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César Éditions et Bécassine : en 2026, le retour d’une caricature raciste de la femme bretonne
César Éditions vient de lancer un nouveau magazine jeunesse consacré à Bécassine.
En couverture, une promesse étonnante : « Le magazine des petits Bretons ».
À l’intérieur, Bécassine reste cette femme bretonne naïve, maladroite et suffisamment sotte pour que ses propres élèves corrigent leur maîtresse. Nous sommes pourtant bien en 2026. Alors, peut-on encore réduire une population à une caricature fondée sur son origine et présenter cela comme de l’humour ?
Bécassine a 121 ans.
On aurait donc pu penser que le personnage appartenait désormais à l’histoire de la bande dessinée. On peut étudier cette histoire, l’expliquer, la contextualiser et, bien entendu, republier les œuvres anciennes. Une partie du corpus historique de Bécassine est d’ailleurs entrée dans le domaine public en 2024.
Mais César Éditions a fait un autre choix.
En 2026, la maison lance un nouveau magazine destiné aux enfants. Sur sa couverture, Bécassine apparaît dans son costume caractéristique. Sous son nom, cinq mots donnent immédiatement une autre dimension au projet : « Le magazine des petits Bretons ».
Ce n’est donc pas simplement une vieille Bécassine que l’on exhume comme témoignage de son époque. Il s’agit d’un produit éditorial contemporain, conçu, commercialisé et proposé aux enfants aujourd’hui. C’est précisément ce choix que NHU Bretagne a décidé d’examiner..
César Éditions choisit de remettre Bécassine entre les mains des enfants
César Éditions est une maison indépendante installée à Castelló d’Empúries, en Catalogne.
Elle publie de nombreux magazines spécialisés et possède notamment un secteur jeunesse. Sur son propre site, l’entreprise commercialise Bécassine et propose un abonnement de quatre numéros.
Il s’agit donc bien d’une nouvelle publication appelée à se poursuivre. L’éditeur explique vouloir proposer aux enfants des histoires et des activités permettant notamment de lire, écrire ou compter. Dans ce premier numéro, Bécassine devient même maîtresse d’école. L’édito la présente comme « toujours un peu tête en l’air, mais tellement gentille ».
Une autre présentation de César Éditions mérite cependant notre attention. Sur la page consacrée à son abonnement, l’éditeur explique que Bécassine traverse les époques en conservant son « esprit naïf et bienveillant ». Le mot « naïf » est important, car cette naïveté constitue précisément l’un des attributs historiques du personnage.
César Éditions ne cherche donc pas à effacer ce trait. Au contraire, la maison l’intègre explicitement à la personnalité de sa nouvelle Bécassine. Le magazine que NHU Bretagne a pu consulter confirme ce choix : les incompréhensions et les erreurs du personnage constituent toujours une partie du ressort comique.
Regardons simplement comment César Éditions présente cette Bretonne
Oublions un instant les polémiques historiques entourant Bécassine et regardons uniquement cette publication de 2026. Lorsqu’elle arrive devant une classe, son apparence provoque immédiatement une réaction chez les enfants. L’un remarque sa coiffe, puis un autre s’exclame : « On dirait une Bretonne ! ».
L’identification ne vient donc pas de NHU Bretagne. Elle figure dans le magazine lui-même. Bécassine est bien présentée comme une Bretonne et son apparence suffit, dans le récit, à la faire reconnaître comme telle.
Quelques pages plus loin, cette Bretonne devient maîtresse d’école. Elle doit enseigner la lecture, l’écriture et le calcul. Pourtant, elle se montre rapidement dépassée par la tâche, hésite entre les matières et finit par annoncer qu’elle va dicter des nombres. Ses élèves doivent alors lui rappeler que des chiffres ne sont pas des mots.
Le ressort comique est limpide : la femme chargée d’instruire les enfants ne maîtrise pas elle-même certaines notions élémentaires qu’elle doit leur transmettre. Finalement, ce sont les élèves qui corrigent leur institutrice. Ailleurs, le même mécanisme revient lorsque Bécassine comprend mal une situation ou pose une question dont la naïveté doit provoquer le sourire.
