Yves du Buit Plouzane

Yves Du Buit à Plouzane : débretonnisation et BreizhWashing

de NHU Bretagne
11 minutes lire

À Plouzané, Yves Du Buit a défendu le remplacement du nom de l’école Coat-Edern par celui de Rosa Bonheur.
Pourtant, la commune s’engage depuis 2008 à promouvoir le breton avec la charte Ya d’ar Brezhoneg. Nous jugeons cette décision intolérable, car elle fait reculer un nom breton dans son propre pays. Nous dénonçons donc ce choix comme une manifestation de brittophobie politique et cette contradiction comme du BreizhWashing.

Yves Du Buit connaissait la valeur du nom breton

Pendant le débat municipal, Karine Appéré a expressément défendu l’ancrage géographique et la singularité bretonne de Coat-Edern. Yves Du Buit a pourtant maintenu son soutien au remplacement. Le compte rendu municipal retrace cet échange. Ainsi, le maire connaissait l’objection culturelle avant le vote.
Il ne suffit donc pas de lui expliquer aujourd’hui que ce nom représente un repère pour les habitants. Des élus lui avaient déjà présenté cet argument. Cependant, il a privilégié une autre dénomination. Sa responsabilité politique porte précisément sur ce choix.

Le conseil municipal a adopté le changement avec 24 voix favorables, sept abstentions et deux élus sans participation au vote. La décision prévoyait son application à la rentrée 2026-2027. Pour la justifier, la municipalité invoquait notamment une ambiguïté avec la rue de Coat-Edern, où l’école ne se situe pas. Elle présentait aussi les travaux comme une occasion de changer le nom.
Pourtant, une adresse plus précise ou une meilleure signalétique pourrait résoudre une difficulté de localisation. De même, une rénovation peut offrir de nouveaux locaux sans retirer son nom à l’école. Pourquoi faudrait-il faire payer ces transformations au nom breton ? Yves Du Buit doit expliquer cette hiérarchie de ses priorités.

Koad Edern : transmettre plutôt que remplacer

Une publication municipale emploie déjà la graphie Koad Edern. Elle explique également que ce nom renvoie au bois d’Edern. La commune possède donc elle-même une première clé pour comprendre cette dénomination. Elle pourrait s’en servir pour transmettre l’histoire locale aux enfants.
Le C seul ne figure pas dans l’alphabet breton moderne, contrairement aux groupes CH et C’H.
Yves Du Buit a lui-même évoqué Koad Edern pendant le débat.
Dès lors, pourquoi ne pas demander une expertise et rétablir cette forme ? La municipalité pourrait accompagner cette démarche d’un travail pédagogique sur le quartier. Elle donnerait ainsi un contenu concret à son engagement pour le breton.

De quand date ce nom et que savons-nous du bois auquel il renvoie ?
Ces questions méritent des recherches précises. Toutefois, nous n’attribuerons pas sa disparition à la ville sans preuve. En attendant, le nom offre déjà une porte d’entrée vers la langue et l’histoire du pays.

Yves Du Buit n’est pas propriétaire de Plouzane

Un mandat municipal ne constitue pas un titre de propriété.
Yves Du Buit ne possède ni Plouzane (en langue française, on met un accent sur le E), ni ses écoles, ni leurs noms. Il exerce au contraire une responsabilité temporaire sur un héritage collectif. Cette fonction implique de transmettre autant que de transformer.
Certes, une majorité électorale donne le pouvoir de décider.
Cependant, elle ne dispense personne de justifier les pertes que ses décisions entraînent. Les habitants peuvent donc contester un changement malgré le vote du conseil municipal. La Démocratie continue entre deux élections.

Les noms de lieux possèdent une valeur qui dépasse leur utilité administrative.
En effet, ils relient les générations et conservent les mots du pays. Leur familiarité ne devrait jamais les rendre négligeables aux yeux des élus. Un nom local mérite sa place même sans célébrité nationale.
Yves Du Buit passe et la mémoire des lieux dépasse son mandat.
Il devrait donc mesurer ce qu’un remplacement fait perdre. Son pouvoir lui permet de changer un nom, mais ne rend pas automatiquement ce choix souhaitable. Nous lui demandons précisément d’exercer ce pouvoir avec davantage de respect pour l’héritage commun.

Rosa Bonheur pouvait rejoindre Koad Edern

Rosa Bonheur naît à Bordeaux en 1822 et meurt en 1899. Peintre et sculptrice, elle acquiert une grande renommée grâce à ses représentations d’animaux. Par ailleurs, son indépendance et sa carrière nourrissent son statut de figure de l’émancipation féminine. Son œuvre mérite naturellement une place dans l’enseignement artistique.
Cependant, quel lien particulier entretenait-elle avec Plouzane ?
La municipalité peut-elle documenter un séjour dans la commune ou en Bretagne ?

