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Éducation : la France décroche, mais qu’en est-il vraiment de la Bretagne ?
Les résultats de PISA 2025 viennent de tomber et relancent une question essentielle : l’éducation en Bretagne connaît-elle les mêmes difficultés que dans l’ensemble français ?
Pour la France, les chiffres confirment une tendance devenue difficile à ignorer. Les élèves de 15 ans obtiennent 458 points en mathématiques, 456 en compréhension de l’écrit et 483 en sciences. Surtout, les deux premières disciplines reculent encore fortement depuis 2022.
Pourtant, ces chiffres français disent-ils quelque chose de précis sur la Bretagne ?
Pas vraiment. PISA évalue la France comme un ensemble et ne publie aucun résultat spécifique pour les cinq départements bretons. Or, d’autres données officielles permettent de regarder ce qui se passe en Côtes d’Armor, Finistère, Ille et Vilaine, Loire Atlantique et Morbihan.
Nous avons donc confronté les résultats de PISA aux évaluations nationales disponibles.
Une autre image apparaît alors. Elle mérite d’être examinée avec prudence, mais aussi sans détour : les résultats scolaires observés en Bretagne sont souvent supérieurs à la moyenne française.
PISA 2025 : où en est réellement la France ?
PISA mesure les compétences des jeunes de quinze ans dans trois grands domaines : mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences. L’enquête permet ainsi de suivre les évolutions dans le temps et de comparer différents systèmes éducatifs.
En 2025, la France obtient 458 points en mathématiques, contre 463 pour la moyenne OCDE. Elle atteint 456 points en compréhension de l’écrit, contre 461 pour l’OCDE. En sciences, avec 483 points, elle reste très légèrement au-dessus de la moyenne OCDE, établie à 482.
Le plus préoccupant se trouve cependant dans l’évolution récente.
| PISA – France | 2022 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Mathématiques | 474 | 458 | –16 |
| Compréhension de l’écrit | 474 | 456 | –18 |
| Sciences | 487 | 483 | –4 |
La baisse en sciences n’est pas statistiquement significative. En revanche, le recul atteint 16 points en mathématiques et 18 points en compréhension de l’écrit en seulement trois ans.
Cette évolution scolaire rejoint un questionnement plus général sur les fragilités d’un système français extrêmement centralisé. Dans l’éducation comme dans d’autres politiques publiques, l’État définit l’essentiel des programmes, diplômes et grandes orientations depuis Paris.
PISA, qu’est-ce que c’est ?
PISA est le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, piloté par l’OCDE. Il évalue les compétences d’élèves de 15 ans en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences. L’objectif ne consiste pas seulement à vérifier des connaissances scolaires. PISA mesure aussi la capacité à mobiliser ces connaissances pour comprendre, raisonner et résoudre des problèmes.
Les difficultés ne concernent pas seulement les moyennes
Les scores moyens ne racontent qu’une partie de l’histoire.
En France, 64 % des élèves atteignent au moins le niveau 2 en mathématiques. Autrement dit, plus d’un élève sur trois reste sous ce seuil. Ils sont 67 % à l’atteindre en compréhension de l’écrit et 74 % en sciences.
À l’autre extrémité, seuls 5 % des élèves français atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques. La proportion est également de 5 % en compréhension de l’écrit et de 7 % en sciences. Depuis 2015, la part des élèves en difficulté a fortement progressé en mathématiques et en lecture.
Par ailleurs, l’origine sociale continue de peser lourdement.
En sciences, l’écart entre élèves socialement favorisés et défavorisés atteint environ 100 points en France, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.
Ainsi, le problème français ne se résume pas à quelques places perdues dans un classement.
Il concerne à la fois le niveau moyen, la proportion d’élèves fragiles et la capacité du système scolaire à réduire les inégalités.
Des pays européens de cinq ou six millions d’habitants font mieux
Une comparaison mérite alors notre attention. La Bretagne dépasse aujourd’hui les cinq millions d’habitants.
Sa population est donc proche de celle de plusieurs États européens comme l’Irlande, la Finlande, la Norvège ou la Slovaquie.
Or, certains de ces pays obtiennent des résultats PISA nettement supérieurs à ceux de la France.
L’Irlande constitue probablement la comparaison démographique la plus intéressante.
Elle devance la France de 22 points en mathématiques, de 44 points en compréhension de l’écrit et de 17 points en sciences. La Finlande conserve également un avantage sensible, particulièrement en sciences.
| PISA 2025 | Mathématiques | Lecture | Sciences |
|---|---|---|---|
| Irlande | 480 | 500 | 500 |
| Finlande | 469 | 474 | 504 |
| Lituanie | 470 | 464 | 488 |
| Slovaquie | 469 | 448 | 475 |
| France | 458 | 456 | 483 |
Ces résultats écartent une idée implicite : une population de cinq millions d’habitants n’est nullement trop petite pour disposer de son propre système éducatif et obtenir d’excellents résultats internationaux.