Le portrait proposé aux enfants est donc assez facile à caractériser : une Bretonne gentille, naïve, maladroite, peu assurée et suffisamment sotte pour faire rire de ses erreurs. Elle est affectueuse et sympathique, certes. Mais un stéréotype n’a pas besoin d’être haineux pour être dévalorisant.

La Bretonne « simplette » : un stéréotype qui ne date pas d’hier
Bécassine n’est pas née de nulle part. Elle apparaît le 2 février 1905 dans La Semaine de Suzette, publication destinée aux jeunes filles de la bourgeoisie. Son véritable nom est Annaïk Labornez (entendez « la bornée »). C’est une jeune Bretonne devenue domestique, dont la création s’inscrit dans une réalité sociale aujourd’hui bien documentée.
Aux XIXe et XXe siècles, de nombreuses jeunes Bretonnes quittent en effet leur pays pour chercher du travail à Paris. Becedia, plateforme de ressources historiques de Bretagne Culture Diversité, rappelle que cette émigration concerne fortement les femmes et les jeunes filles, notamment recrutées comme domestiques dans les familles bourgeoises parisiennes.
Le regard porté sur elles est déjà marqué par un stéréotype. Ces Bretonnes sont réputées travailleuses, mais également naïves. Becedia établit directement le lien avec Bécassine : en 1905, le phénomène devient une « image d’Épinal » avec la création du personnage, tandis que les femmes en costume breton deviennent des figures stéréotypées de domestiques.
Autrement dit, Bécassine ne représente pas simplement une femme maladroite qui, par hasard, serait bretonne. Elle naît dans un contexte où la jeune Bretonne pauvre, domestique et naïve constitue déjà un type social caricaturé.
NHU Bretagne avait consacré dès 2018 un article à cette histoire : Bécassine, caricature honteuse de la Femme et de la Bretonne. Nous rappelions notamment sa naïveté, son statut de domestique et les différents procédés utilisés pour la tourner en ridicule.
Son nom lui-même n’est pas neutre. En français, une « bécasse » peut désigner familièrement une femme sotte ou niaise. Quant au patronyme Labornez, il permet le jeu de mots évident avec « la bornée ». Ces procédés appartiennent évidemment à leur époque. Justement : nous sommes aujourd’hui en 2026.
Bécassine est pourtant un personnage plus complexe qu’on ne le raconte
Soyons justes : réduire les dizaines d’albums historiques de Bécassine à une succession de scènes montrant une idiote serait également caricatural. Le Centre national de la littérature pour la jeunesse de la Bibliothèque nationale de France rappelle que le personnage évolue considérablement au fil de ses aventures.
Bécassine voyage, exerce différents métiers et découvre le monde. Parfois, elle fait même preuve d’une forme de sagesse populaire qui lui permet d’en remontrer aux autres personnages. Dans certaines aventures, elle se révèle courageuse et débrouillarde. La BnF a ainsi pu la présenter comme une véritable « héroïne » dans Bécassine alpiniste.
Cette réalité mérite d’être rappelée, car elle évite de reconstruire à notre tour un personnage univoque. Cependant, elle rend justement le choix de César Éditions encore plus intéressant. En 2026, l’éditeur disposait de plusieurs facettes historiques de Bécassine parmi lesquelles choisir.
Il aurait pu privilégier une femme ingénieuse, courageuse, curieuse ou voyageuse. Pourtant, César Éditions choisit encore de présenter officiellement son « esprit naïf ». Et dans le magazine, les erreurs élémentaires de la Bretonne continuent à fournir une partie du ressort comique.
Quand un stéréotype fondé sur l’origine devient-il raciste ?
Le mot « racisme » provoque immédiatement des réactions. Pour certains, il ne concernerait que la couleur de peau. Pourtant, les définitions institutionnelles françaises sont beaucoup plus larges et prennent notamment en compte l’origine.
Le Code pénal reconnaît parmi les critères de discrimination l’origine, le sexe, le patronyme, la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, ainsi que l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie ou à une nation. Il faut cependant être précis : citer ces critères ne signifie pas que César Éditions aurait commis le délit pénal de discrimination. Ce n’est pas ce que nous affirmons.
En revanche, ces textes rappellent un principe essentiel : une discrimination peut parfaitement être fondée sur l’origine d’une personne. Le Défenseur des droits apporte un autre élément important en définissant les stéréotypes comme des représentations simplifiées à l’extrême, souvent erronées, qui attribuent certaines caractéristiques à un groupe.
