévalorisation de soi que nous pourrions projeter désormais à nos propres semblables qu’il soit de Fougères / Felger, de Clisson / Klison ou de Camaret / Kameled?

Être Breton prend immanquablement des formes diverses puisque la France et l’Histoire l’ont voulu ainsi en détournant tous les Bretons de leur identité avec plus ou moins de succès.

Trop à mon goût.
Nous serions donc TOUS finalement, et malheureusement condamnés à redécouvrir quelque chose de notre culture.
Ainsi aujourd’hui, être Breton ne peut pas se définir uniquement par le fait de parler breton et de vivre en Bretagne. La réalité est multiple. Nous pouvons être Breton et ne parler (malheureusement) que français, nous pouvons être Breton même en s’ignorant, même en méconnaissant notre Histoire et notre culture… Puisque tout cet ensemble identitaire nous fut interdit du fait d’une transmission transgénérationnelle rompue. Cette dernière nous condamne par conséquent tous, à renouer, aux yeux de certains, artificiellement, avec nos langues et nos traditions.
Mais comment faire autrement?

L’intolérance que nous manifesterions envers nous-mêmes est un mal profond et grave.

Les personnes non bretonnes entendent nos rejets et sourient ensuite devant nos revendications ainsi fragilisées.
Peut-être est-elle aussi l’empreinte de nos ancestrales pensées de clans? Il est vrai qu’en Bretagne, nous pensons encore en lien avec des pays historiques, les pagi alors qu’en bien d’autres endroits en France, ils ont été oubliés depuis bien longtemps. Mais c’est à cause de désunions entre clans que l’Angleterre put mettre la main sur l’Écosse et c’est certainement aussi cela qui a compromis la grandeur de la Bretagne dans son histoire face à la France. Faudrait-il que nous permettions que ce piège sévisse encore et éternellement?

provinces historiques de Bretagne
Les provinces historiques et les pays traditionnels de Bretagne – Source : GeoBreizh.bzh

Notre intolérance reprendrait alors à son compte les discours fabriqués par la France, elle-même.

Dans une logique d’identification à l’agresseur, nous partagerions le poison qu’elle nous inculqua.
La France a défini que la Loire-Atlantique ne serait pas bretonne, annulant une identité bretonne à toute une population et effaçant des siècles d’Histoire. Et certains, dans le même élan, trouvent convenable de dire qu’il est ridicule pour un Nantais d’apprendre le breton dans la mesure où à Nantes / Naoned, le breton n’y aurait jamais été parlé.
Mais à quel projet répondent-ils en disant cela?

Régulièrement, nous pouvons entendre que les nationalistes dans un projet de réinvention, ont fabriqué une pseudo culture avec les bagadoù qui n’existaient même pas avant le début du XX ème siècle, avec la langue bretonne elle-même qui ne serait plus vraiment ce qu’elle était dans le passé, etc…

A chaque fois donc il y a quelqu’un pour nous faire un commentaire sur notre inadéquation voire le ridicule à se dire Breton comme pour faire croire d’une sorte de falsification des réalités historiques.
Et si cela était l’inverse, une langue, une culture qui évoluent, cela ne serait-ce pas la preuve qu’elles sont vivantes?
Tant de choses sont déjà présentes pour semer le doute dans nos esprits et ainsi nous diviser.
Devrions-nous en plus nous prouver entre nous la sincérité de notre identité?

Nous n’avons pas à justifier de l’attachement que nous ressentons pour la Bretagne.

A force de déchirures géographiques (partition de la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne) ou mêmes linguistiques (francisation des noms de famille ou de lieux) seul ceux qui présenteraient encore un nom à consonance clairement celtique n’auraient à ce titre, pas à subir toutes ces remarques. Mais cela réduirait encore la population bretonne de manière inappropriée et notre identité pour sa part, à de ridicules miettes ou confettis. Non, il serait plus adapté que tous les Bretons accueillent avec bienveillance ceux qui se sentent également de la même qualité. Sans quoi, nous ferions l’œuvre de tout ceux qui ont voulu écarter les populations de leur bretonnité. Je pense ici à tous ceux qui ont vu par les services d’état civil, leur nom être francisé ou vu leur département éloigné de ses origines.

