Libertés bretonnes

Que faisons-nous de nos libertés bretonnes ?

de Yvon OLLIVIER
Publié le Dernière mise à jour le

Que faisons-nous de nos libertés bretonnes ?

Une fête des libertés bretonnes, qui se déroulera très bientôt, incite à réfléchir au sens que nous leur donnons.

⚠️ DIWALL / ATTENTION – TRIBUNE
Ce texte est une tribune signée par Yvon Ollivier. Il exprime une opinion personnelle dans le cadre du débat sur les dynamiques sociales, culturelles et politiques en Bretagne. Sa publication sur NHU Bretagne s’inscrit dans une volonté d’ouvrir le dialogue, de confronter les points de vue et de nourrir une réflexion collective sur l’avenir de la Bretagne.

l’Etat français et les forces du système considèrent qu’elles sont inexistantes, et il n’y a là rien de très étonnant. Mais le plus grave est de loin ce que nous en faisons, nous Bretons, de nos libertés.

Les Succès électoraux du SNP Scottish National Party écossais et du Plaid Cymru gallois viennent nous rappeler que, si nous avons déjà gagné la bataille culturelle, nous n’avons pas encore remporté la bataille politique.

L’autonomie est dans toutes les têtes aujourd’hui en Bretagne, de la gauche à la droite.
Il faut s’appeler Mael de Calan pour préférer vivre sous tutelle. C’est certes le constat de l’effondrement de l’État français, qui dans sa fonction thaumaturge, n’en a plus pour très longtemps, mais c’est encore la récompense du gros travail que nous, militants bretons, avons fourni depuis des années.
Et personne ne doit tirer la couverture à lui.

Que faisons nous de cette victoire culturelle ? 

C’est la véritable question que nous devons nous poser.

Allons-nous vendre le concept d’autonomie et nos libertés bretonnes aux forces du système, c’est-à-dire au Parti Socialiste de Chesnais-Girard ?

Nous sentons les manœuvres de ceux qui espèrent au nom de l’union de la gauche un poste au chaud dans une alliance avec les forces du système. Il s’agirait encore de s’opposer ainsi au Rassemblement National … On trouve toujours une bonne raison pour vendre ses libertés.
Chesnais-Girard a besoin de cette image bretonne pour se maintenir au pouvoir.

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Loïg Chesnais-Girard, jacobin modéré

Mais regardons le système jacobin s’effondrer sous nos yeux pour des raisons morales et financières.

La charge récente de Blanquer n’est que le cri de la bête qui meurt et se raidit.

Chesnais-Girard est le candidat du système PS, même s’il cherche une image plus porteuse avec son souffle qui n’a rien de breton. Mais il a fait quoi depuis huit années sinon maintenir le système jacobin, entériner toutes les décisions douloureuses en provenance de Paris pour faire de la Bretagne l’éternelle variable d’ajustement ?

Sur l’autonomie, il n’a fait que suivre un vœu initié par Breizh a gleiz en le désamorçant dans un rapport insipide où le « peuple breton » ne figure même pas. Selon lui, le peuple breton n’existe pas. Il est le premier responsable de l’échec massif de la politique linguistique dont il se désintéresse totalement. Il restreint l’aide aux associations bretonnes, l’ICB et autres.
et suit docilement les décisions parisiennes comme sur les éoliennes, sans réfléchir plus avant. Je ne me souviens pas l’avoir entendu une seule fois hausser le ton vis-à-vis de Paris ou du recteur d’académie.

Resituons-nous dans les années 80.

On espérait beaucoup alors du concept de décentralisation. Nous savons désormais que ce n’était qu’un artifice pour maintenir le système centralisateur. Le concept de décentralisation s’est retrouvé accaparé, dévoyé par les forces du système et rien n’a changé. La réunification de notre territoire n’est toujours pas faite; Hollande, qui vient d’être accueilli comme un prince à Liffré, l’a refusée en 2015; et la décentralisation rime avec l’augmentation des pouvoirs du préfet.

Verrons-nous demain le concept d’autonomie récupéré à son tour et désamorcé par le Parti socialiste de Chesnais-Girard avec l’aide de quelques militants bretons ?

Pourquoi accorder cette légitimité bretonne facile à des gens qui n’expriment que les intérêts du système de pouvoir jacobin ? Pour preuve, à chaque élection, tous les réseaux de pouvoir parisien sont mobilisés pour soutenir le candidat PS

Nos libertés ne sont pas à vendre !

Jamais les Bretonnes et les Bretons feront confiance à ceux qui n’ont pas confiance en eux-mêmes et ne cessent de vendre leurs libertés.

« Celui qui voit dans la liberté autre chose qu’elle-même, est fait pour servir » disait Tocqueville en son temps.
Nous en sommes là.
Nous avons une tradition ancrée depuis si longtemps en Bretagne et qui consiste à jouer les éternels supplétifs. Ce fut le cas vis-à-vis de Rome.

A quel point avons-nous déchu ? 

De peuple jadis si fier sur sa propre terre, nous sommes devenus une clientèle parmi d’autre pour le PS en Bretagne, et même pas la clientèle privilégiée. Beaucoup d’entre nous vivent au présent et ont totalement perdu la profondeur historique de ce que nous sommes.

Plus que jamais, chérissons nos libertés que l’on a confondues faussement avec des privilèges en 1789.
Nous devons d’autant plus les chérir que nous en avons perdu l’usage.  