L’Estonie (1,4 millions d’habitants soit la population d’un seule département breton comme la Loire Atlantique) renforce encore cette observation. Malgré une population bien inférieure à celle de la Bretagne, elle atteint 508 points en mathématiques, 499 en compréhension de l’écrit et 527 en sciences.
La taille n’explique donc pas tout. Les choix éducatifs, l’organisation institutionnelle, la formation des enseignants, les méthodes pédagogiques et le contexte social comptent davantage.
Mais PISA ne dit rien directement de la Bretagne
C’est ici que commence réellement notre enquête.
La Bretagne n’est pas évaluée séparément par PISA. Par conséquent, écrire que « la Bretagne obtientrait 480 points » ou qu’elle se situerait à tel rang international serait statistiquement faux.
Cependant, cela ne signifie pas que nous ne savons rien des performances des élèves bretons.
La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère français de l’Éducation nationale publie des évaluations détaillées. Certaines descendent jusqu’à l’échelle départementale. Nous pouvons donc observer séparément les cinq départements bretons et les comparer à la France.
La DEPP, qu’est-ce que c’est ?
La DEPP est la Direction de l’Évaluation, de la prospective et de la performance du ministère français de l’Éducation. Elle produit les statistiques officielles concernant les élèves, les établissements, les résultats scolaires et les parcours. Ses évaluations nationales permettent notamment de comparer certaines compétences en français et en mathématiques jusqu’à l’échelle départementale.
Il faut néanmoins respecter une règle essentielle : une évaluation DEPP n’est pas PISA.
Les épreuves, les âges, les échelles de scores et les objectifs diffèrent. Nous pouvons donc comparer la Bretagne à la France dans les données DEPP. En revanche, nous ne transformerons jamais ces résultats en un hypothétique score PISA breton.
Comment cette comparaison est-elle construite ?
PISA ne publie aucun « score Bretagne ».
Nous utilisons donc les données disponibles pour les Côtes d’Armor, le Finistère, l’Ille et Vilaine, la Loire Atlantique et le Morbihan. L
es comparaisons Bretagne-France reposent sur une même évaluation. PISA sert, de son côté, à replacer les résultats français dans leur contexte international. Les deux échelles ne sont jamais confondues.
Ce que révèlent les évaluations de la DEPP en Bretagne
Les évaluations réalisées à l’entrée en sixième constituent un excellent premier observatoire. Elles concernent les élèves du public et du privé sous contrat. Surtout, les mêmes exercices et la même échelle permettent une comparaison directe entre départements.
En français comme en mathématiques, les cinq départements bretons présentent alors une caractéristique remarquable.
En sixième, les cinq départements bretons dépassent tous la moyenne française
| Début de 6e – 2025 | Français | Mathématiques |
|---|---|---|
| Côtes d’Armor | 261,6 | 256,4 |
| Finistère | 267,0 | 260,6 |
| Ille et Vilaine | 266,0 | 261,5 |
| Loire Atlantique | 266,1 | 263,0 |
| Morbihan | 263,9 | 257,5 |
| France | 260,0 | 252,8 |
Le constat est particulièrement net : aucun des cinq départements bretons ne se situe sous la moyenne française dans l’une des deux disciplines.
En français, le score atteint 267 points dans le Finistère, soit sept points de plus que la France. La Loire Atlantique atteint 266,1 points et l’Ille et Vilaine 266. Même les Côtes d’Armor, département breton le plus proche de la moyenne française, restent au-dessus avec 261,6 points.
L’écart est encore plus frappant en mathématiques. La France obtient 252,8 points. Les cinq départements bretons se situent entre 256,4 et 263 points. La Loire Atlantique possède ainsi un avantage supérieur à dix points.
Cette convergence est importante.
Si un seul département se distinguait, nous pourrions parler d’une singularité locale. Ici, cinq départements sur cinq se retrouvent au-dessus de la référence française, dans les deux disciplines.
Autrement dit, la frontière administrative séparant la Loire Atlantique des quatre autres départements bretons ne fait apparaître aucune rupture éducative évidente dans ces résultats.
Groupes faibles et groupes élevés : de quoi parle t-on ?
Un score moyen peut néanmoins masquer des situations très différentes. La DEPP répartit donc également les élèves en six groupes de performance.