Appliquons maintenant ces critères à notre magazine. L’origine du personnage est-elle identifiée ?
Oui : Bécassine est explicitement présentée comme une Bretonne. Une caractéristique dévalorisante lui est-elle associée ? Oui : sa naïveté et ses erreurs participent de son caractère et du ressort comique.
Ce stéréotype possède t-il une histoire ?
Oui : l’association entre jeune Bretonne, domesticité et naïveté est historiquement documentée.
Enfin, le personnage est-il simplement présenté comme une archive de 1905 ?
Non : César Éditions commercialise en 2026 un magazine jeunesse revendiquant « Le magazine des petits Bretons ».
Nous ne sommes donc plus devant une plaisanterie isolée dont l’origine bretonne serait purement incidente.
Nous sommes devant la réactivation contemporaine d’une représentation historiquement associée à une origine précise.
Bécassine, Banania : pourquoi deux poids, deux mesures ?
NHU Bretagne posait déjà cette question en 2020 dans Y’a bon Banania vs Bécassine : racisme pour l’un et « humour » pour l’autre ?.
Ces prétendus « humour » et « auto-dérision » mis en avant pour permettre l’ignoble et une forme de racisme décomplexé.
La comparaison ne consiste évidemment pas à prétendre que l’histoire des Bretons et celle des populations africaines seraient identiques. Elles ne le sont pas.
Les souffrances, les contextes historiques et les mécanismes de domination diffèrent. En revanche, le fonctionnement d’un stéréotype peut être comparé. Une population est réduite à quelques marqueurs immédiatement reconnaissables, puis certaines caractéristiques dévalorisantes sont associées à cette représentation.
Le personnage publicitaire de Banania associait ainsi un homme noir à une représentation infantilisée et à un langage volontairement rudimentaire. Cette représentation a fini par devenir socialement inacceptable. Fort heureusement. Mais alors, pourquoi le principe deviendrait-il acceptable lorsque la personne caricaturée est bretonne ?
Faisons une expérience simple. Imaginons qu’un éditeur publie aujourd’hui un magazine destiné aux enfants d’une communauté donnée. Son héroïne serait immédiatement identifiable à son origine grâce à ses marqueurs culturels. Elle serait gentille mais naïve, comprendrait régulièrement les choses de travers et ses erreurs feraient rire les enfants.
Cette publication serait-elle accueillie avec la même indulgence ?
Dans notre récent dossier consacré à la brittophobie, nous écrivions déjà : « Un stéréotype reste un stéréotype, quelle que soit la population qu’il vise. » Il n’existe aucune raison de modifier cette règle lorsque les personnes visées sont bretonnes.
Bécassine cumule deux dimensions : elle est Bretonne et elle est femme
Une autre dimension mérite d’être examinée. Bécassine n’est pas seulement bretonne : c’est une femme. Et ce détail n’est pas secondaire dans l’histoire du personnage puisque la figure qui le nourrit est précisément celle de la jeune Bretonne partie travailler comme domestique dans une famille bourgeoise parisienne.
Elle se trouve ainsi historiquement dans une position doublement subalterne, sociale et féminine. NHU Bretagne le soulignait déjà en 2018 en parlant de la « double peine » de Bécassine : femme et Bretonne. Un autre texte publié la même année, Moi Femme et Bretonne, pourquoi je n’irai jamais voir Bécassine au cinéma, insistait également sur cette dimension.
Aujourd’hui, la question des représentations féminines dans les contenus destinés aux enfants est prise très au sérieux. Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes souligne l’omniprésence des stéréotypes de genre dans les contenus consommés par les plus jeunes.
Le ministère français de l’Éducation nationale organise lui-même le concours #ZéroCliché.
De la maternelle au lycée, les élèves sont invités à analyser et déconstruire les stéréotypes sexistes présents dans les médias. Le message institutionnel est donc limpide : les représentations proposées aux enfants comptent.
Or que propose ici César Éditions ?