Cessons de vendre ce dont nous n’avons même plus usage et ayons confiance en nous car nous ne sommes pas plus mauvais que les Gallois et les Ecossais.

Surtout, regardons le système s’effondrer !

Le système de pouvoir centralisateur est passé maître dans l’art de faire de ses victimes ses meilleurs défenseurs.
Dit autrement, c’est nous qui le maintenons à flot, en jouant le jeu d’une démocratie locale de plus en plus dérisoire, en acceptant toutes ces coupes dans les budgets au point de ne plus pouvoir agir.
Le pouvoir parisien se recentre sur la capitale et les dépenses de grandeurs.
On en est réduit à quémander au roi d’Angleterre la réparation du toit d’une Eglise à Ouessant / Enez Eusa!  Ce système de pouvoir ne repose plus que sur l’endettement progressif.
A terme, il est condamné.

L’autre argument massue employé par ceux qui s’emploient à vendre nos libertés, c’est la nécessité de lutter contre l’extrême droite.

extrême jacobins Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean Luc Mélenchon
Extrême jacobin français brittophobe – enebour Breizh

C’est entendu ! Nous ne voulons pas du Rassemblement National !

Par son hostilité viscérale à la diversité, c’est la république jacobine qui porte en elle l’accession au Pouvoir du RN, qui n’en est jamais que l’aboutissement autoritaire. En 2012, j’avais souligné cette pente glissante dans le livre « La désunion française ». C’est cet aboutissement logique qui est sur le point de se produire aujourd’hui.

Le RN n’est pas l’alternative au pouvoir macroniste, il en est l’aboutissement naturel.
Et il faudrait soutenir ce système jacobin qui porte en lui le RN comme la nuée porte l’orage ?

La seule véritable alternative au système, c’est nous, les vieilles nations périphériques, les vieux peuples. Ce sont nos identités fortes et assumées qui éloignent du péril de l’extrême droite. C’est ce qui se passe en Écosse et au Pays de Galles.

L’extrême droite prospère sur le vide identitaire.

Les gens ne savent plus ce que c’est que d’être Français aujourd’hui.
Les grandes valeurs républicaines ? Elles sont tellement dévoyées qu’elles ne veulent plus rien dire.
L’assimilation ? Elle est en échec.
Alors la grandeur ? La France ne compte plus.
Celui qui ne sait plus qui il est n’intégrera jamais personne.

En revanche, ce sont nos identités fortes qui nous protègent de la haine et nous donnent la force d’intégrer ceux qui viennent d’ailleurs.

Ceux qui veulent rejoindre les forces du système pour faire barrage au RN ne feront que mieux préparer son accession au pouvoir, tout en donnant la pire image de la démocratie. Les gens ne veulent plus de ces petites combines et autres « cueffades » manigancées par un pouvoir en perte de vitesse.

La seule alternative au système qui s’effondre et à la pente qui le conduit dans les bras du RN, c’est nous, peuple breton.

Alors ne vendons plus nos libertés aux plus offrants ! 
Et travaillons pour l’avenir. Nous avons tout à construire.

Et si la Bretagne largement autonome se dotait d’une fondation Anne de Bretagne, ou d’un fonds souverain, pour ne plus dépendre des quelques pièces jaunes que nous jette de temps en temps le pouvoir central.

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2 commentaires

Anne Merrien 11 mai 2026 - 12h03

Qu’avons-nous fait de la pétition des 100 000 ?
On a permis aux opposants à la Réunification de la réécrire.

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Colette TRUBLET 14 mai 2026 - 18h43

La colère et toutes les excellentes raisons que nous avons de l’être ne permet sans doute pas de réagir avec finesse et perspicacité. Partout en France (et dans le monde), Il y a un mouvement de fond qui propose la décentralisation et le retour à la démocratie de proximité. C’est la pente de l’histoire du moment. C’est une chance à saisir, calmement. si nous obtenons la décentralisation, une 6ème République, le RIC d’initiative citoyenne, nous aurons fait un grand pas. Si nous exigeons tout tout de suite ce sera niet. Et nous y perdrons des plumes. Les autres pays sans état de l’hexagone sont sur la même ligne que nous, en catimini. Sachons aussi que des mouvements de fond se rejoignent pour récupérer des droits démocratiques confisqués par des élus largement impuissants même parmi les mieux intentionnés. On les prend pour des traitres dès qu’ils ont un siège. échec des partis comme l’Udb. P.Molac n’obtient que des miettes. Le Drian, Le Fur et les autres se sont fait avoir . Personne n’a rien obtenu. Faisons fonctionner notre intelligence collective. Agissons finement sans perdre de vue notre objectif. Et dans la perspective de notre réussite, ménageons des voisins avec lesquels nous resterons voisins quoiqu’il arrive. C’est le système et le gouvernement qui sont en cause. Et tout le monde sait désormais que le gouvernement ne veut pas forcément le bien de son peuple, des peuples constitutifs de l’hexagone. C’est le bon moment pour monter dans le train, pas pour le faire dérailler. Sachons ce sur quoi nous sommes d’accord ensemble avant de saborder (comme d’habitude depuis des années) nos projets. Restons capables de prévoir une bonne entente avec nos voisins les plus proches pour les convaincre qu’une Europe des peuples permettra à tous d’exister à l’échelle des continents et du monde. Agir local Penser global n’est pas une mauvaise formule. l’esprit de domination, la colère et la brutalité indisposent tout le monde. le travail de l’intelligence collective, le calme et la détermination sont d’une puissance qui ont fait leurs preuves.

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