Protection de la nature en Bretagne

Protection de la nature en Bretagne

Protéger la nature en Bretagne, un combat toujours d’actualité !

« La nature et la culture sont sœurs en Bretagne »
Que serait la Bretagne sans son imaginaire ? Sans ses langues bretonne et gallèse. Sans sa culture venue du fond des âges et toujours bien vivante.
Mais que serait également la Bretagne sans sa nature unique ?
Son littoral omniprésent, ses côtes de granit découpées, ses landes pleines de vie et de mystère, ses forêts riches en légendes et en biodiversité (témoins de l’ancienne forêt celtique qui couvrait le pays et au-delà, de la Belgique aux Pyrénées), ses paysages de bocage et ses chemins creux, ses chênes et ses châtaigniers, ses cerfs, ses sangliers, ses oiseaux de mer et ses poissons sauvages.
Si une nature riche et variée existe toujours ici, c’est aussi à l’action résolue d’hommes et de femmes passionnés que nous le devons. À chaque génération, des individus ont fait le choix de défendre ce qui est plus qu’un cadre de vie : une partie de nous-mêmes.

Au bénéfice de l’antériorité : la LPO, Ligue pour la Protection des oiseaux.

C’était il y a bien longtemps, rendez-vous compte, il y a 110 ans !
Au début du XXème siècle, l’ancêtre de la SNCF organisait alors des safaris pour permettre à de riches chasseurs désœuvrés de venir tirer des macareux sur l’île Rouzic dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec. Cet oiseau si particulier, surnommé le perroquet des mers, faisait de si beaux tableaux de chasse ! Leur nombre passera alors très vite de 20.000 à 2000 oiseaux ! Des membres de la Société nationale d’acclimatation ainsi que des ornithologues locaux vont réagir et fonder en 1912 la Ligue pour la Protection des Oiseaux, qui obtiendra du préfet des Côtes-du-nord un arrêté mettant fin au massacre, les Sept-Îles devenant en 1913 une réserve ornithologique privée dont la gestion est confiée à la LPO. Ce sera la 1ère réserve ornithologique en France. Elle est devenue Réserve naturelle nationale en 1976, abritant de nos jours une riche avifaune marine, avec en particulier presque 200 couples de macareux moine (dernière colonie de France métropolitaine), et 22.000 couples de fous de Bassan, dont c’est l’unique colonie française.
Régionalement la LPO sera beaucoup centrée sur cette réserve emblématique ainsi que sur sa station de l’Île grande voisine. Avant qu’un groupe n’apparaisse en Ille-et- Vilaine dans les années 1980. Puis en 2019 les groupes des quatre départements de la Bretagne
administrative vont former la LPO-Bretagne, forte de 4200 adhérents.
Tandis qu’en Loire-Atlantique ― comme chacun sait séparée administrativement des quatre autres départements bretons depuis les années 1950 ― à partir de la Société des Sciences Naturelles de l’Ouest de la France s’est créé en 1982 le GOLA, Groupe Ornithologique de Loire-Atlantique. Un groupe très actif qui deviendra la LPO44 en 1995 forte de plus de 1300 adhérents.

La LPO agit dans les domaines de l’expertise naturaliste, principalement ornithologique, de la gestion de ses réserves, et de l’éducation à l’environnement, tant vis- à-vis des décideurs et des entreprises que du grand public, des scolaires, et des agriculteurs. Tout le monde connaît les Refuges LPO dont on peut faire bénéficier son jardin ou son balcon, ainsi que les sorties LPO de découverte des oiseaux.
Elle publie la revue trimestrielle l’Oiseau magazine, ainsi que la revue plus spécialisée Ornithos, et l’Oiseau magazine junior à destination des enfants.

Ensuite, à tout seigneur tout honneur : Bretagne Vivante.