Par nos mots et nos divisions, prendrions-nous le risque de nier l’injustice subie de tous ceux qui furent victimes d’une politique culturicide et donc de donner raison à une volonté française de faire prospérer son hégémonie à partir de notre ignorance?
Suffirait-il donc qu’un état vole les papiers d’identité d’une personne pour que sa famille elle-même oublie à son tour, qui il était?
Et nous sommes cette famille là.

Bretagne ignore son vrai pouvoir
La Bretagne ignore son vrai pouvoir – Illustration Yes Breizh

Notre intolérance envers nous-mêmes, notre capacité à rejeter notre semblable pourraient à ce titre être la conséquence de beaucoup de choses, elle rassure peut-être ceux qui en ont recours mais corrigeons cela absolument car c’est un poison en réalité. Nous n’avons régulièrement aucune peine à réagir collectivement, et pour le coup en Bretons, lorsque nous nous rebellons (révolte des pêcheurs, des Bonnets Rouges, manifestation contre la marée noire d’Erika ou du Prestige, etc…) alors nous devrions pouvoir nous unir autour de la Bretagne et de sa cause si nous l’aimons.

La Bretagne d’aujourd’hui et surtout celle de demain ne pourra être que l’addition de la basse et de la haute Bretagne, l’addition du gallo, du breton et même, du fait d’un certain principe de réalité, du français, l’addition de ses 5 départements historiques, l’addition de ceux qui connaissent l’Histoire et la culture bretonne et de ceux qui ne la connaissent pas, l’addition de ceux pour qui elle est importante et de ceux mêmes qui la négligent. La Bretagne de demain sera le résultat de ce qu’en nous feront tous.

Et même si l’idée d’autonomie devait déplaire à certains, si ce moyen pour sauver notre culture et notre identité collective ne devait pas être choisi, alors il nous restera encore la charge et l’obligation, de définir ensemble la manière par laquelle nous pouvons la sauver.
Car l’option ne peut pas être de ne rien faire et de ne rien décider.
Être Breton tiendrait donc davantage d’une obligation collective que d’une qualité individuelle.
A nous de changer ce qui se doit et surtout de guérir pleinement du mal qui nous fut fait.
En guérissant d’une honte de soi à partir des années 1970 nous avons franchi une étape mais peut-être seulement une seule.

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13 commentaires

Anne Merrien 16 janvier 2024 - 17h04

Je me suis aperçue qu’il y a une opposition entre la défense de la langue bretonne et la Réunification de la Bretagne. C’est une opposition que je ne soupçonnais pas, les deux revendications allant a priori de pair.
1. L’amputation de la Bretagne permet de diminuer le nombre de gallésants par rapport au nombre de brittophones (les gallésants de la Loire-Atlantique n’étant pas comptabilisés).
2. J’ai le sentiment que si Grosvalet a pu tellement facilement jeter la pétition des 100 000 à la poubelle (en en rejetant la responsabilité exclusive sur l’Etat, c’est si commode de croire ça), c’est en raison de compensations négociées au niveau de la culture bretonne. Ainsi les promoteurs de la langue bretonne en Loire-Atlantique détournent à leur profit le sentiment breton bafoué des habitants du 44 (qui ne s’intéressent pas forcément à la culture bretonne, mais qui veulent être reconnus comme Bretons). Or un panneau bilingue ou un bagad en représentation ne fait pas avancer d’un iota la Réunification, il nous prépare même au grand ouest (ou comment gérer la culture bretonne dans le grand ouest, comme on peut le faire déjà dans les PDL).

Je précise que je n’ai rien contre la langue bretonne. Brezhoneg a blij din, hep ket a var.

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cosquer 19 janvier 2024 - 14h18

Me Merrien, c’est votre avis uniquement… Vous connaissez l’article de Bertrand Luçon  » on a parlait breton en Pays Nantais » avec une toponymie bretonne extrêmement importante. Preuves qu’il apporte à son travail de linguiste même si il n’exerce pas ce métier, il y a été formé. Il est donc naturel que la sauvegarde du breton s’exerce aussi en pays nantais. Je préfère penser que vous êtes dépitée à un point que vous confondez les opposants à la réunification et les militants de la langue bretonne. Par ailleurs un Pays Nantais devenu bilingue serait un obstacle naturel au grand ouest.

