émancipation

Retrouver le sens de l’émancipation en Bretagne !

de Yvon OLLIVIER
Publié le Dernière mise à jour le

En Bretagne, notre émancipation …

Longtemps, je me suis demandé ce qui nous définissait, nous les Bretons, puisque le droit ne nous connaît pas. J’en suis arrivé à la conclusion que ce qui nous définissait encore le mieux était notre volonté farouche de faire communauté, ou de faire peuple si l’on préfère. En effet, la période actuelle marquée par la Covid le démontre. Ce que la Covid nous enlève est tout ce qui fait de nous une communauté.

Je crois pouvoir dire que la Covid nous blesse plus que les autres. Car il nous touche au cœur, dans notre volonté de participation commune à tous ces festivals, à ces fêtes bretonnes, à ces pardons où le peuple se retrouve. L’été breton n’a pas eu lieu cet été. Et que dire des Festoù-noz où les mains d’ordinaire se touchent et qui n’ont plus l’air de grand-chose, sans le moindre contact ou par l’entremise d’un cintre ? Ce qui nous singularise dans l’ordre français est cette soif de construire ensemble l’avenir, de vivre notre culture via de multiples associations, ce que les autres nous envient.

Pour un peu, je dirais que la COVID fait de nous des Français comme les autres.

C’est-à-dire des individus citoyens atomisés, repliés sur eux-mêmes et en lien exclusif avec l’État dont on attend beaucoup.
Je n’ai pas le sentiment de trop caricaturer.

Cette volonté de faire communauté est sans doute la meilleure ou la plus riche part de Nous-Mêmes, celle qui nous rend le plus heureux. Je persiste à penser que l’esprit bourgeois n’est pas le nôtre ou alors c’est que nous avons cessé d’être Breton pour devenir des Français comme les autres.

Avec cette volonté bretonne de faire peuple, nous sommes au cœur de la politique, définie par les inventeurs grecs (politikos) comme ce qui relève de la civilité ou de la communauté.
Mais de la politique, nous connaissons aussi l’autre versant, c’est-à-dire l’organisation du Pouvoir français sous l’égide de l’État tout puissant.

émancipation Bretagne

La Bretagne, l’asservir, s’en servir ou la servir ?

La France est une nation politique a-t-on coutume de dire.

On y parle politique avec passion.
Mais pourquoi a t-on parfois le sentiment que l’exercice de la politique française nous prive de la politique, nous Bretons ?
L’organisation comme l’exercice du pouvoir français assurent notre disparition/secondarisation en tant que Breton. Sur le plan du droit, la souveraineté absolue du peuple français absorbe notre volonté d’être Breton. Donc notre personnalité politique, conformément au principe constitutionnel d’unicité du Peuple français. Sur le plan politique, les multiples règles procédurales et pratiques de la cinquième République (mode de scrutin, bipartisme, Présidentialisme) assurent notre inféodation au système de Pouvoir français comme aux formations politiques parisiennes.

Pour reprendre la définition de la politique selon le philosophe jacques Rancière, la politique en tant qu’organisation et exercice du Pouvoir prend le pas sur son autre versant, c’est-à-dire le principe d’émancipation pour parvenir à l’égalité.

Pour dire simplement, la politique française nous prive de la politique entendue comme la capacité d’affronter les véritables problèmes qui se posent à la société.

Le moindre de ces problèmes n’est pas l’émancipation de notre peuple, la reconnaissance de ses droits et le chemin vers l’égalité entre les hommes et les peuples.
J’écris ces lignes à l’approche des élections régionales de mars prochain où l’on assistera, sans nul doute, une nouvelle fois à la confiscation de la politique par le système, via les formations politiques parisiennes qui ne manqueront pas de récupérer de belles figures bretonnes, pour faire Bretagne.

La plus grande faiblesse de l’EMSAV est de s’être laissé récupérer par le Parti socialiste.

Depuis plusieurs années, le PS est passé maître dans l’art de noyauter et de recruter une solide clientèle. Et sans doute sommes-nous particulièrement perméables à cette forme très subtile de domination.
La principale victime de ce clientélisme est l’émancipation de notre communauté bretonne, dont la dynamique se trouve désamorcée, rien que ça. Nous sommes arrivés au point maximal de ce processus où tout le monde se dit régionaliste en Bretagne. Tout est régionaliste, sauf les politiques menées par le Pouvoir régional, lequel sert de caution démocratique au système centralisateur.

Bien sûr, notre responsabilité collective est immense.
Et si lors des prochaines élections régionales, nous parvenions à retrouver pleinement le sens de la politique en offrant aux Bretonnes et aux Bretons, loin des formations politiques parisiennes, une alternative claire et crédible au service de leur émancipation ?

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