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En Bretagne, sommes-nous condamnés à l’immobilisme ?

de Yvon OLLIVIER
4 minutes lire
⚠️ DIWALL / ATTENTION – TRIBUNE
Ce texte est une tribune signée par Yvon Ollivier.
Il exprime une opinion personnelle dans le cadre du débat sur les dynamiques sociales, culturelles et politiques en Bretagne.
Sa publication sur NHU Bretagne s’inscrit dans une volonté d’ouvrir le dialogue, de confronter les points de vue et de nourrir une réflexion collective sur l’avenir de la Bretagne.

Une grande résignation pour la Bretagne

À lire la récente tribune de Bernard Poignant, « Revendications régionalistes : l’art des projets impossibles« , j’ai ressenti une grande résignation pour la Bretagne.

Cette tribune exprime une absence d’espoir, bien loin du slogan socialiste « Changer la vie » d’un certain mois de mai 1981.
Elle traduit le vide de la pensée du système PS qui règne aujourd’hui en Bretagne. Cette formation politique n’aurait donc plus rien à proposer que le maintien des positions dominantes et son opposition à tout projet novateur.
Il serait ainsi impossible de mettre en place un nouveau cadre institutionnel, voire une nouvelle Constitution, qui rééquilibrerait enfin les rapports entre Paris et le reste de la France.

Pour lui, il est inenvisageable d’organiser « la révolution girondine » que d’éminents intellectuels progressistes avaient pourtant déjà pensée tout au long du XIXe siècle (Mistral, Proudhon…) afin d’offrir à ce pays un cadre privilégiant la responsabilité des citoyens, alors que nous nous enfonçons dans une crise financière et politique terrifiante.

Le fédéralisme renforcerait-il encore Paris ?

Les arguments que Bernard Poignant oppose à ce projet ne sont pas crédibles.
« Le fédéralisme ferait la part belle à l’Île-de-France ? »
Au contraire, nous ne pouvons pas être plus écrasés qu’actuellement par une centralité qui ne cesse de progresser. L’excellent journaliste Francis Brochet l’expose très bien dans un ouvrage récent et pertinent, Quand le parisianisme écrase la France (1).
NHU Bretagne a également analysé cette centralisation pathologique autour de Paris.

Mettons enfin un terme au grand mensonge qui consiste à dire que l’État central est au service de l’égalité des Français. L’État central est accaparé par une frange de la population et n’incarne que la domination politique et économique de Paris sur le reste de l’Hexagone.
L’autonomie des régions n’empêche ni la péréquation financière ni les mécanismes de redistribution, comme en Allemagne. Il existe davantage d’égalité outre-Rhin entre les régions qu’au sein de notre République « égalitaire ».

Une idée vraiment impossible ?

Cette tribune de Bernard Poignant n’ouvre aucune perspective « à l’échelle des prochains quinquennats« . Dans un monde en mutation rapide, sommes-nous condamnés à l’immobilisme et au déclin ?
« Fédéralisme et autonomie seraient des projets impossibles portés par les régionalistes » bretons, corses, basques, alsaciens…
Ils constituent pourtant le mode d’organisation naturel des États qui nous entourent : Allemagne, Suisse, Italie, Espagne… D’ailleurs, un récent sondage montre que l’idée fédéraliste progresse désormais dans l’opinion.

Cette idée avance dans les esprits.
Elle rend le pouvoir aux citoyens, qui aspirent à être responsables et à gérer pragmatiquement le destin de la Bretagne.

Ce que la Bretagne pourrait faire avec ses impôts

La région Bretagne administrative ne gère, en 2026, que 2 % de l’impôt des Bretons. Les Länder allemands gèrent 50 % des impôts de leurs ressortissants.

Imaginons un instant ce que nous serions capables de faire avec le produit de nos impôts : interrompre la dégradation des services publics, remettre la santé en état de bon fonctionnement, améliorer l’enseignement, stimuler la recherche en lien avec la Bretagne et mettre en place une véritable politique linguistique. Celle-ci redonnerait un avenir à nos langues et donnerait du sens à l’égalité des chances, qui n’existe plus aujourd’hui. Le constat dressé par NHU Bretagne dans l’autopsie de la politique linguistique en Bretagne montre l’urgence d’un changement profond.

Il y a désormais urgence : la France se défait.
Elle est traversée de multiples fractures. Ce n’est assurément pas d’autoritarisme et de statu quo dont elle a besoin, mais d’ouverture et de confiance pour ne pas se déliter.
Une autonomie réelle de la Bretagne offrirait précisément aux Bretonnes et aux Bretons les moyens de décider et d’agir.

(1) Francis Brochet, Quand le parisianisme écrase la France, Éditions de l’Aube, 2026.

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2 commentaires

Anne Merrien 26 août 2026 - 11h58

Un Etat fédéré de la Bretagne croupion : non merci.
Un Etat fédéré des PDL : quelle horreur !

Répondre
Kreizteiz Breizh 26 août 2026 - 16h35

Poignant c’est le passé ….

Le Ps est en ruine , il subsiste encore en Bretagne dans les villes mais s’efface petit à petit , LFI a pris les affaires en mains …. eux ce sera du suivisme désormais !

Ce sont des Jacobins relais du pouvoir parisien en Bretagne . Ils n’ont jamais défendu le particularisme breton .

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