Pierre Olivier MALHERBE, un globe trotteur breton au XVIe siècle

Pierre Olivier MALHERBE, un globe trotteur breton au XVIe siècle

Pierre Olivier MALHERBE vient tout juste d’avoir douze ans quand il quitte en compagnie de son oncle, Vitré (35) pour se rendre à Saint Malo. Ce voyage court mais  dangereux – la Forêt de Villequartier est alors un coupe gorge – ne dure pas moins de quatre jours. Le jeune garçon ne sait pas encore bien évidemment que ce trajet  n’est que la première étape d’un long périple qui le conduira à parcourir, principalement à pied, le vaste monde.

Pierre Olivier MALHERBE nait à Vitré en 1569.

Il est le fils d’un prospère marchand de ces toiles de chanvre nommées canevas qui  servent entre autre à la fabrication  de la voilure des navires. Le commerce est prospère. Il embarque à Saint Malo pour Sanlúcar de Barrameda, comptoir breton en Andalousie,  entre  Séville et Cadix. Il y résidera pas moins de dix années, apprenant le commerce international et la langue castillane. Ayant obtenu un diplôme d’ingénieur à l’Université de Valladolid,  il embarque en 1592 pour l’Amérique.  Il  se fait désormais appeler Pedro Lopez MALAHIERVA. Un sauf conduit lui a été délivré par l’Université de Salamanque car il est interdit aux étrangers de résider en Nouvelle Espagne.

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Pierre Olivier MALHERBE, Breton et premier grand randonneur à pied.

Pierre Olivier Malherbe parvient au Mexique et y acquiert une mine d’argent.

L’entreprise tourne court car le Vice-Roi Luis de VELASCO prétend avoir été lésé par cette opération commerciale. Son associé ayant été empoisonné,  notre vitréen voyageur  fuit  ventre à terre au Panama. Il y visite ce lieu secret où sont entreposés or et argent en partance pour l’Europe sur les lourds galions de sa Majesté Philippe II (1527-1598). Il gagne ensuite la Bolivie, puis le Pérou. Cet Eldorado où est exploité le minerai argentifère des mines de Potosi. Les filons y sont larges de deux doigts et s’enfoncent de 500 brasses dans les profondeurs de la terre …  C’est par voie maritime qu’il parvient jusqu’en Terre de feu et franchit le Détroit de Magellan. Il traverse le Pacifique et séjourne aux Philippines. Puis parvient en Chine, où il reçu par les notables chinois séduits par ses récits merveilleux.

Devant l’Empereur de Chine.

L’Empereur lui ayant accordé sa protection Pierre Olivier MALHERBE voyage au cœur de ce vaste empire.  Il aurait été ainsi le premier breton à séjourner à Canton. Il quitte bien vite la Chine et explore la Cochinchine, le Siam,  et parvient au Bengale.
Un navire le conduit sur les côtes africaines jusqu’à l’embouchure du fleuve Zambèze, puis, il s’en retourne aux Indes. En 1601,  notre voyageur est reçu par Akbar le Grand Moghol (1542-1605) qui fera sa richesse et lui permettra de visiter son royaume, depuis Agra, jusqu’aux confis du Tibet. Pierre Olivier MALHERBE, en 1605,  quitte à regret sans doute les Indes,  pour gagner la Perse. Une fois encore,  il gagne la confiance du souverain Shah Abbas Ier (1571-1629) qui souhaitant commercer avec l’occident fera de Pierre Olivier MALHERBE son ambassadeur à la cour du Roi Henri IV  (1553- 1610).

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Cour royale et Jésuites

Dix sept années de voyage.

Les étoffes persanes y sont particulièrement prisées. Lorsqu’il parvient au Louvre – il rencontrera à deux reprises le Roi de France – après dix – sept années de voyage, une foule de courtisans et de savants se presse à la cour pour écouter ce personnage qui a tant voyagé et tant vu … Pierre Olivier MALHERBE est  un conteur de grand talent, qui sait sans nul doute, séduire son auditoire.
C’est Pierre BERGERON (1580-1637),  écrivain et géographe,  qui recueillera le récit de ce curieux personnage. A la mort d’Henri IV notre globe trotteur breton s’en retourne en Espagne pour reprendre la commerce et y meurt – mais ceci n’est pas établi – vers 1616.  On prétend qu’il serait  retourné  en Nouvelle Espagne ou bien encore qu’il serait revenu en Bretagne y vivre le reste de son âge …

Bibliographie
Les sept portes du monde, Roger FALIGOT, Plon, 2010, pages 432
Explorateurs et grands voyageurs bretons, Bernard LE NAIL, Les Universels Gisserot, 1998, pages  127Contenu exclusif NHU Bretagne. Reproduction interdite en l’état, même partielle, sur tout autre site internet, des contenus textes et images. Par contre vous pouvez partagez le lien ou nous écrire à redaction@nhu.bzh pour en parler.
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A propos de l'auteur

Stéphane BROUSSE
Stéphane BROUSSE 16 articles

Je ne suis pas un naturaliste au sens strict du terme mais plutôt un raconteur d’histoires naturelles. Mes premières chroniques ont été publiées dans Horizons Nature et Religions et Histoires. Je participe depuis quelques années à la création d’une collection ayant pour sujet la faune en Bretagne aux éditions Yoran Embanner

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