Lettre ouvrete à Jean Luc Mélenchon, par Colette Trublet

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon : changer la politique

de Colette TRUBLET

Lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon

Lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon à partager, à commenter, à diffuser, selon votre opinion.

31 Juillet 2026

Je m’appelle Colette Trublet. J’ai 91 ans.

J’ai créé Bécherel, Cité du livre en Bretagne, avec mon association : Savenn Douar (le Tremplin), avec les bouquinistes et libraires de livres anciens et d’occasion, et avec d’autres professionnels des métiers du livre.
Ensemble nous avons fait revivre un village qui se désertifiait. Sous trois principes : autonomie des personnes et des biens, solidarité pour faire réussir le projet, le faire évoluer, et résilience car nous nous sommes beaucoup disputés.
C’était à Pâques 1989. Depuis, notre notoriété parle pour nous.

Aujourd’hui j’écris cette lettre à Jean Luc Mélenchon.
Je la mets à disposition de tous ceux qui veulent la commenter et la faire circuler. Les idées sont à tout le monde.

Personne en ce moment n’échappe à l’inquiétude. Je n’énumère pas les dangers, il suffit d’ouvrir un média officiel, ou la télé, et on désespère toute la journée.

Il faut changer la manière de faire de la politique.

Notre santé mentale en dépend.

Monsieur Jean-Luc Mélenchon,

Votre pertinence, vos convictions et le travail de vos nombreux collaborateurs méritent attention et respect.
Mais … je retiens de votre intervention à Paimpont en pays breton de Brocéliande, deux choses qui me font réfléchir

La première est votre remarque sur l’attitude des électeurs et des sympathisants de la gauche qui n’ont pas suffisamment accompagné le gouvernement dans son effort pour transformer la politique. En 1983, se voulant grand seigneur, François Mittérand a rendu les armes en disant « Nous avons fait ce que nous avons pu ».

Robert Boulin s’est officiellement « suicidé » en se noyant dans 30cm d’eau, croit-on. Les élus de gauche ont laissé leurs électeurs dans l’ignorance des difficultés qu’ils rencontraient et ont depuis navigué de compromissions en compromissions avec pour objectif de se maintenir au pouvoir et pour la plupart, de bénéficier du système, à grand renfort de déplacements ostentatoires et de pantalonnades parisiennes accompagnées de sirènes hurlantes.
Moralité, les électeurs de la gauche, endormis par leur victoire, ont été de déception en déception.

Les électeurs sont paresseux ? Voter leur suffit ?

Mais nous en avons marre de tout ce système, jusqu’à plus soif, comme c’est le cas en ce moment.

Le malaise grandit avec menace d’un fascisme rampant sous l’égide d’une commission européenne non élue et de la mainmise des cabinets de conseils sur la politique. Pour faire bonne mesure ils sont grassement rémunérés par l’argent public, ce qui redouble les frais puisque nos impôts paient des élus à ne rien faire d’utile en ce qui nous concerne. Le système des partis a fait son temps.

Ils sont divisés, se font une guerre éhontée.
Les électeurs, qui voudraient piocher ce qui leur convient dans toutes les propositions, en fonction de leurs besoins vitaux existentiels et universels (unanimité en perspective) se divisent obligatoirement de manière structurelle, et s’empoignent en famille, dans les manifs, au café du commerce, sur le modèle de certains élus à l’assemblée dite nationale.

La deuxième chose qui retient mon attention est propre à la Bretagne.

Les élus disposent de nos territoires comme le font les boutiquiers qui négocient leurs marchandises et nous voilà mutilés d’un quart de notre pays, de notre population et de nos ressources.
C’est impardonnable. Nous sommes révoltés.
Partout dans l’hexagone nous en avons marre de la centralisation parisienne qui décide de tout sans nous.
Savez-vous que la Bretagne ne reçoit de subsides, en contrepartie de ses impôts, moins que l’Opéra de Paris ? Et je n’ai rien contre l’opéra, mais la disproportion parle d’elle-même.
C’est scandaleux.

coup de tabac
Le seul budget de fonctionnement annuel de l’Opéra de Paris est cinq fois supérieur au budget que le région Bretagne administrative consacre à la culture pour 3,3 millions d’habitants

Le système politique actuel est désuet.

Il nous met en guerre les uns contre les autres alors même que nous avons des parents et des amis partout.
Ceci étant nettement posé je fais appel à mon bon sens pour vous soumettre quelques idées.

Chaque être humain a les mêmes besoins vitaux, existentiels, que tous les autres.

Nous les connaissons.
J’en ai répertorié neuf desquels tout le reste découle, y compris l’écologie, y compris la santé. Ce sont la sécurité, la nourriture, le vêtement, le logement, l’éducation, l’instruction, la formation professionnelle, l’information, la circulation des biens et des personnes.
Si tous nous avons ça en tête nous voyons immédiatement si le système politique convient ou pas.
Ce n’est pas compliqué !

Ensuite on peut en évaluer le coût et calculer un autre étalon-monnaie, basé sur le coût des besoins vitaux, variables selon les pays et fluctuants selon les ressources. On peut décider de mettre ainsi les gens à l’abri des abus du commerce mondialisé, de la financiarisation de l’économie, de l’exploitation des ressources minières et naturelles.