Les groupes 1 et 2 réunissent les résultats les plus faibles. À l’inverse, les groupes 5 et 6 correspondent aux performances les plus élevées. Ces catégories permettent de savoir si une bonne moyenne provient uniquement d’un groupe d’excellents élèves ou si l’ensemble de la distribution se déplace.
« Groupes faibles » ne signifie pas « mauvais élèves »
Il s’agit d’une classification statistique utilisée par la DEPP.
Les élèves sont répartis en six groupes selon leurs performances au test. Les groupes 1 et 2 correspondent aux scores les plus faibles ; les groupes 5 et 6 aux scores les plus élevés. Ces groupes ne doivent pas être confondus avec les niveaux de compétence utilisés par PISA.
À l’échelle française, 28 % des élèves de sixième appartiennent en 2025 aux groupes les moins performants en français. Cette proportion atteignait 31,7 % en 2017. Le niveau français s’est donc amélioré sur ce point depuis la création de l’évaluation.
En mathématiques également, les résultats de sixième sont globalement meilleurs qu’en 2017. Cependant, la comparaison bretonne reste intéressante : les cinq départements se situent au-dessus du score français.
En quatrième, le système français montre déjà davantage de fragilité
La quatrième apporte un second point d’observation. À cet âge, les écarts scolaires ont eu plusieurs années pour se creuser ou, au contraire, se résorber.
En 2025, la DEPP observe une dégradation nationale en français depuis la première évaluation exhaustive de quatrième, organisée en 2023. La part des élèves appartenant aux groupes les moins performants atteint désormais 35,1 % en français, contre 32,3 % deux ans auparavant.
Parallèlement, les groupes les plus performants ne représentent plus que 26,9 % des élèves. En mathématiques, 33,8 % appartiennent aux groupes les moins performants. Le score moyen reste cependant globalement stable depuis 2023.
Ces résultats montrent donc que le recul observé par PISA n’apparaît pas uniquement à quinze ans. Des fragilités sont déjà visibles auparavant dans les évaluations françaises.
La DEPP apporte néanmoins une précision particulièrement intéressante pour la Bretagne : à niveau social comparable, les élèves scolarisés dans les communes rurales obtiennent légèrement de meilleurs résultats, notamment en mathématiques.
Cette observation interdit une lecture trop simple qui opposerait automatiquement grandes métropoles performantes et campagnes en difficulté. Elle peut aussi contribuer à expliquer certains résultats observés dans les départements bretons.
Du collège au bac : que disent les diplômes ?
Les évaluations standardisées mesurent des compétences à un instant donné. Les diplômes apportent une autre information : la capacité des élèves à franchir les différentes étapes du système scolaire.
En 2025, 849 300 candidats se sont présentés au diplôme national du brevet en France. Parmi eux, 726 100 ont été admis. Le taux de réussite définitif s’établit donc à 85,5 %.
La série générale atteint 86,7 %, contre 75,3 % pour la série professionnelle. Cependant, les écarts sociaux restent considérables. En série générale, la différence de réussite entre les candidats issus des catégories les plus favorisées et les plus défavorisées atteint 21,6 points.
Les notes aux épreuves donnent également une indication utile. En série générale, la moitié des candidats obtient plus de 12,4/20 en mathématiques. La médiane tombe à 10,7/20 en français.
Ainsi, les difficultés détectées par les évaluations de compétences se retrouvent sous une autre forme au moment du premier diplôme national.
Au baccalauréat aussi, la Bretagne reste devant la France
L’avantage observé dans les évaluations scolaires ne disparaît pas à la fin du lycée.
Au baccalauréat aussi, les résultats bretons se situent au-dessus de la moyenne hexagonale.
Les données 2025 de la DEPP sont particulièrement éloquentes : Rennes / Roazhon et Nantes / Naoned sont, avec la Corse, les trois académies qui affichent les taux de réussite les plus élevés au baccalauréat général.
En France, 96,4 % des candidats au bac général obtiennent leur diplôme à la session de juin 2025. Dans les académies bretonnes de Rennes / Roazhon et de Nantes / Naoned, le taux se situe dans la tranche supérieure établie par la DEPP, entre 97,4 et 98,3 %. L’écart peut sembler limité en points. Cependant, à un niveau de réussite déjà proche de 100 %, gagner encore un ou deux points signifie réduire sensiblement la proportion d’élèves qui échouent.
Le constat prend surtout de la force lorsqu’on le rapproche des résultats précédents.