Par ailleurs Mr Guerin, quand vous écrivez, »Il est vrai qu’en Bretagne, nous pensons encore en lien avec des pays historiques, les pagi alors qu’en bien d’autres endroits en France, ils ont été oubliés depuis bien longtemps. » hé bien, je pense exactement le contraire… D’une part il y a effectivement un logique de clan en Bretagne mais les pays sont aujourd’hui encore une réalité parce que cela fonctionne et que chacun d’entre eux y trouve sa place… Une connaissance minime de ces Pays et il est alors assez facile de savoir de quel lieu on parle. Ils sont historiques et véhicule chacun des spécificités qui enrichissent considérablement la culture globale de la Bretagne. Ne serait-ce que les habits qui sont une réelle forme d’expression et qui permettaient ne serait-ce que dans les pardons de savoir à qui on avait à faire. Je suis bigouden et je n’apprécie pas que la coiffe du Pays Bigouden serve de symbole à la Bretagne tout simplement parce qu’il y a probablement autant de coiffe que de Pays Bretons. Cette construction commerciale de l’entreprise à « l’aise Breizh » me fait penser à la logique globalisante et d’assimilation mener généralement par l’Etat Français. Quand on se sent Breton, je crois qu’il y a des fondamentaux à respecter afin de dégager une logique commune justement sans tomber dans la logique de nos voisins.
Pour le reste je suis assez d’accord avec vous

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guerin 19 janvier 2024 - 14h39

Merci pour votre commentaire. En vérité , je ne suis pas bien sûr de comprendre la différence de point de vue que vous vouliez souligner entre vous et moi. Le fait que nous puissions fonctionner encore en clans, que nous puissions nous référer encore, et peut-être malgré tout trop peu en lien avec des pays historiques, me convient parfaitement. Je pense que toutes les spécificités culturelles bretonnes sont à sauvegarder. Défendre une identité bretonne ne doit pas se faire à l’aide d’ « image d’épinal » telle que la crèpe, le biniou, la coiffe bigoudène à l’instar du français avec sa baguette, son accordeon et son saucisson Tout comme vous, je me méfie des raccourcis inévitables mais souvent terriblement trompeurs et écrasants. Je pense qu’il appartient à chaque breton de prendre conscience de sa culture et de démontrer sa profondeur, sa richesse., de savoir accepter la diversité formidable de ce que veut dire être breton, tout en sachant se rallier collectivement à la question de la bretagne. Je pense que nous serons d’accord avec tout cela.

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Anne Merrien 19 janvier 2024 - 19h32

Je n’ai pas dit que la langue bretonne est une langue étrangère dans le pays nantais. Je constate seulement qu’on a demandé à 100 000 personnes de signer une pétition en faveur d’un vote consultatif au sujet de la Réunification et que cette pétition a été abandonnée en rase campagne, sous un motif fallacieux (un vrai référendum est constitutionnellement impossible) et que par la suite, il y a eu quelques avancées dans le domaine de la culture bretonne, notamment à Nantes. Comme si les gens qui se revendiquent Bretons en Loire-Atlantique pour des raisons historiques et géographiques comptaient moins que ceux qui maîtrisent tel ou tel aspect de la culture bretonne. Certes, rendre visible la culture bretonne pourrait être un marqueur contre le roman régional des PDL (même si le concept de la diversité culturelle laisserait entendre que cette culture serait exogène, c’est-à-dire venue de la B4) mais le danger à présent, c’est le grand ouest. Si la langue bretonne n’est pas un obstacle au grand ouest dans le pays Bigouden, je ne vois pas comment elle serait un obstacle à Nantes. Au lieu de se laisser endormir par des subventions pour la langue ou la musique bretonne, il aurait mieux valu crier au scandale quand Grosvalet n’a pas inscrit la pétition dans l’ordre du jour du CD 44.

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cosquer 20 janvier 2024 - 23h19

