Bretagne à vendre : laisserons-nous faire ?

Bretagne à vendre : laisserons-nous faire ?

Les administrateurs actuels de l’état hyper-centralisé duquel nous dépendons, nous aussi, Bretonnes et Bretons, ont une vision extrêmement mercantile de notre quotidien. Car ce n’est plus une surprise et tout le monde le sait.
Après des autoroutes et des aéroports, Paris vend des gares.

C’est un grand monopoly qui s’accélère …

La nouvelle vient de tomber. Paris vend sa Gare du Nord. La SNCF est extrêmement endettée par une mauvaise gestion de plusieurs années. Donc brader ses actifs permettra, un peu, de réduire cette dette abyssale. Cette gare parisienne est la plus fréquentée d’Europe avec 700 000 passagers chaque jour. Et avant la fin de l’année, elle sera la première gare privée de l’Hexagone. En effet la SNCF vient de céder une large majorité des parts à Ceetrus, la filiale immobilière du groupe de grande distribution Auchan.

Service public ou business ?

Le but d’Auchan n’est évidemment pas d’améliorer le service aux passagers de cette gare. Sinon à la marge. Ce nouveau propriétaire de la Gare du Nord n’est intéressé que pas le flux de Clients, ex Passagers. Auchan va investir : salle de concerts, jardins et restaurants. Également dans des installations sportives sur le toit et des parkings. Rien de cela ne sera évidemment gratuit. Le projet ambitionne aussi de tripler la surface commerciale et est validé pour quarante six ans.
Tout devra être achevé avant les Jeux Olympiques de 2024. Et on peut s’attendre à ce que les ventes de ce type s’accélèrent face à cette échéance de 2024, elle aussi, commerciale.

L’entreprise existe, aussi, pour faire du profit.

Et il paraît que tout peut se vendre, et donc s’acheter. Tout, mêmes les hommes …
Mais sommes-nous obligés, en Bretagne, d’accepter cette dictature du tout argent ? Ou avons-nous le droit de penser différemment pour notre communauté, la Bretagne ?

Bretagne à vendre

Certains sont devenus accros au jeu de monopoly

La Bretagne à vendre ?

Déjà, dans le sud du pays, nous avons assisté sans vraiment réagir à la « location » de la plage de La Baule à un groupe privé. Le bord de mer en Bretagne, protégé par la Loi Littoral , nous sera t-il confisqué, plage par plage ? Des groupes étrangers viennent trouer notre sous-sol pour exploiter des minerais et métaux précieux.
Car si cette tendance à la privatisation sans limite continue et s’accélère, ne va t-on pas assister en Bretagne à d’autres spoliations de ce genre ?

A qui appartient ce territoire péninsulaire millénaire du début de l’Europe ?

Ainsi, est-ce à ses populations, installées là depuis la nuit des temps ? Ou est-ce à des personnes riches du monde entier, qui peuvent, parce qu’on les y autorise, acheter des biens publics ?
Puis que vont devenir les ports de Brest ou de Nantes, les alignements mégalithiques de Carnac ou Beg ar Raz (« Pointe-du-Raz » en langue française).
Pourquoi qu’un richissime émir pétrolier ou un magnat du gaz russe, un jour prochain, ne s’enticherait pas de nos alignements de menhir et mettrait sur la table quelques milliards d’euros pour en faire l’acquisition ? Après tout cette manne soulagerait les déficits publics et réduirait nos impôts.

C’est impossible ?

Au printemps dernier une étude du Cabinet Goodwill Management, commandée par le Chambre de Commerce et d’Industrie de Bretagne Occidentale évaluait le prix à le vente du Finistère à 684 milliards d’euros. Quand même le double des ressources budgétaires annuelles de la France.
Quelle idée saugrenue, n’est-ce pas, d’aller dépenser de l’argent (public) pour savoir, à titre de curiosité ordinaire bien sûr, quel serait le prix de son département.
Parce qu’il y a vingt ans, qui aurait cru que la Grèce allait brader ses entreprises ? Pire, son patrimoine ? On aurait crier à la fake news si ce terme avait existé. Mais cela est devenu la triste réalité.
Qu’en sera t-il dans vingt ans, de notre patrimoine en Bretagne ?
Qui aujourd’hui, peut jurer, ô grand dieu, que c’est impossible ?

Si cela survient, en supposant que ce ne soit pas déjà commencé, nous laisserons-nous voler ?

Finalement, devons-nous laisser nos richesses communes, historiques, patrimoniales et publiques bretonnes, aux mains de marchands sans scrupules trop lointains à l’est et pour qui nous ne sommes qu’un point sur une carte d’Europe ?