Bretagne Vivante est une association emblématique de la protection de la nature en Bretagne historique.
Existait dans les années 1950 une petite association appelée les Cercles géographique et naturaliste du Finistère. À la suite d’un projet de route en bord de mer devant détruire un site prestigieux dans le Cap Sizun, les Cercles s’y opposeront victorieusement et deviendront en 1959 la SEPNB, Société pour l’Étude et la Protection de la Nature en Bretagne/Studi ha difenn an natur e Breizh. Car les fondateurs eurent
une intuition, c’est que l’on ne pouvait bien protéger que ce que l’on connaissait. Étude donc, puis logiquement protection.
C’est ainsi que petit-à-petit la SEPNB investira tous les champs de l’étude et de la connaissance naturaliste : ornithologie, botanique, mammifères, invertébrés, poissons, etc …
Parallèlement elle développera un programme inédit de formation et d’information du public, se voulant une véritable « université populaire de la nature en Bretagne ». Car la petite SEPNB va prendre de l’ampleur, s’élargir aux cinq départements de la Bretagne historique, et créer rapidement des réserves pour sauvegarder autant que faire se peut des portions en danger ou emblématiques de la nature bretonne. Jouant souvent un rôle précurseur en créant des réserves ornithologiques sur le littoral, son champ d’action va s’élargir dans les années 70 à tous les problèmes de défense de l’environnement, dans lesquels elle aura souvent un rôle starter. Bétonisation du littoral, aménagement du territoire, marées noires, agriculture intensive et ses dégâts, destruction des haies, disparition d’espèces sauvages, projets de centrale nucléaire : tous ces thèmes seront abordés de 1979 à 1985 par sa revue mensuelle Oxygène, présente sur tous les fronts mais de nos jours disparue.
Elle changera de nom en 1998 pour s’appeler désormais Bretagne Vivante-SEPNB.
Bretagne Vivante est présente là où la nature est menacée ou fragile en Bretagne, et gère 135 sites protégés sur les cinq départements bretons.
Elle a par ailleurs fortement contribué à la création de diverses structures :
– la Fédération française des sociétés de protection de la nature, devenue France-Nature-Environnement, ainsi que France-Nature-Environnement-Bretagne, mouvement inter-associatif fédérant quasiment toutes les associations de protection de la nature

– l’Association pour la protection des salmonidés en Bretagne, devenue Eaux et Rivières de Bretagne (voir plus loin)
– le Conservatoire botanique de Brest
– Océanopolis, également à Brest
– le Parc national de la mer d’Iroise
– la maison de la nature de Bois-Joubert en Loire-Atlantique
– le Réseau d’Éducation à l’Environnement en Bretagne
– l’Observatoire des Poissons Migrateurs de Bretagne
– Réserves naturelles de France

etc.
On rappellera également son rôle d’expertise à Notre-Dame-des-Landes à travers les Naturalistes en lutte, ainsi que dernièrement sa participation massive au mouvement contre les pesticides Nous voulons des coquelicots.
C’est également elle qui coordonne régionalement l’opération de science participative annuelle de comptage des oiseaux des jardins.
Elle publie (depuis 1953) la mythique revue naturaliste trimestrielle Penn-ar-bed (qui constitue une sorte d’encyclopédie de la nature bretonne au fil des décennies), ainsi que la revue pour enfants l’Hermine vagabonde, quelques lettres numériques spécialisées
(botanique, Ar Vran pour l’ornithologie,…) et depuis quelques années une revue semestrielle, Bretagne vivante, à destination de ses adhérents au nombre d’environ 4000, organisés en 18 antennes locales.

Partiellement issue de la précédente: Eaux et Rivières de Bretagne/Dour ha sterioù Breizh

En 1969 quelques pêcheurs de saumons alliés à des naturalistes fondent l’APPSB, l’Association Pour la Protection des Salmonidés en Bretagne, avec la devise « Quand le poisson meurt, l’homme est menacé ». La protection des poissons s’élargira bientôt à celle des cours d’eau, de leur source à la mer, menant le combat pour la reconquête d’une eau de qualité en Bretagne.
Chantiers de nettoyage de rivières, lutte contre la pisciculture polluante ou les mines d’uranium menaçant l’eau, les marées vertes, les élevages de porcs industriels, les pesticides et autres polluants : son action se diversifiera et l’association de pêcheurs
deviendra une association militant pour la qualité de l’eau.
Elle change de nom en 1983, devenant Eaux et Rivières de Bretagne, et crée en 1987 le Centre Régional d’Initiation à la Rivière à Belle-Isle-en-Terre. Forte d’environ 1200 adhérents sur les 5 départements de la Bretagne historique, elle publie deux fois par an la revue Eaux et Rivières de Bretagne Le Magazine, ainsi que de nombreux livrets pédagogiques consultables en ligne.