À l’entrée en sixième, les cinq départements bretons dépassent déjà la moyenne hexagonale en français comme en mathématiques. Plusieurs années plus tard, au moment du baccalauréat général, Rennes / Roazhon comme Nantes / Naoned restent au-dessus de la référence. La Loire Atlantique ne rompt donc pas, là encore, avec la dynamique observée dans les quatre autres départements bretons.
Il faut néanmoins comparer ce qui est comparable.
PISA mesure des compétences à quinze ans, les évaluations de la DEPP mesurent des acquis scolaires, tandis que le baccalauréat sanctionne la fin du lycée. Ce ne sont pas les mêmes instruments, mais leurs résultats peuvent être mis en regard. Et, sur des indicateurs différents, une même tendance apparaît : la Bretagne se situe régulièrement au-dessus de la moyenne française.
C’est précisément cette convergence qui devient intéressante.
Un seul bon résultat pourrait relever d’une particularité statistique. Lorsque l’avantage breton apparaît à différents moments du parcours scolaire et dans les cinq départements, l’hypothèse d’une singularité éducative bretonne devient beaucoup plus difficile à écarter.
Les chiffres confirment une meilleure réussite scolaire en Bretagne
Les différents indicateurs convergent vers le même constat : la réussite scolaire en Bretagne est supérieure à la moyenne française.
Il ne s’agit pas d’un avantage observé dans un seul département ou sur une seule épreuve. Les résultats se retrouvent à plusieurs étapes du parcours scolaire et concernent les cinq départements bretons.
Dès l’entrée en sixième, le constat est sans ambiguïté. En français comme en mathématiques, Côtes d’Armor, Finistère, Ille et Vilaine, Loire- Atlantique et Morbihan dépassent tous la moyenne française. Aucun des cinq départements bretons ne fait exception. En mathématiques, l’écart atteint même plus de dix points entre la Loire Atlantique et la moyenne française.
Plus tard, cette meilleure réussite ne disparaît pas.
Au baccalauréat général 2025, Rennes / Roazhon et Nantes / Naoned sont, avec la Corse, les trois académies affichant les taux de réussite les plus élevés en France. Autrement dit, deux des trois académies françaises en tête couvrent les cinq départements bretons. La continuité entre Bretagne administrative et Loire Atlantique apparaît donc, là encore, dans les résultats.
Ce faisceau d’indicateurs devient difficile à réduire à une simple particularité statistique.
Les évaluations ne portent ni sur les mêmes âges ni sur les mêmes compétences. Pourtant, elles aboutissent au même constat : de l’entrée au collège jusqu’au baccalauréat, la Bretagne obtient de meilleurs résultats scolaires que la France dans les données que nous avons examinées.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les élèves bretons réussissent, ni que les difficultés scolaires auraient disparu en Bretagne.
Cela signifie quelque chose de beaucoup plus précis : lorsque les mêmes indicateurs permettent de comparer Bretagne et France, l’avantage breton apparaît de manière répétée et cohérente.
Dès lors, la question n’est plus de savoir si cette meilleure réussite scolaire existe.
Les chiffres présentés ici permettent de l’établir.
La véritable question devient : pourquoi la Bretagne réussit-elle mieux que la moyenne française ?
Le profil social des familles constitue certainement une partie de l’explication. Le poids de l’enseignement privé sous contrat, les pratiques familiales, la structure du peuplement, la stabilité des équipes pédagogiques ou encore les résultats observés dans les communes rurales peuvent également intervenir. Plusieurs facteurs se combinent probablement.
Mais quelles qu’en soient les causes, le constat demeure : la moyenne française masque une réalité scolaire bretonne plus favorable.
Et c’est précisément cette réalité que PISA, en ne distinguant pas la Bretagne, ne permet aujourd’hui pas de mesurer à l’échelle internationale.
Une moyenne française peut masquer de profondes différences
C’est finalement l’un des enseignements les plus importants de cette enquête.
Lorsque PISA annonce 458 points en mathématiques pour la France, le chiffre est exact. Pourtant, il ne signifie pas que tous les jeunes vivant sous administration française obtiennent approximativement 458 points.
Une moyenne agrège des réalités différentes. Elle peut donc masquer des écarts géographiques, sociaux ou culturels importants.
La Bretagne offre un exemple particulièrement intéressant.
Avec plus de cinq millions d’habitants, elle possède une population comparable à plusieurs États étudiés séparément par PISA. Pourtant, ses résultats propres restent invisibles dans l’enquête internationale.
Nous savons comment réussissent les jeunes Irlandais, Finlandais ou Slovaques. Nous ne savons pas comment se classeraient les jeunes Bretons si la Bretagne constituait un échantillon PISA distinct.
Cette absence statistique n’est pas anodine.
