En Bretagne, nous voulons un véritable Ministère de la Mer

En Bretagne, nous voulons un véritable Ministère de la Mer

Il n’y a eu de Ministère de la Mer à Paris que deux fois.

D’abord ce fut du 22 Mai 1981 au 22 Mars 1983, avec le socialiste breton Louis Le Pensec. Puis du 10 Mai 1988 au 15 Mai 1991. Période durant laquelle se succédèrent deux ministres : le même Louis Le Pensec durant à peine deux mois, puis le Boulonnais Jacques Mellick durant trois années.
D’autres personnes ont été en charge des affaires maritimes, mais ce furent au mieux des Secrétaires d’État, et surtout des portions congrues dans des ministères multi-fonctions. Ainsi, exista un Ministère de l’Équipement, des Transports, du Tourisme et … de la Mer.

La force centripète d’un état trop central.

Depuis au moins Louis XIV (1638-1715), le Royaume de France fonctionne de la même manière. Il y a un centre, Paris, et tout le reste autour subit sa force centripète. Comme en permanence aspiré vers le centre où tout ce qui est important doit converger. Et où tout doit être décidé et imposé aux « provinces« .
Globalement, avant ce Roi despote, la Bretagne était essentiellement une nation maritime. Comme elle l’était depuis la nuit des temps. Comment ne pas l’être quand vous disposez de quelques 2700 kilomètres de côtes ? Quand trois de vos quatre façades sont maritimes ?
A cette époque, pour le Roi et sa cour, les mers n’avaient qu’un intérêt stratégique et militaire. Alors qu’en Bretagne, c’était un élément vital du quotidien des populations.

Trois siècles plus tard …

Nous en sommes à peu près au même stade.
Les côtes et la mer sont devenues des terrains de jeu, en plus d’être déjà des terrains de guerre.
On l’a encore bien vu il y a quelques semaines, avec cette interdiction dictée par Paris de fréquenter nos plages en Bretagne. Paris ignore la mer. Pour la Bretagne, c’est l’élément vital.
Cette Mer Celtique (cachez-moi ce nom que je ne saurais voir !) et ce Channel (Mor Breizh en breton – Mer de Bretagne) constituent l’essence même de la Bretagne. C’est cette immense masse liquide qui commande notre climat, de fait façonne nos paysages, endurcit notre tempérament. Également elle qui nous a durant toute notre Histoire ouvert sur le monde, permit de commercer et d’être durant plusieurs siècles une des nations européennes parmi les plus riches.

frontière terrestre,

2700 kilomètres d’ouverture maritime et dix fois moins de frontière terrestre pour la Bretagne

Nous voulons ce véritable Ministère de la Mer.

Pas un secrétariat d’état. Encore moins un strapontin dans un ministère fourre-tout.
Quand un pays possède le second plus vaste espace maritime du monde, il ne peut pas de pas disposer d’un puissant Ministère de la Mer. Les océans gèrent nos climats, les courants façonnent nos côtes, le monde change … et Paris regarde ailleurs.
Cette fois encore, dans le prochain remaniement ministériel qui se prépare au palais, nous n’aurons sans doute toujours pas de grand Ministère de la Mer. Et la Bretagne sera, à nouveau, oubliée. Paris va continuer à nous tourner le dos, préoccupé par lui-même et son est.

Prendre en mains notre destin …

L’océan Atlantique qui nous baigne et nous met au centre du monde doit re-devenir notre principal atout en Bretagne. Et l’Hexagone tout entier aurait intérêt à reconsidérer cette vision, pour sa propre santé.
Si Paris décide, lors de ce prochain remaniement ministériel, d’ignorer ce fait, prenons alors les mesures qui s’imposent.
Ce sera alors à Nous-Mêmes d’organiser ce nouvel avenir maritime que le pouvoir central nous a ôté il y a trois siècles.
Et cela passe par un mot, un seul : AU-TO-NO-MIE !

Rappelez-vous !

La Bretagne est à l’entrée du plus important couloir maritime du monde.
C’est également la Bretagne qui possède le plus vaste champ d’algues d’Europe et le dixième du monde.
Un pays qui touche à la mer n’est jamais un petit pays.

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Lire aussi.

La Bretagne à l’entrée du premier couloir maritime du monde.

Brittany Ferries, la compagnie maritime interceltique

Brexit anglais et Bretagne oubliée par Bruxelles et Paris

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Á propos de l'Auteur

Rémy PENNEG
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"Essayer ou ne rien faire". Quand on aime la Bretagne corps et âme, à un moment, il faut essayer d'agir et de créer pour participer, même très modestement, à son rayonnement et à son avenir. Avec l'aide avisée d'une poignée de volontaires, nous créons NHU Bretagne.

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1 Comment

  1. Penn kalet
    juillet 02, 19:15 Reply

    Bon article et merci d’avoir précisé que le centralisme et l’hégémonie francilienne ne datent pas de 1789 ,comme le répètent à tort un certain nombre de militants bretons qui font sans doute malgré eux ? le jeu des nostalgiques de l’ancien régime français qui d’ailleurs pour bon nombre d’entre eux seraient aussi centralisateurs que la classe politique française républicaine .L’histoire de la révolution de 1789 ,qui a débutée en Bretagne dès 1788 avec l’histoire du parlement est vraiment trop complexe pour être caricaturée de manière simpliste .Pour exemple Georges Cadoudal chef de la chouannerie était un défenseur de la cause du peuple contre une certaine aristocratie qui refusait toute démocratisation du parlement Breton .lien ci-dessous .
    https://www.geo.fr/histoire/la-revolution-francaise-en-bretagne-1789-quand-les-patriotes-se-souleverent-198504

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