Plus spécialisés :

Le Groupe Mammalogique Breton

Né en 1988, s’intéresse à l’étude et à la protection des mammifères sauvages de Bretagne et de leurs habitats. Il se préoccupe particulièrement de la loutre, en plein retour en Bretagne, des chauve-souris, des micro-mammifères, du blaireau, du castor, et publie plusieurs bulletins d’information s’y rapportant. Le Groupe Mammalogique de Bretagne gère ainsi 83 réserves en Bretagne historique.
Gageons que l’activité ne lui manquera pas non plus… avec le retour (attendu) du loup en Bretagne et l’arrivée (possible également) du chacal doré…

Le GRETIA GRoupe d’ÉTude des Invertébrés Armoricains

Le GRETIA s’intéresse lui à l’étude et à la protection des insectes du massif armoricain.

Pour la défense des animaux sauvages et la lutte contre les abus de la chasse,

plusieurs associations sont actives et bien représentées.

Forest Shepherd Bretagne

Forest Shepherd Bretagne lutte par des actions directes (théoriquement non-violentes) contre la chasse à courre, en forêt du Gâvre ou en forêt de Brocéliande notamment.

Tandis que l’ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages …

Représentée dans les cinq départements bretons, commence à développer des Réserves de Vie Sauvage là où c’est possible. Endroits dans lesquels la nature va être laissée en libre évolution, sans intervention de l’homme, qui va devenir simple spectateur de la richesse de la flore et de la faune sauvage. Comme par exemple la RVS du Trégor.

L’association Sea Shepherd

Structure internationale à la manière de Greenpeace, tente de mettre un terme au massacre des espèces marines (dauphins, tortues ou oiseaux de mer par exemple) dans le but de conserver et de protéger la biodiversité des océans, sévèrement mise à mal de nos jours. Elle met ainsi en place des stratégies d’action directe pour combattre les activités illégales en haute-mer, ou jugées nocives pour l’environnement près des côtes. Exemple ses actions, en compagnie des pêcheurs, contre le futur champ marin d’éoliennes prévu en baie de Saint-Brieuc, ou contre le chalutage non-sélectif massacreur de dauphins dans le golfe de Gascogne.
Suivez Seashepherd

Le réseau des CPIE, Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement

Organisés sur tout le territoires français (et donc respectant le découpage administratif régional), les CPIE œuvrent pour la sensibilisation et l’éducation de tous à l’environnement, ainsi que pour l’accompagnement des territoires dans le domaine de la préservation de l’environnement et du développement durable.
En Bretagne on va trouver une antenne à Belle-Ile, Brocéliande, Morlaix, en Ille-et- Vilaine, à Nantes et en Presqu’île guérandaise.
Leurs actions vont des sorties de découverte de la nature au jardinage naturel, en passant par l’action dans les territoires au travers par exemple des atlas de la biodiversité communale, ainsi que des partenariats avec des communes, inter-communalités et entreprises.

Notre indifférence tue la biodiversité en Bretagne

Tandis que localement, de nombreuses associations de protection de la nature et de défense de l’environnement œuvrent dans l’ombre au jour le jour sur leur territoire propre.

On ne pourra pas les citer toutes tant elles sont foisonnantes.

On citera juste :

L’association VivArmor Nature,

Créée en 1974, VivArmor Nature œuvre pour la connaissance et la préservation de la biodiversité et pour la protection de l’environnement en Côtes d’Armor. Comptant plus de mille adhérents, elle y gère deux réserves naturelles.

La fédération CoBen, Confédération Bretonne pour l’Environnement et la Nature,

CoBen fédère une quarantaine d’associations locales en Ille-et-Vilaine et en Côtes d’Armor. Elle aborde la protection de la nature par des thèmes transversaux : climat, énergie, transports,
déchets, économie circulaire,… et anime un réseau de Repair cafés.

L’UMIVEM, l’Union pour la MIse en Valeur Esthétique du Morbihan,

L’Umivem fédère des associations morbihannaises promouvant le patrimoine (culturel, naturel, architectural) et les paysages du Morbihan

L’Hirondelle dans le Pays de Retz,

Cette association du sud de la Bretagne organise des sorties nature et promeut les éco-gestes et l’action en direction du littoral

La présence de la SNPN, Société Nationale de Protection de la Nature,

La SNPN est une vénérable association fondée sous Napoléon III, qui gère depuis 1985 la Réserve nationale du Lac de Grand-Lieu au sud de Nantes/Naoned.

