En Bretagne, je suis une putain de touriste … (lisez avant de réagir)

En Bretagne, je suis une putain de touriste … (lisez avant de réagir)

Un texte spontané que j’ai écrit pour nous tous.

Putain de touriste : les trois mots qui peuvent s’appliquer partout, même hors de Bretagne.
Aux Bretons qui râlent de l’arrivée des touristes, cette année de Covid comme les autres années et qui font partie de ma liste de contacts.
Vous avez souhaité faire partie de ma liste de contacts Facebook. Soit, j’ai accepté. Mon pseudo a sans doute créé la confusion, ce qui n’était pas voulu de ma part. Je l’ai utilisé lors de la création de mon groupe Avelioù Kornog que j’ai ouvert pour alerter, militer, m’investir (aussi bien virtuellement que sur le terrain) lorsque des projets de forages miniers allaient dévaster et empoisonner le Kreiz Breizh et les Monts d’Arrée.

Je ne suis pas Bretonne, je suis une Putain de Touriste.

Oui, une Putain de touriste, qui, pour participer aux manifestations, plusieurs fois, a parcouru avec mon mari quelques huit cent kilomètres. Bien sûr que je connais bien la route : je suis une Putain de Touriste.
J’ai manifesté également pour la Bretagne et sa protection, en montant à Paris. Là je suis allée à la Mission Bretonne. Puis j’ai participé à des réunions, des conférences, des concerts, j’ai rencontré des politiques, des élus, des militants bretons, des écolos, des scientifiques, la majorité des musiciens de Bretagne et plusieurs acteurs de la Culture Bretonne. Je les ai alerté, je leur ai demandé leur aide, leur soutien, moi, la Putain de Touriste.

Ce que j’ai retenu de ces trois années de lutte quotidienne.

Ainsi que de tous les refus de la majorité des personnalités culturelles et politiques bretonnes à s’engager, à intervenir pour que ces projets dévastateurs ne se fassent pas. J’ai appris qu’avant de vouloir la réunification, les Bretons devraient d’abord apprendre à s’unir. Puis j’ai compris que la Bretagne s’ostracise, elle, qui a toujours été ouverte au monde et que peu de Bretons étaient prêts à la sauver de la destruction.

Je ne juge rien, je ne suis que la Putain de Touriste.

La Putain de Touriste qui aussi fait évoluer tout un pan de l’économie bretonne, soutien la culture bretonne, et milite pour une Bretagne réunifiée et l’apprentissage des langues Bretonnes.
Pour compléter honnêtement j’ai eu aussi le Grand Bonheur et l’immense privilège durant cette période de rencontrer des Bretons et des Bretonnes magnifiques. Tous amoureux fous de leur Pays, ouverts, généreux, offensifs, courageux et bienveillants. Je vous laisse, vous les Bretons et Bretonnes qui insultez les touristes, vous retirer de vous-même de ma liste de contacts.
Car moi, je ne rejette personne.

Comment peut on être breton ?

Voici un texte extrait  de cet Essai sur la Démocratie française, Morvan Lebesque (1931-1970) aux Éditions du Seuil.

Le breton est-il ma langue maternelle ? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas… Suis-je même breton ? Vraiment je le crois. Mais de « pure race », qu’en sais-je et qu’importe ? … Séparatisme ? Autonomiste ? Régionaliste ? Oui et non : différent . Mais alors vous ne comprenez plus. Qu’appelons nous être Breton ? Et d’abord, pourquoi l’être ?

Français d’état civil, je suis nommé français, j’assume à chaque instant ma situation de français : mon appartenance à la Bretagne n’est en revanche qu’une qualité facultative que je puis parfaitement renier ou méconnaître. Je l’ai d’ailleurs fait. J’ai longtemps ignoré que j’étais Breton… Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus, ou, pour mieux dire, en conscience : si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d’être en moi ; si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d’être. La Bretagne n’a pas de papiers. Elle n’existe que dans la mesure où à chaque génération des hommes se reconnaissent Bretons. A cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils-Bretons ? Nul ne le sait.

A chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance

 

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Avel ha Gwez par Laurane BAR-BERCHIGNY. Je ne suis pas née Bretonne, mais je suis aujourd'hui plus Bretonne que bien des Bretonnes nées en Bretagne ... Rejoignez-nous sur le groupe Facebook : Avelioù Kornôg

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1 Comment

  1. Penn kaled
    juillet 29, 10:03 Reply

    Le titre de votre intervention est maladroit Car en général les bretons ne sont certainement pas contres les touristes par principe .Seulement on a encore le droit de remettre en cause le tourisme de masse qui pollue autant l’été dans les zones littorales que l’agriculture productiviste si décriée ,sans compter le fait qu’il a bloquer le développement d’autres économies de la mer véritablement productives ,inciter des nantis à acheter des habitations sur le littoral au détriment des jeunes autochtones . Sans compter que un certains nombre de parisiens et autres se comportent en pays conquis et se croient tout permis .La vague qui a déferlée au début du confinement le démontre parfaitement .Mais je suis d’accord avec vous,en dehors du problème touristique , sur le fait que des personnes non natives de Bretagne peuvent être plus Bretons que les Bretons ,tout comme par le passé des anglo normands sont devenus plus irlandais que les irlandais et sont à l’origine des mouvements d’émancipation de l’Irlande ,cependant il ne faudrait pas généraliser non plus .

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