Une femme bretonne devient maîtresse d’école, puis ses propres élèves doivent corriger une erreur élémentaire de leur institutrice. Pris isolément, un personnage féminin qui se trompe ne constitue évidemment pas un stéréotype sexiste. Replacée dans l’histoire de Bécassine, cette représentation mérite cependant d’être interrogée.
« Le magazine des petits Bretons » : quand le stéréotype est destiné aux enfants
C’est probablement le point le plus dérangeant de cette publication. César Éditions ne propose pas une étude historique de Bécassine destinée à des adultes, accompagnée d’une contextualisation sur les représentations sociales du début du XXe siècle. L’éditeur s’adresse directement aux enfants.
Plus précisément encore, sa couverture annonce « Le magazine des petits Bretons ». Cette formulation transforme profondément le sens de l’entreprise éditoriale : le personnage n’est plus seulement proposé aux enfants en général. Il est présenté comme pouvant spécifiquement appartenir à l’univers des jeunes Bretons.
Or le Défenseur des droits insiste justement sur la nécessité de déconstruire les stéréotypes et les préjugés. Ces représentations s’acquièrent notamment au contact de l’environnement social. Par conséquent, leur prévention doit commencer dès le plus jeune âge.
La confrontation est difficile à ignorer.
D’un côté, une institution française explique qu’il faut apprendre très tôt aux enfants à identifier et déconstruire les stéréotypes. De l’autre, César Éditions remet entre leurs mains un personnage historiquement construit autour du stéréotype de la Bretonne naïve, sous une couverture revendiquant précisément les « petits Bretons ».
Voilà pourquoi ce numéro pose une question beaucoup plus importante qu’une simple réédition nostalgique. Ce qui pouvait être étudié comme le témoignage d’une époque devient, par le choix de le réactualiser et de l’adresser aux enfants, un acte éditorial du XXIe siècle.
Le « syndrome de Bécassine » : quand les Bretons finissent par accepter leur caricature
NHU Bretagne utilise depuis plusieurs années l’expression « syndrome de Bécassine ». Nous l’employons pour décrire un phénomène d’intériorisation : à force d’être répétée, une représentation dévalorisante finit par sembler normale à ceux-là mêmes qu’elle concerne.
Ce mécanisme n’est d’ailleurs pas seulement une intuition éditoriale de NHU. Dans un rapport publié en 2012, le CESER de Bretagne évoquait lui-même un ancien « complexe d’infériorité » et employait précisément l’expression « syndrome de Bécassine ». Le rapport rappelait qu’être breton dans les années 1950 pouvait encore être ressenti comme un handicap.
L’école, l’accent, la langue et le regard social ont joué un rôle considérable dans cette histoire. C’est également l’un des thèmes développés dans notre article Du syndrome de Stockholm au syndrome de Bécassine. Cette longue habitude de la caricature explique peut-être pourquoi le personnage continue à susciter une indulgence particulière.
Bécassine ?
« Ce n’est que de l’humour. » « Il faut savoir rire de soi. » « Elle est tellement gentille. »
Pourtant, la question demeure : un stéréotype cesse t-il d’être un stéréotype parce que le personnage qui l’incarne est sympathique ?
Rien dans les définitions institutionnelles du phénomène ne permet de le soutenir.
César Éditions pouvait-il ignorer ce que représente Bécassine ?
Nous n’en savons rien et nous n’allons pas inventer une intention. Pas plus que nous ne savons ce que Marina Derouet, rédactrice en chef de ce numéro, pense des Bretons. Nous ne savons pas davantage ce que Jean-Michel Ripa, directeur de publication de César Éditions, pense de la Bretagne.
Nous n’avons trouvé aucun propos permettant de qualifier personnellement l’un ou l’autre de raciste ou d’anti-breton. Ce n’est d’ailleurs pas notre sujet. NHU Bretagne ne qualifie pas les personnes. Nous analysons une publication et la représentation qu’elle diffuse.
En revanche, une maison d’édition assume la responsabilité éditoriale de ce qu’elle choisit de publier. César Éditions a choisi Bécassine, choisi de lancer ce nouveau magazine jeunesse et choisi de conserver officiellement le caractère naïf du personnage.
César Éditions commercialise enfin une publication dont la couverture porte « Le magazine des petits Bretons » et dont les pages identifient explicitement l’héroïne comme Bretonne. Ce ne sont ni des intentions supposées ni des interprétations psychologiques. Ce sont les éléments matériels de la publication.