La mémoire composite artificielle, mal baptisée intelligence, nous aidera pour faire les calculs pays par pays, et même dans les pays sans état comme la Bretagne.
Je préconise donc un nouvel étalon monnaie calculé à partir du coût des besoins vitaux incompressibles et un autre étalon monnaie pour la finance et le commerce, à chacun ses règles. Nous voulons bien, tous, qu’il y ait des riches. A condition qu’il n’y ait pas de pauvres et qu’on ne se torture pas l’esprit par impuissance de ne pas pouvoir ni savoir accompagner ceux qui dorment dehors par tous les temps.

Vous avez aussi parlé de la gestion des bassins versants des fleuves.

Quel est le sous-entendu ?
Fabriquer de nouvelles régions administratives ?
Ou bien proposer un terrain de responsabilité et de partages frontaliers comme ceux qui nous occupent tous, tels l’eau, l’air, les mers et océans ?
Les frontières sont utiles pour réguler les relations, les échanges, les soins à prendre en charge localement en fonction des neuf besoins vitaux universels cités plus haut.

Les peuples se sont constitués à l’intérieur de frontières géographiques, au fil de siècles de travail, de soins partagés, selon des jauges longuement évaluées.

Les hypocrisies des raisonnements administratifs et intellectuels désincarnés n’y changeront rien, sauf à faire souffrir des dominés qui ne choisissent plus leur chemin. Désormais les ratages de la révolution française sont à réparer. En pratiquant une vraie démocratie.

Pourquoi pas à partir de conventions citoyennes tirées au sort, informées par des experts compétents, durant une session de quelques mois, aménageable en temps, en lieu et avec un horaire, selon un nombre que nous savons calculer selon les sujets (cf la convention sur le climat ou sur la fin de vie.

Pourquoi les média n’en ont-ils pas parlé ? C’était une réussite et un exemple de bon fonctionnement de l’intelligence collective correctement mise au travail).

Auriez-vous les épaules qu’il faut ?

Pour oser charger une 6ème république d’un programme qui permettrait une décentralisation vigoureuse souhaitée dans tout l’hexagone, avec une suppression des partis au bénéfice de conventions citoyennes tirées au sort pour éviter les conflits d’intérêt, avec un autre calcul de la monnaie pour mettre tout individu à l’abri des prédateurs, de la soumission et de la misère ?

politiciens français
Parmi les politiciens français, la LFI France Insoumise de Jean Luc Mélenchon est particulièrement brittophobe

Tout ceci est accessible et compréhensible par tous.

Les convictions des uns et des autres n’en sont pas affectées, ni gênées. Religions et philosophies y trouvent leur compte. Encore une fois les idées sont à tout le monde.

L’idéologie est hypocrite quand elle déguise les besoins vitaux à l’aide d’arguments intellectuels fallacieux et inaccessibles à une compréhension au quotidien. Qui sait de nos jours, dire qu’il est de droite, de gauche, du centre, des extrêmes ? Il y a du bon et du mauvais partout. Il s’agit de trier en fonction de nos besoins vitaux universels.

L’esprit de domination nommé Satan, ou fascisme, ou perversion, est un ennemi universel.

Nos savants nous ouvrent des horizons encore insoupçonnés, nos techniciens et ingénieurs envahissent le ciel et cherchent si d’autres planètes sont habitées, nous sommes bien équipés et suffisamment instruits pour basculer dans une autre manière de faire de la politique, mondiale et à la fois réinventée et prise en charge localement.

Des foules nombreuses attendent un basculement pacifique, bienveillant, qui balaieraient les horreurs et les angoisses dans lesquelles les médias officiels nous plongent quotidiennement sous l’influence de ceux qui les paient et les possèdent pour nous embrouiller à leur avantage, en agitant les peurs. Les profiteurs du système sont vent debout, prêts à toutes guerres, guérillas et compromissions contre les populations qu’ils veulent maintenir dans l’impuissance et dans l’anonymat.

Les peuples de l’hexagone français d’aujourd’hui pourraient donner l’exemple non ?

La mentalité basculerait de proche en proche pour enfin changer la vie, corps coeur et âme.
Et la Bretagne y trouverait son compte en retrouvant son autonomie dans le concert des pays d’Europe et du monde.

Je pense que c’est ce qui mûrit en ce moment dans les coeurs.
L’intelligence collective cherche son emploi efficace comme par exemple dans les conventions citoyennes et dans l’usage du referendum citoyen. Et nous ne sommes pas les seuls dans le monde à espérer une autre manière de faire de la politique.

Comme une bouteille que l’on jette à la mer

Je lance cette lettre au hasard des médias, à la disposition de ceux qui voudront la diffuser, la commenter, la traduire en toutes les langues. Il s’agit de choisir une autre manière de faire de la politique, pacifiquement bien sûr, puisque la violence ne mène qu’à la répression, à la dictature et à la régression. Les vieux comme moi ont compris çà.

Le monde moderne a changé la donne. La circulation des idées atteint des vitesses inconnues. Bizarrement chacun peut désormais participer à la transformation du monde en s’informant à une vitesse super sonique, du jamais vu …

En conclusion, je peux ne pas me sentir aussi vieille que ma carcasse.

Mes idées restent assez claires pour que je puisse parler à partir de mon expérience, avec les souffrances d’une longue vie qui m’ont appris la résilience et la bienveillance.

L’individuation est le travail de l’incarnation, tributaire de ses neufs besoins existentiels, vitaux, universels. Personne ne manquera de mourir. La mort est UN, seule nécessité incontournable. C’est ce qui donne des idées. C’est ce qui force à faire des choix partagés, faire du DEUX, puis du commun. Pour faire triompher la vie. Se laisser aller à la joie de vivre.

Gras bezan bev ! (n tildé absent de mon clavier)
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