Mr Guerin selon votre retour je pense que j’aurais mal compris le passage sur les pays bretons…Je suis donc d’accord avec vous sur l’ensemble de votre écrit
Anne Merien, vous écrivez: « et que par la suite, il y a eu quelques avancées dans le domaine de la culture bretonne, notamment à Nantes. Comme si les gens qui se revendiquent Bretons en Loire-Atlantique pour des raisons historiques et géographiques comptaient moins que ceux qui maîtrisent tel ou tel aspect de la culture bretonne. » En ce cas accusez ceux qui en sont responsables , j’imagine qu’il s’agit par exemple de la Mairie de Nantes… Je ne vois pas de Bretonnants souhaitant Nantes en Bretagne et faisant en sorte que cela n’arrive pas… Les gens auxquels vous pensez sont probablement des Républicains ( il est temps d’ailleurs de relever le mensonge général de cette République qui prétend faire le bonheur d’une caste parisienne au détriment des cultures des anciennes Provinces … même remarque pour les anciennes colonies qui viennent d’acter le rejet définitif de l’influence de cette république sur leurs terres… C’est inédit et je pense que c’est le sens de l’histoire. On n’a jamais rien construit sur du mensonge et c’est valable en Bretagne)
Par ailleurs, je vous l’ai déjà fait remarquer, vous arrêtez votre réflexion au mur du jacobinisme dans lesquels vous vous trouvez. La liberté commence déjà dans sa tête et vous n’êtes pas libre de ce point de vue là…Comme un nombre incalculable de Breton qui n’imaginent pas que la vie existe en dehors de la République française ou de l’influence occidentale ce qui est la même chose quand on y ajoute la sauce anglo-saxone.
Ha hend-all on plijet kaer gant ho toare pennek da reiñ an dud da gompren n’eo ket echu afer Bro Naoned…Arabat disoñjal! Gwir eo!
A-benn ho frealziñ un tammig bihan e c’hallan lâr deoc’h am boa savet ur goulennadeg er Vro Vigoudenn e 2014/15 pa voe ar poent adunvaniñ Breizh. 63% eus an dud, du-mañ, a oa a-du gant distro Bro Naoned e Breizh… Ne oa ket fall!

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Anne Merrien 21 janvier 2024 - 0h13

Les lois de cette république (en grande partie sous pression européenne) permettent au CD 44 de consulter son électorat au sujet de la Réunification (depuis 2005 !) et on fait comme si cela n’existait pas. Il y a de quoi se poser des questions.
Prendre Grosvalet au mot, accorder du crédit à la fable du référendum décisionnaire organisable par l’Etat : avec des amis comme ça, la pétition des 100 000 n’avait pas besoin d’ennemis.

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cosquer 21 janvier 2024 - 17h14

La République ne subit pas l’Europe puisqu’elle fait partie des décisionnaires par ses commissaires européens non élus et donc fonctionnaires ( cf l’histoire du Minority Safe Pack voté positivement à près de 70% (de mémoire) et refuser par les fonctionnaires de l’Europe dont les fonctionnaires français en têtes, vous l’imaginez facilement; il ne faut pas aller chercher plus loin. En réalité, il n’y a rien à attendre de ces gens là… La République française n’a jamais été en faveur des anciennes provinces et ne le sera jamais, sauf à changer littéralement le logiciel de pensée. selon moi, cela est impossible, ils fonctionnent comme une secte. C’est la raison pour laquelle je répète à qui veut l’entendre qu’il est urgent de préparer l’autonomie Bretonne (au moins pour sauver notre identité et probablement notre économie là aussi cela peut-être un aspirateur pour le Pays de Nantes car je pense que l’occident dans sa façon de vivre est bien mal outillé pour l’avenir) d’où l’importance de penser Breton! Cela commence par là selon moi.

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Anne Merrien 21 janvier 2024 - 23h13

L’Europe ne réunifiera pas la Bretagne par une décision venue d’en haut. La Réunification ne peut venir que de la base. Encore faudrait-il que le CD 44 laisse les citoyens de la Loire-Atlantique s’exprimer ! C’est possible depuis 2005, mais même du côté des partisans de la Réunification, associations, partis, élus, journalistes ne prennent pas la peine d’étudier la législation. On s’en remet à la Providence, alors que la pétition des 100 000 aurait pu être lancée dès 2005, donc AVANT la réforme territoriale de 2015.
L’autonomie de la B4 ne me fait pas rêver : nos élus raisonnent comme des Parisiens, ils tournent le dos à la mer et ne rêvent que du grand ouest.
Le boulet n’est vraiment pas passé très loin en 2015, mais bizarrement en B4 on ne mesure pas du tout le danger imminent du grand ouest. Si l’Alsace a sombré dans le grand est, l’égalitarisme républicain nous fera sombrer dans le grand ouest à la première occasion.