Etc, etc …

✅ L’hirondelle ne fera plus le printemps en Bretagne.

L’agriculture biologique.

Dans le domaine de l’agriculture biologique, domaine ô combien important et sensible en Bretagne après des dizaines d’années d’agriculture intensive, mécanisée et chimique, la partition administrative fait que l’on trouve deux structures.
En Bretagne administrative, la FRAB Fédération Régionale des Agriculteurs biologiques de Bretagne administrative, regroupe, informe et conseille les agriculteurs bio. Il y a environ 3600 fermes en bio, soit un peu plus de 13 % du total des exploitations agricoles. Chiffre qui augmente d’année en année


Tandis qu’en Loire-Atlantique c’est la tâche dévolue au GAB44, Groupement des Agriculteurs bio du 44. Il y a un peu plus de mille fermes bio dans le département, 18 % des exploitations agricoles.

Ces organisations accompagnent la conversion à l’agriculture bio, forment, informent et représentent les producteurs bio, et communiquent en direction des décideurs ainsi que du grand public.
… Que serait la campagne bretonne sans ses villages agricoles et ses animaux au pré ?

N’oublions pas les institutionnels, parcs naturels régionaux et Conservatoire du littoral.

Les Parcs naturels régionaux s’efforcent de protéger, au-delà de la nature, toutes les facettes (naturelle, patrimoniale, historique, économique, touristique) des territoires qu’ils représentent. On en dénombre trois : le PNR d’Armorique, le PNR du golfe du Morbihan, et le PNR de Brière en Loire Atlantique.

Le Conservatoire du Littoral, établissement public national créé en 1975, s’était donné pour mission d’acquérir un tiers du littoral français pour le préserver de l’urbanisation et de l’artificialisation. Vu le manque chronique de moyens dont il est l’objet on en est loin, en 2017 il en assurait la protection de 15 %. On dira que c’est déjà ça.

On remarque le nombre, l’activité et la diversité des associations consacrées à la protection de la nature en Bretagne.

Y a-t-il donc un micro-climat propice ici ?
Disons plutôt des problèmes importants auxquels la nature en Bretagne a été ou est encore soumise, associés à une volonté farouche de défendre « l’environnement » et/ou le patrimoine de la part de la population.
Rappelons pour mémoire les plus emblématiques de ces problèmes d’environnement.

Bien évidemment, on se souviendra longtemps des marées noires à répétition.

En moins de quarante ans, 400.000 tonnes de pétrole se sont répandues « accidentellement » dans la mer et sur les côtes à la suite de l’échouage d’un pétrolier ! Torrey Canyon en 1967. Olympic Bravery puis Boehlen en 1976. Amoco Cadiz en 1978 (les Tri Yann dédieront à cette occasion une de leurs chansons à l’action de la SEPNB de l’époque). Gino en 1979. Tanio en 1980. Ammazone en 1988. Et enfin Érika en 1999 (Gilles Servat en fera également une chanson). « Accidents » si l’on veut. Recherche d’un profit maximal par les armateurs, au détriment de la sécurité, plutôt. Ces marées noires choqueront durablement toute la population. Pour avoir participé un tant soit peu au nettoyage de plages à l’occasion de l’Érika je peux en témoigner.

Autre atteinte réelle et fortement symbolique à la nature en Bretagne : les projets successifs de centrale nucléaire.

Erdeven, Ploumoguer, Le Pellerin, Plogoff, puis enfin Le Carnet : « la centrale baladeuse ». Projets tous abandonnés à la suite de mobilisations de plus en plus massives : 100.000 personnes à Plogoff à la Pentecôte 1981 ! (La SEPNB réalisera à l’époque une contre-information de pointe sur l’énergie nucléaire par l’intermédiaire de sa revue Oxygène). Une chaîne humaine de 30.000 personnes au Carnet en 1997 ! C’est véritablement tout un peuple qui s’est levé contre ces projets radioactifs imposés « d’en haut ».
À suivre d’ailleurs, au cas où une mini-centrale nucléaire serait imposée sur le site de Cordemais (ou ailleurs)…

Combat emblématique des années 70-80 : la préservation des marais salants de Guérande.