Une commune peut évidemment honorer une personnalité venue d’ailleurs.
Mais pourquoi cet hommage exige t-il de remplacer un nom du pays ? La célébrité relative d’une artiste ne rend pas la mémoire locale dispensable. Au contraire, associer les deux noms permettrait de transmettre deux histoires. La ville de Bordeaux va t-elle débaptiser une école pour la nommer bientôt École Anjela Duval ?
La reconnaissance des femmes mérite mieux que cette concurrence des mémoires.
Ainsi, les enfants pourraient découvrir Rosa Bonheur tout en comprenant Koad Edern. Ils étudieraient une œuvre et apprendraient l’histoire de leur quartier. Une ambition pédagogique devrait additionner ces connaissances.

Un engagement antérieur à Yves Du Buit

Sous Bernard Rioual, maire de Plouzane de 2008 à 2020, le conseil municipal a voté l’adhésion à Ya d’ar Brezhoneg le 15 décembre 2008.
La commune a obtenu son premier label en 2009. Ensuite, l’OPLB Office Public de la Langue Bretonne lui a remis le niveau 2, le 22 mars 2013, après onze actions de valorisation. Yves Du Buit a pris la tête de la mairie en juillet 2020.
Cette chronologie change la manière de présenter sa responsabilité. En effet, Yves Du Buit a hérité d’une commune déjà engagée et labellisée. Toutefois, les engagements communaux dépassent les changements de maire. Il lui appartient donc de leur donner une traduction dans ses décisions.

Promouvoir une langue suppose de préserver les occasions de la voir et de l’employer.
Or, le nom d’une école accompagne les conversations, les documents et les souvenirs des familles. Il assure une présence quotidienne au breton. Pourquoi accepter son recul dans une commune qui promet précisément de valoriser notre langue ?

Le BreizhWashing d’Yves Du Buit

Nous employons BreizhWashing pour nommer une contradiction concrète.
D’un côté, Plouzane conserve la reconnaissance attachée à son engagement linguistique. De l’autre, Yves Du Buit défend le remplacement d’un nom breton sur une école. Les habitants peuvent donc lui demander comment il concilie ces deux orientations.
Les actions passées ne donnent aucun crédit illimité pour accepter de nouveaux reculs. Au contraire, un label devrait guider les arbitrages futurs. Chaque décision doit pouvoir subir l’examen public. Ainsi, l’engagement linguistique garde un sens au-delà des cérémonies.

Nous qualifions aussi ce choix de brittophobie politique.
Dans cette sombre affaire, Yves Du Buit accepte de sacrifier une présence publique du breton devant un autre objectif municipal. Notre jugement concerne sa décision et ses effets. Il repose donc sur des actes publics, sans supposition sur sa vie privée.
Le recul d’une langue peut avancer avec des arguments parfaitement polis. Chaque remplacement paraît limité et chaque perte semble supportable. Pourtant, ces reculs s’additionnent et réduisent progressivement les usages. C’est pourquoi nous refusons de banaliser celui-ci.

Kroas-Saliou : une deuxième école concernée ?

Dans sa lettre ouverte, Koun Breizh affirme qu’Yves Du Buit envisage également de changer le nom de l’école Kroas-Saliou.
Nous attribuons clairement cette information à l’association, faute de déclaration directe retrouvée. Néanmoins, l’alerte dépasse le seul cas de Coat-Edern. Yves Du Buit doit donc préciser publiquement ses intentions.
Si cette perspective se confirme, l’argument particulier de l’adresse ne suffira plus.
En effet, plusieurs remplacements poseraient la question d’une orientation municipale. Quelle place Yves Du Buit entend-il laisser aux noms bretons sur les écoles ? Les habitants doivent connaître sa réponse avant toute nouvelle décision.

Kroas-Saliou doit conserver son nom. Toute discussion doit donc laisser son maintien comme une possibilité entière. La consultation ne peut commencer une fois le remplacement tenu pour acquis. Un maire exerce un mandat, sans disposer à sa guise de la mémoire collective.

De Kerhallet à Koad Edern

NHU Bretagne a déjà consacré un article à Kerhallet et au rôle de Maël de Calan dans cette controverse.
Ce précédent éclaire le débat sur Plouzané. Dans les deux affaires, l’hommage à une femme soulève la question du maintien d’un nom breton. Pourtant, les deux ambitions pourraient coexister.