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Anne Merrien 23 janvier 2024 - 13h22

A mon avis, la Réunification, c’est plus mobilisateur que l’autonomie. C’est plus facile à comprendre : une simple carte suffit. Le problème, c’est comment y parvenir. Tant qu’on fera l’impasse sur la législation, on ne risque pas d’y arriver.
L’autonomie, c’est un problème technocratique qui concerne une multitude de domaines. L’Etat central accorde un jour telle compétence ou tel financement et peut tout remettre en cause du jour au lendemain. L’autonomie, ce serait surtout intéressant dans le domaine éducatif (enseigner l’Histoire de la Bretagne, promouvoir la langue bretonne ou le gallo) mais je pense que c’est le dernier truc que l’Etat cèderait.

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guerin 25 janvier 2024 - 11h45

Anne MERRIEN, je souhaiterais aussi la réunification que l’autonomie. Après je comprends votre logique que vous placez principalement sur le plan politique. Pour ma part, je place mon questionnement sur un plan plus collectif et par cela, je me questionne sur la manière par laquelle la population bretonne pourrait aussi trouver du sens à demander, exiger, à la fois la réunification et l’autonomie, en prenant l’une ou l’autre des questions dans l’ordre qu’elle l’entendrait. Ma posture serait déjà que nous tous, les Bretons nous puissions partager le sens à ce que la Loire-atlantique reprenne sa place historique en Bretagne et que nous puissions par la même façon comprendre que nous ne pouvons pas affirmer un réel attachement à notre culture tout en la confiant à d’autres (l’état français) qui ne souhaitent pas réellement la conserver. Sans avoir besoin d’être un indépendantiste politiquement acharné, je ne vois pas comment régler cette contradiction sans passer par l’acquis d’une autonomie pour la Bretagne. Dans les deux cas, autonomie et réunification, il me parait essentiel au préalable que chacun puisse prendre conscience de ce qu’il est en tant que Breton dans sa particularité culturelle et malgré une époque qui tendrait surtout à l’uniformisation voire implicitement à la domination culturelle. Merci.

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Anne Merrien 26 janvier 2024 - 17h09

Je ne me place pas sur le plan politique, mais sur le plan juridique. La politique, c’est mentir. La politique, c’est émettre un voeu, alors qu’on peut faire une demande officielle. La politique, c’est demander un vrai référendum, alors que la Constitution ne permet qu’un vote consultatif. La politique, c’est demander au Président de la République d’organiser un vote en Loire-Atlantique, alors que c’est de la compétence du Conseil départemental (depuis 2005).

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pcosquer 28 janvier 2024 - 22h43

Anne MERIEN
Je tiens un papier officiel d’un tribunal administratif qui affirme dans une réponse qui m’a été faite que la France si elle « accueille » les droits de l’ homme ne les a pas tous ratifiés… Qui sait cela en France quand les pauvres Français croient encore que leur pays est un modèle pour tous les autres? Qu’en pensez-vous, quand vous dites vous placer du côté de la justice? Vous rêver! Il n’y a pas de réelle justice en France… La France n’est pas le pays des droits de l’homme, elle ne l’a jamais été et ne le sera probablement jamais.
L’autonomie renforcerait nettement la Bretagne sur le plan international… J’ ajoute que l’ONU est aux mains des Américains biens servis par les Français et les Anglais: l’intérêt de ces gens là et surtout de ne pas voir des peuples sans états recouvrer leurs droits ce serait chaque fois un mauvais coup pour leur société occidentale d’uniformisation et d’aliénation. Le basculement du monde actuelle peut remettre les pendules à l’heure en matière de droit international… d’ici quelques années. Si c’était le cas, il se pourrait bien que la chance change de camp.

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Anne Merrien 29 janvier 2024 - 0h17

En toute autonomie, le CD 44 peut organiser un vote consultatif au sujet de la Réunification. Ce dont il ne veut pas entendre parler. La pétition des 100 000 n’a même pas été inscrite dans l’ordre du jour, ce qui semblait pourtant une obligation légale, sinon pourquoi se fatiguer à rassembler 100 000 signatures (10 % de l’électorat) ? L’affaire est en appel devant le tribunal administratif… Ce qui manque, c’est une pression médiatique pour appliquer la loi. L’ennui, c’est que quasiment tout le monde a abandonné cette malheureuse pétition. Peur de perdre les subventions du CD 44, peur de perdre cette consultation si elle était organisée. Il n’existe pourtant aucun autre moyen pour réunifier la Bretagne.

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