En ce temps-là… Le baron Olivier Guichard était maire de La Baule et ministre à répétition à Paris, tandis que la compagnie des Salins du midi cherchait à mettre la main sur les marais salants pour mieux les laisser bétonner. L’alliance objective des deux aboutira à un projet de rocade pour désenclaver La Baule l’été, au détriment des marais salants, avec même un projet de marina… Une autre alliance, inédite celle-ci, entre paludiers, naturalistes et militants bretons entraînera une lutte populaire pour sauvegarder les marais salants des projets destructeurs. Ceux-ci seront abandonnés au début des années 80. Et la dynamique enclenchée sauvera à la fois le sel de Guérande, la profession de paludier, et les sites des marais salants qui seront classés.

Problème s’aggravant d’année en année : les marées vertes.

Des dizaines de milliers de tonnes d’algues vertes envahissent le littoral chaque année depuis les années 70. Présente naturellement, l’algue Ulva armoricana croît de manière exponentielle en tirant profit du phosphore et de l’azote des nitrates rejetés par l’agriculture intensive dans les cours d’eau. Nitrates provenant des engrais et des déjections animales des élevages en particulier intensifs. C’est très visible en baie de Saint-Brieuc, mais petit-à-petit toutes les baies desservies par des cours d’eau en sont atteintes.
Ces concentrations d’algues vertes sur les plages ne sont pas très belles, mais là n’est pas vraiment le problème. Elles dégagent en pourrissant sur le sable du sulfure d’hydrogène, un gaz potentiellement mortel : déjà deux personnes sont mortes ainsi, trois ont été victimes de coma, sans parler d’un cheval, de sangliers, et de la disparition de toute autre vie marine ou terrestre à ces endroits-là.
Toujours en lien avec l’agriculture intensive, la piètre qualité de l’eau potable.

Le taux de nitrates y est souvent bien plus élevé que la moyenne.

Tandis que le taux de pesticides (glyphosate) relevé dans les urines de volontaires testés en 2019 est largement au-dessus des normes admises dans l’eau potable.
L’association PIG-Bretagne (pisseurs involontaires de glyphosate) et les volontaires concernés ont déposé plainte contre la firme Bayer Monsanto à ce sujet, la plainte est toujours en cours d’instruction.

Nous voulons des coquelicots …

Tandis que le mouvement Nous voulons des coquelicots (à l’initiative du journaliste Fabrice Nicolino), bien représenté et relayé en Bretagne, a mobilisé pendant deux ans (de 2018 à 2020) des milliers de citoyen(ne)s chaque mois pour obtenir l’interdiction des pesticides de synthèse, faisant signer une pétition en ce sens par plus d’un million cent-mille personnes ! Pétition signée même par la ministre de l’environnement ! mais restée hélas sans effet.

Encore au niveau des plages et de la mer …

L’extraction de sable et de granulats marins par les groupes cimentiers, au détriment des conséquences sur le littoral, la vie marine et la pêche. C’est contre ces prélèvements destructeurs que se constituera le
collectif Le Peuple des Dunes (Erdeven, Trégor, Île de Sein…)
Sans même parler du bétonnage des côtes, devenu toujours plus important d’année en année, malgré les lois et la soi-disant bonne volonté des communes. Il n’est qu’à regarder l’importance du littoral construit… Malgré la loi Littoral votée en 1985. (Et la difficulté qu’ont les locaux, en particulier les jeunes, à y trouver un logement accessible. Mais c’est un autre sujet…).
Et de la raréfaction progressive des poissons, victimes de sur-pêche, avec ses conséquences sur la biodiversité marine et la pêche artisanale.

Bocage et remembrement : le saccage du siècle.

À partir des années d’après-guerre le remembrement va aller en augmentant, ce sera la politique agricole moderne décidée d’en haut, alliée à la mécanisation et à la naissance de l’agro-alimentaire. Avec la complicité du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA. Les haies seront détruites, les talus arasés, les chemins creux disparaîtront : place à la modernité. Mécanique et chimique la modernité, bien sûr. Avec les conséquences que l’on connaît maintenant sur l’eau, la terre, et la qualité des aliments.