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3 commentaires

  1. Erig
    juillet 12, 08:16 Répondre
    Article' qui serait intéressant si 1/ il proposait des solutions. Et si 2/ il ne passait pas à côté de la cible. La Bretagne souffre moins des privatisations d'entreprise et de structures publiques que de la vente à la découpe de son patrimoine foncier qui la vide de ses habitants autochtones et actifs quotidien de retraités et de touristes français d'une part et d'assujettis sociaux improductifs francais et étrangers d'autre part. Le solde migratoire breton est positif parce que les francais arrivent en masse depuis vingt ans. les bretons sont chassés de chez eux par un marché foncier qui ne permet plus aux jeunes couples de s'installer. Le problème est là beaucoup plus que dans la privatisation de la Gare du Nord...
    • La Rédaction
      juillet 12, 08:55 Répondre
      Bonjour Erig. Et merci de votre commentaire. L'exemple de la gare du Nord à Paris n'est là que pour illustrer ce qui peut arriver en Bretagne. Le sort d'une grande gare dans une capitale européenne lointaine ne nous inquiète pas plus que cela. Il y a déjà tant à dire, tant à faire, en Bretagne. NHU Bretagne est une plateforme participative bretonne et citoyenne. Ce qui veut dire que tout Citoyen peut venir y écrire, dès lors que le sujet concerne la Bretagne. Vous pouvez donc venir nous proposer les solutions que vous évoquez dans votre pertinent commentaire. Pour tout renseignement, contactez redactionnhu.bzh. Merci/Trugarez
  2. cosmos
    juillet 15, 13:12 Répondre
    Y a du gaz ou du pétrole sous les menhirs ? Humour je précise, à préciser quand 1er degré omniprésent. Et qui vend le foncier privé aux "horribles étrangers" pour d'alléchantes sommes? Interrogeons-nous à la racine même du problème pour véritablement le résoudre avec honnêteté et respect. D'autant que ces "horribles étrangers" qu'ils soient ponctuels ou plus durables, ils l'apprécient avec respect et le font vivre ce joli bout de terre...vous leur vendez vos traditions ce qui est positif pour tout le monde dans cette histoire. Sur les côtes en particulier, le saisonnier si rentable prend le pas sur l'habitat à l'année au point qu'il en devient quasi impossible de trouver de quoi louer pour habiter sans parler évidemment d'acheter, qui loue et vend aux "méchants étrangers" en lieu et place de leurs propres progénitures sans le sou suffisant? De grâce, ne pas mettre tout dans le même sac. Le foncier est inabordable pour toute personne, jeunesse en particulier venant de tout horizon : l'histoire de la bretagne ainsi que d'autres contrées (et oui elle n'est pas seule malheureuse au monde) témoigne que l'on peut remercier l'ouverture au reste du monde et les financements publics d'aménagement du territoire d'avoir permis aux futures générations de construire leur avenir et de s'ouvrir à la beauté de la diversité. Le développement local dépend de la bonne dynamique et synergie locale : grâce au fonctionnement à diverses échelles. Tout est multi-dimensionnel, tout est relié...de grâce, ne pas mettre tout dans le même sac par anticipation superflue voire bien plus encore. Quand à la solution : elle n'en tient qu'à vous en conséquence tel que vous le réclamez tant. La protection du littoral est heureusement de mise mais je connais bien des petites communes magnifiques qui saliveraient de la voir voler en éclat cette loi, à la tête de celles-ci des traitres autochtones? Cela me rappelle cette conversation avec un autochtone du cru de chez cru depuis moultes générations 100% si fiers sans problèmes congénitaux apparents à sa grande chance lequel cherche à revendre à un prix plus qu'exorbitant une petite bâtisse en partie à rénover, je lui disais que seuls des parisiens ou autres retraités friqués pourraient se la payer et non un jeune couple "local" qui pourraient être ses propres enfants voulant s'installer... il me répond "vous croyez"? Rêvons en toute cohérence...on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Impossible : par contre un équilibre est possible si toutefois les nuances emplit de remise en question sont admises. Tout comme pour la loi de protection du littoral : ne permettre qu'un pourcentage donné de vente à prix élevé, une autre partie restant à hauteur du raisonnable. La loi du marché se pliera-t-elle à cela ou plutôt l'avidité de l'enrichissement? De revendeurs ou bailleurs 100% cru mécontents au passage des conséquences refoulées de leurs propres actes, l'envahissement de l'"étranger" au détriment de ses propres générations futures...n'y aurait-il pas un nettoyage ancestral emplit de "bonne" foi à pratiquer en profondeur, et après ce sera du bonheur! Le compromis pour trouver un équilibre est du ressort de chacun et chacune. Et non pas uniquement de l'extérieur...prendre sa vie en main, c'est aussi prendre ses comportements en main. Détruire l'environnement (ce que tout autochtone est amplement apte à faire tout seul comme un grand au même titre que les vilains pouvoirs économiques-politiques) Ou contribuer à l'épanouissement tel que ces mêmes acteurs internes et externes participent à positivement faire aussi : ce sont 2 choses bien différentes. Il y a des aspects bien positifs à s'ouvrir et évoluer! Tout n'est pas négatif venant de l'extérieur et tout n'est pas parfait de l'intérieur : et surtout rien ni quiconque n'est parfait, la vie est légèrement plus nuancée, et de mieux avancer...vers un chemin sain dans les paroles ET les actes. Comme dit un individu-dont-le-nom-échappe : "si on vous a expliqué ce qu'est un breton et que vous avez compris, c'est qu'on vous a mal expliqué". Je m'en vais faire une tarte aux pommes avec des bananes, miam miam Namasté

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