Pourquoi la Bretagne ne pourrait-elle pas être évaluée séparément ?
La première revendication ne devrait même pas être politique. Elle pourrait être simplement scientifique : disposer de données.
Pourquoi ne pas constituer, lors d’une prochaine enquête PISA, un échantillon permettant d’isoler les résultats de la Bretagne ?
Plusieurs systèmes éducatifs non souverains disposent déjà de données propres dans différentes enquêtes internationales lorsqu’un échantillonnage spécifique est organisé.
Nous pourrions alors répondre à une question aujourd’hui insoluble : les performances observées dans les évaluations françaises se traduiraient-elles également dans PISA ?
Ce serait particulièrement instructif en mathématiques. En début de sixième, l’avantage des cinq départements bretons sur la moyenne française apparaît en effet plus important dans cette discipline.
Un PISA Bretagne permettrait enfin de comparer directement les élèves bretons avec ceux de pays de taille comparable.
Irlande, Finlande, Norvège, Slovaquie : la comparaison ne serait plus seulement démographique. Elle deviendrait éducative.
Et si la Bretagne pouvait décider davantage en matière d’éducation ?
Les résultats que nous venons d’examiner établissent une réalité : la Bretagne obtient de meilleurs résultats scolaires que la moyenne française sur les indicateurs étudiés.
Dès lors, une question institutionnelle se pose.
Pourquoi devrait-elle nécessairement appliquer les mêmes choix éducatifs qu’un système français dont les performances sont inférieures ?
Aujourd’hui, l’essentiel reste décidé au niveau français : programmes, organisation générale, diplômes, recrutement et gestion des enseignants.
Pourtant, plusieurs nations européennes disposent de compétences beaucoup plus larges en matière d’éducation et peuvent adapter leurs politiques à leurs propres besoins.
Le Pays de Galles / Cymru constitue un exemple particulièrement intéressant.
L’éducation y est dévolue : le gouvernement gallois dispose de compétences propres sur les programmes scolaires et l’organisation de son système éducatif. Cette capacité à décider constitue précisément l’un des enjeux de l’autonomie et de la dévolution au Pays de Galles / Cymru, dont l’expérience peut nourrir la réflexion bretonne.
Pour la Bretagne, il ne s’agirait évidemment pas de copier un modèle étranger.
La question consiste plutôt à savoir ce qu’elle pourrait améliorer encore si elle disposait des leviers correspondant à ses propres résultats, à ses besoins et à ses choix collectifs.
La langue bretonne et le gallo entreraient naturellement dans cette réflexion. Cependant, l’enjeu dépasse largement les langues : formation des enseignants, orientation, apprentissage, programmes ou expérimentation pédagogique pourraient relever davantage de décisions prises en Bretagne.
Les bons résultats actuels donnent d’ailleurs davantage de poids à cette question.
La Bretagne ne demanderait pas à décider davantage de son éducation pour tenter de rattraper la France. Les chiffres examinés dans cet article montrent au contraire qu’elle part d’une situation plus favorable. Une dévolution éducative poserait donc une question autrement ambitieuse : que pourrait faire la Bretagne si elle disposait elle-même des moyens d’améliorer un système scolaire qui obtient déjà de meilleurs résultats ?
La Bretagne scolaire existe dans les chiffres, même si PISA ne la mesure pas
PISA 2025 adresse un nouvel avertissement à la France. Le recul atteint 16 points en mathématiques et 18 points en compréhension de l’écrit depuis 2022. De plus, une proportion importante des élèves reste en difficulté.
Cependant, la moyenne française ne raconte pas toute l’histoire.
Lorsque nous descendons jusqu’aux cinq départements bretons, une autre réalité apparaît. À l’entrée en sixième, Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et Morbihan dépassent tous la moyenne française en français comme en mathématiques.
Cela ne suffit pas pour inventer un classement international de la Bretagne. Cela ne prouve pas davantage qu’un changement institutionnel améliorerait automatiquement les résultats.
En revanche, cela suffit pour poser une question qui mérite désormais une réponse : pourquoi continuons-nous à mesurer presque exclusivement les performances de la Bretagne à travers une moyenne française qui ne correspond pas exactement à sa réalité scolaire ?
Avant même de débattre du système éducatif que la Bretagne pourrait vouloir demain, commençons peut-être par mesurer précisément celui qu’elle possède aujourd’hui.
Sources principales : OCDE, résultats PISA 2025 ; DEPP, évaluations nationales 2025 ; DEPP, résultats définitifs du DNB 2025 ; DEPP, résultats définitifs du baccalauréat 2025 ; données ouvertes du ministère de l’Éducation nationale.

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