En Bretagne, le remembrement a détruit nos talus et notre langue

En lien avec ce qui précède, un autre combat emblématique : Notre-Dame-des-Landes. Un projet d’aéroport en plein bocage, dans ce qui est en quelque sorte le château d’eau de la Loire-Atlantique ! Passons sur les péripéties, et notons simplement d’une part que le projet sera abandonné en 2018 après des années de lutte exemplaire des locaux, d’associations, de scientifiques, de juristes… 40.000 personnes lors d’une chaîne humaine sur le site en 2013 ! Et que d’autre part ce sera l’occasion d’expérimenter une nouvelle forme d’opposition à des projets néfastes, la ZAD, « zone d’aménagement différé » devenue « zone à défendre » ! Cette historique première ZAD fera désormais école partout en France et en Europe, là où des projets portent gravement atteinte à l’environnement.

Problèmes en cours et à venir, hélas : la disparition progressive de la biodiversité

En seulement cinquante ans la planète a perdu 68 % de ses populations d’animaux sauvages selon le WWF, à la suite de la destruction des habitats naturels liée à l’expansion des activités humaines, à l’artificialisation des milieux, au bétonnage, à l’utilisation des pesticides, à la pollution chimique, etc … Vous voyez beaucoup d’hirondelles autour de chez vous ?
Et, bien sûr, le changement climatique, aux conséquences que l’on pressent dramatiques.

Terminons cependant par une note d’espoir et de poésie.

En mai 2021 est paru le 1er numéro d’une nouvelle revue consacrée à la nature bretonne, un mook (hybride entre magazine et book) prénommé GLAZ, édité par la maison d’édition Coop Breizh.
Laissons-la se présenter :
« Rien ne va plus, tout part à vau-l’eau. Les insectes disparaissent à vue d’ocelles, les oiseaux piquent du bec et les mammifères se cassent le museau sur notre propension à tout détruire. Il reste pourtant quelques irréductibles naturalistes à vivre leur passion pour des paysages à couper le souffle, des vols d’oiseaux qui vous transportent vers l’infini et des lumières qui vous transcendent comme aux premiers jours. Cette nature, et plus particulièrement cette nature bretonne, est encore magique. Elle est verte, bleue, un peu grise, elle est Glaz !
Cette nouvelle publication de Coop Breizh veut vous faire partager le bonheur de vivre la nature bretonne. Notre objectif est de vous donner envie de chausser des bottes et de partir sur les quatre chemins à la découverte de ce brin d’herbe mystérieux qui vous chatouille la curiosité…
… Une vie sans arbres, sans chevreuil qui sautille et sans fleurs qui s’’épanouissent vaut- elle d’être vécue ? »

Glaz : « La nature bretonne… par nature »

Elle paraît deux fois par an et en est à son n°3. La mise en page, les images, les textes : tout y est beau, riche et sensible et donne envie.

Voilà pour ce tour d’horizon (rapide ?) de la protection de la nature en Bretagne.
Nous en sommes là. Si la nature est encore présente, riche et vivante en Bretagne, c’est à l’action résolue et permanente d’individus et d’associations qu’on le doit. Associations qui ne seraient rien sans leurs adhérents. Il y en a forcément une près de chez vous !

… Vous avez fait votre choix ??

À propos de la nature bretonne et de sa protection, une bibliographie sommaire
revue Ar Men, en particulier :
n°6, article Protéger la nature en Bretagne, la SEPNB a 30 ans (1986)
n°203, article Bretagne une nature d’exception (2014)
n°214, article L’éclat de nos bois et forêts (2016)
n°232, article Eaux et Rivières de Bretagne 50 ans de bienveillance (2019)
-> François de Beaulieu Dictionnaire de la nature en Bretagne Éditions Skol vreizh (2011)
-> François de Beaulieu et Alicia Pénicaud Nature et paysages en Bretagne Éditions Skol
vreizh (2020)
-> Tudi Kernalegenn Histoire de l’écologie en Bretagne Éditions Goalter (2014)
-> la collection de la revue Penn-ar-bed depuis 1953 (!)
ainsi que celle de la revue (disparue) Oxygène, consultables sur le catalogue en ligne de Bretagne vivante

-> revue Glaz, numéros 1, 2 et 3 à ce jour

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Á propos de l'Auteur

Dominique GOURET
Dominique GOURET 3 posts

Habitant la presqu’île guérandaise, ancien professionnel de santé, l’auteur est particulièrement sensible à la nature et aux causes environnementales (membre d’associations s’y rapportant), de même qu’à la Bretagne et à sa culture, evel just. Il est également l’auteur d’un roman contemporain, l’Étincelle de nos rêves.

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