Le rapprochement politique mérite également sa place. Yves Du Buit figure dans l’annuaire des comités municipaux d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe dont l’organisation nationale siège à Paris. De son côté, Maël de Calan a rejoint le camp d’Édouard Philippe et participe à sa campagne. Toutefois, cette proximité ne démontre aucune consigne commune sur les noms bretons.

Ces responsables doivent répondre de leurs choix respectifs. En effet, leur proximité partisane ne les dispense d’aucune explication devant les habitants du pays. Une politique culturelle se juge à ses effets concrets. La place des noms bretons appartient pleinement à ce bilan.

Yves Du Buit et les engagements brestois

Yves Du Buit exerce aussi les fonctions de deuxième vice-président de Brest métropole, auprès de Stéphane Roudaut. Sa responsabilité dépasse donc le cadre communal. Ce lien donne une portée supplémentaire à notre article sur Stéphane Roudaut et la langue bretonne à Brest. Il invite à examiner la cohérence des engagements à l’échelle métropolitaine.

Dans son programme, Stéphane Roudaut présentait le breton comme une force vivante à préserver et à partager. Pourtant, son deuxième vice-président défend à Plouzané le remplacement de Coat-Edern. Comment concilier ces deux positions ? Une langue vivante a besoin de noms que les habitants emploient chaque jour.

Consulter en laissant réellement le choix

La municipalité a consulté la communauté scolaire dans un cadre prévoyant le choix d’une personnalité féminine. Cette démarche existe et nous en tenons compte. Cependant, choisir un nouveau nom ne répond pas à la question préalable du maintien de l’ancien. La distinction reste essentielle.

Yves Du Buit devrait donc ouvrir un débat à l’échelle de Plouzané. Les habitants pourraient examiner le maintien du nom, sa modernisation ou son association avec Rosa Bonheur. Au préalable, la commune devrait présenter l’histoire des lieux et les motifs précis du changement. Ainsi, chacun pourrait choisir avec les informations nécessaires.

Koun Breizh demande une réparation, notamment par l’association des deux noms. Selon les informations transmises par l’association, Dominique Cap et Paul Molac ont également reçu son alerte. Cette intervention appelle donc une réponse argumentée. Le seul rappel du vote municipal ne résoudrait pas la contradiction.

élections en Bretagne
Tant que nous voterons pour des partis jacobins, comme Horizons …

Telgruc : les habitants peuvent obtenir un changement

À Telgruc, la francisation des noms de rues avait provoqué une forte mobilisation en 2019. Ensuite, les électeurs ont battu le maire sortant en 2020. Une réorientation en faveur des noms bretons a suivi. Sans réduire ce scrutin à une seule cause, ce précédent montre que la contestation peut accompagner une correction politique.

« Mon vote reste en Bretagne » exprime ici une exigence de responsabilité. Les électeurs peuvent demander à leurs élus de défendre concrètement la langue du pays. Les noms d’écoles participent à cette discussion démocratique. Par conséquent, aucun maire ne devrait considérer leur avenir comme définitivement soustrait au débat.

Yves Du Buit doit rétablir Koad Edern

Le site de l’école affiche actuellement Coat-Edern entre parenthèses après Rosa-Bonheur. Ainsi, sa présentation accorde une place secondaire au nom breton. Elle conserve une trace sans assurer une visibilité égale. Ces parenthèses résument précisément la relégation que nous contestons.

Koad Edern – Rosa Bonheur : mêmes caractères, même taille, même visibilité. Cette association permettrait de conserver le nom du pays tout en honorant l’artiste. Elle devrait figurer dans la dénomination officielle, les panneaux et les documents. Enfin, la langue bretonne retrouverait une place entière.

Yves Du Buit a défendu le remplacement de Coat-Edern. Il dispose désormais d’une proposition de réparation concrète. Sa réponse permettra donc de juger la portée de l’engagement communal envers le breton. Qu’il assume maintenant de rétablir pleinement Koad Edern.

Lire la lettre ouverte de Koun Breizh

La lettre ouverte de Koun Breizh constitue l’un des documents à l’origine de cet article.
Elle expose la position de l’association sur Coat-Edern et son alerte concernant Kroas-Saliou. Ainsi, sa lecture permet de distinguer ses propos de notre analyse éditoriale. Le document intégral accompagne cet article en PDF.

Illustration satirique réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle, dans le cadre d’un débat public sur la dénomination des écoles de Plouzane.

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1 commentaire

Krys 44 22 octobre 2026 - 13h56

Il faudrait « féminiser » les noms de « Saint je ne sais qui » des écoles cathos ! Et cesser de s’acharner sur les noms bretons ! Favoriser l’enseignement du breton en école publique !

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