Oui, cette représentation de la femme bretonne est raciste
Nous pouvons maintenant revenir au mot que certains préféreraient peut-être éviter : raciste.
Pas parce que Bécassine porte une coiffe, ni parce qu’un personnage comique n’aurait pas le droit d’être breton. Pas davantage parce qu’une femme de fiction devrait nécessairement être intelligente, parfaite et irréprochable.
Le problème réside dans l’accumulation et l’association.
L’origine bretonne est explicitement désignée. Le stéréotype historique de la Bretonne naïve est documenté. La naïveté demeure revendiquée par César Éditions et les incompréhensions de Bécassine continuent à fournir le ressort comique.
La femme bretonne est même placée dans une situation où les enfants corrigent celle qui devrait leur enseigner. Enfin, l’ensemble est proposé en 2026 aux enfants sous l’appellation « Le magazine des petits Bretons ».
Au regard des définitions et des mécanismes exposés dans cet article, NHU Bretagne qualifie donc cette représentation de la femme bretonne de raciste et de brittophobe.
Nous ne qualifions pas César Éditions, Marina Derouet ou Jean-Michel Ripa de racistes. Nous qualifions une publication et le stéréotype qu’elle choisit de diffuser.
La distinction est importante. Elle n’atténue en rien notre conclusion.

En 1905, une caricature. En 2026, un choix éditorial
Bécassine appartient désormais à l’histoire de la bande dessinée. Elle peut donc être étudiée, montrée dans un musée, analysée dans un livre ou replacée dans son époque. Comprendre Bécassine permet même de comprendre le regard qu’une partie de la société portait autrefois sur les Bretonnes venues travailler à Paris.
Mais remettre aujourd’hui cette représentation en circulation auprès des enfants constitue un autre choix.
En 1905, Bécassine témoignait des préjugés de son époque. En 2026, César Éditions décide de reprendre le personnage, de conserver sa naïveté et d’en faire « Le magazine des petits Bretons ».
Entre ces deux dates, 121 années se sont écoulées.
Notre regard sur les caricatures raciales a changé. Ainsi que notre regard sur les stéréotypes sexistes a changé. Notre manière de représenter les différentes populations et cultures a changé. Les institutions publiques demandent désormais aux enfants eux-mêmes d’apprendre à reconnaître les stéréotypes et à les déconstruire.
Pourquoi la femme bretonne devrait-elle rester une exception ? L
es Bretonnes ne réclament aucun privilège.
Simplement le même respect que celui que notre époque considère désormais comme normal lorsqu’elle représente les autres populations : ne plus transformer leur origine en prétexte à la sottise, au ridicule et au rire.

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4 commentaires
Pour eux ce n’est pas du racisme, cela fait partie de ce qu’ils appellent leurs « valeurs ».
Honteux mais révélateur. Il y a une histoire à écrire et une information à faire passer sur ce triste personnage. A boycotter et à le faire savoir.
Cette pauvre servante croit que la Bretagne a été amputée de la Loire-Atlantique depuis Pétain. Elle s’imagine aussi que les électeurs de la Loire-Atlantique pourraient décider à la place de l’Assemblée nationale. Et elle pense qu’il faudrait changer la Constitution pour qu’un enfant se prénomme Fañch.
Je conseillerais de lire » Les Bretons, des « nègres blancs » ?
Paru dans : Ronan LE COADIC, De la domination à la reconnaissance : Antilles, Afrique et Bretagne, Presses universitaires de Rennes (PUR), p. 349-366, 2013.
(…) » Les Bretons, frappés par la misère au XIXe siècle, connaissent un fort accroissement démographique et une émigration importante, quoique surtout intérieure à la France. Souvent cantonnés aux travaux les plus durs et méprisés dans les grandes villes, ils sont parfois considérés comme des étrangers. Parallèlement, la littérature et les discours savants de l’époque les décrivent comme obscurs, superstitieux, arriérés, proches de l’animalité et de la sauvagerie. Pour échapper à ces stigmates, certains s’élèvent par la religion, la guerre, le sport, la musique ou l’action politique. Le parallèle avec la condition noire éclaire ainsi les mécanismes de domination et de résistance. »